T-shirt au profit de Justice For Orgreave

Le 19 mars prochain sortira un t-shirt au profit de Orgreave Truth and Justice Campaign (OTJC), disponible dès maintenant en précommande sur le site du groupe et également sur la tournée britannique du mois prochain.

L’intégralité des bénéfices de ce t-shirt créé gratuitement par Jamwah iront à l’association caritative susmentionnée, J explique le processus sur son Tumblr ici, dont voici la traduction :

Un peu plus tôt aujourd’hui, mon groupe, Public Service Broadcasting, a révélé les détails d’un t-shirt que nous sortons au profit de la Orgreave Truth and Justice Campaign (OTJC). Tous les bénéfices de la vente de ce t-shirt, qui a été généreusement conçu gratuitement par notre talentueux collaborateur de longue date Jamwah, iront à la OTJC. J’ai pensé que ce serait une bonne idée d’expliquer un peu plus la raison de ce t-shirt, notre soutien à la cause et notre implication dans la campagne.

Quand nous avons écrit, enregistré et sorti Every Valley en juillet 2017, nous étions principalement concentrés sur la zone géographique sur laquelle se centrait l’album, à savoir le Sud du Pays de Galles, et sa fière histoire de l’exploitation minière. Nous avons un engagement continu de donner une petite part des bénéfices au South Wales Miners’ Benevolent Fund, géré par la NUM du Sud du Pays de Galles, qui œuvre beaucoup au soutien des anciens mineurs et, de plus en plus, leurs familles et personnes à charge. Nous avons également fait des dons à l’Ebbw Vale Institute, où l’album a été enregistré, pour essayer de soutenir de jeunes groupes à trouver leur chemin dans les Vallées. L’album parlait autant de communauté que de matière première, et bien que nous n’ayons pas crié à propos de ces efforts, ils semblaient être un reflet approprié du soutien et de l’encouragement que nous avons reçu d’une population locale merveilleusement généreuse. Même si Orgreave était dans nos esprits l’une des confrontations les plus violentes dans l’histoire des relations entre la police et l’industrie, il semblait qu’il fallait que nous gardions notre attention sur les personnes avec qui nous avions directement travaillées lors de la réalisation de cet album.

Ce n’est que lorsque nous nous sommes embarqués, plusieurs mois plus tard, sur notre première tournée complète du Royaume-Uni en soutien de l’album et joué à Leeds que j’ai commencé à réfléchir plus sérieusement à mentionner explicitement Orgreave. Jouant dans le Yorkshire, il semblait approprié de mentionner la campagne continue et les liens entre les tactiques des forces de police du Yorkshire du Sud à Hillsborough en 1989 et Orgreave en 1984 – des tactiques qui, comme l’a révélé l’excellent journalisme de David Conn, semblait provenir de la violence policière de l’événement précédent. J’ai dit quelques mots sur scène avant de jouer All Out et c’était tout.

Excepté que ce ne l’était pas, étant donné que je commençais à ressentir que le micro devant moi sur scène – un micro qui me donne, ainsi qu’à PSB, une voix, une qui a été durement gagnée au fils de nombreuses années – représentait non seulement une opportunité mais une responsabilité. Les riches et les puissants ont acheté ou hérité de leurs micros, et les utilisent pour avancer leurs propres intérêts. Nous avons gagné le nôtre, et nous devrions certainement nous sentir libres de l’utiliser pour avancer des causes mains intéressées – la justice, l’injustice, la corruption de la police, la complicité du gouvernement et tout le reste. (Pour info, si vous faites partie de la brigade pénible des personnes tentées de me dire ou à d’autres artistes de s’en tenir à la musique, je peux expliquer très clairement que je n’ai aucune intention de le faire – surtout quand le sujet de la musique est tellement lié à la cause que nous défendons.)

