Tag Archive: E.V.A.

Sortie extravéhiculaire

Mentionné sur E.V.A.

eva

Une sortie extravéhiculaire, ou activité extravéhiculaire, (désignée parfois par son acronyme anglais EVA pour Extra-Vehicular Activity) est une activité réalisée à l’extérieur d’un véhicule spatial par un astronaute revêtu d’une combinaison spatiale. Ce terme est utilisé pour des activités extravéhiculaires menées dans l’espace en orbite autour de la Terre à proximité d’un véhicule spatial (navette spatiale et/ou d’une station spatiale), à des fins d’assemblage, de maintenance ou de réparation. Il a été également utilisé dans le cadre du programme Apollo pour désigner les sorties effectuées par les astronautes sur la surface lunaire.

La rigidité de la combinaison, l’épaisseur des gants, la succession rapide du jour et de la nuit (en orbite terrestre), les difficultés de déplacement et de manipulation liés à l’absence de gravité rendent même les tâches les plus simples difficiles à exécuter durant une sortie extravéhiculaire. Aussi son exécution est précédée par un long entrainement préalable sur Terre effectué en partie en piscine pour reproduire l’absence de gravité. Dans l’espace, après un temps de préparation destiné à éviter un accident de décompression, l’astronaute utilise un sas pour sortir dans l’espace. Il dispose alors au