J’ai mentionné Orgreave un soir sur deux sur cette tournée, de mémoire, et à chaque fois le public accueillait chaleureusement cette mention. Alors que nous commençions à ralentir notre tournée vers la fin de l’année, cependant, quelque chose n’allait pas pour moi – si j’étais heureux d’être la tribune de la campagne sur scène, je devais vraiment rendre notre soutien à la cause plus explicite et essayer d’utiliser notre position pour faire une véritable différence.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Orgreave, l’article de David Conn susmentionné explique, d’une manière complète et irréfutable bien au-delà de mes capacités, l’étendue de la violence policière, de la dissimulation, l’entrave à la justice et la parjure, comportement qui a tourmenté, pendant tant d’années, les mineurs qui ont été attaqués, à qui on a menti et qui ont été poursuivis à tort. Comme l’explique l’article de Conn, la police a falsifié leurs propres déclarations, celles des soi-disants coupables (coupables, soi-disant, “d’émeute”, inculpation qui pourrait impliquer une peine à vie) et a nourri de faux récits aux médias – tout comme la même force fera 5 ans plus tard à Hillsborough. Au lieu d’être tenus en considération par le gouvernement de l’époque, le chef de la police du Yorkshire du Sud faisait partie d’un groupe de policiers invités à Downing Street pour une réception de célébration à la fin de la grève des mineurs pour reconnaître leur “contribution très considérable à résister au règne de la foule durant la grève”.

Conn détaile les efforts louables de Theresa May, alors ministre de l’intérieur, de recommander une enquête complète de la tragédie de 1989, la citant : “Nous ne devons jamais sous-estimer comment le poison de méfaits vieux de quelques décennies coule au fil des années et combien il est aussi toxique aujourd’hui qu’à l’époque. C’est pourquoi il faut confronter de plein fouet de difficiles vérités, aussi désagréables à entendre qu’elles soient”. Son conseiller principal de l’époque, Nick Timothy, s’est fait l’écho de sens sentiments dans un article pour Conservative Home. “Depuis 2010, le gouvernement a montré qu’il comprend que la justice doit être rendue peu importe combien de temps cela prendra, et que pour que les choses soient bien à l’avenir, nous devons comprendre ce qui n’a pas fonctionné dans le passé”.

Tristement, ce qui était bon pour May la mnistre de l’intérieur ne semble pas avoir survécu à son passage en premier ministre. Son propre ministre de l’intérieur, Amber Rudd – effrayée par une presse de droite qui est toujours extrêmement protective de la “victoire” que représentait à l’époque, et représente toujours, Orgreave – a décrété qu’il n’y aurait pas d’enquête. De manière plus scandaleuse, et mémorable, elle a révélé que l’une des raisons principales était que “au bout du compte, il n’y a eu aucun décès”. Des vies ont été gâchées par un an de poursuites malveillantes, de graves blessures ont été subies, la police s’est parjurée et a falsifié des déclarations, mais “il n’y a pas eu de décès”.

Maintenir l’ordre au Royaume-Uni est selon consentement. Comme le déclare la propre déclaration du gouvernement, cela veut dire que “le pouvoir de la police de remplir ses fonctions et ses devoirs dépend de l’approbation publique de son existence, de ses actions, de son comportement et de sa capacité à sécuriser et maintenir le respect public”. Ses officiers ne sont pas nos maîtres ; nous sommes les leurs, et ils servent à notre requête et selon notre consentement. Suggérer que les fautes de la police ne devraient être investiguées si elle a effectivement réussi à tuer un membre de la populace non seulement défini un standard peu élévé pour la justice, mais c’est également le contraire de la propre définition de gouvernement de ce qu’est et devrait être le maintien de l’ordre.

La Orgreave Truth and Justice Campaign est une entité politique explicitement indépendante qui, dans ses propres termes, est “déterminée à obtenir la justice pour les mineurs qui ont été les victimes des mensonges et des dissimulations de la police à Orgreave en juin 1984”. Notre effort pour les soutenir – un t-shirt pour lever des fonds – peut sembler être juste un petit geste, mais c’est la bonne chose à faire, et tout geste est mieux qu’aucun. Nous sommes heureux d’utiliser notre micro en leur nom.

Si vous voulez aider, vous pouvez écrire à la ministre de l’intérieur ici : privateoffice.external@homeoffice.gsi.gov.uk. Elle est sur Twitter sous le handle @AmberRudd_MP, et le ministère de l’intérieur peut être joint au 0044 20 7035 8817. Suivant le conseil de OTJC, utilisez toujours le hashtag #orgeavejustice, et soyez toujours courtois et polis dans vos échanges. Si nous entretenons tous la pression et continuons à exiger que le gouvernement de Theresa May confronte de plein fouet – ses mots – “les vérités désagréables à entendre” et “les méfaits vieux de quelques décennies”, nous pourrions un jour rendre justice à Orgreave.

Merci de votre attention.

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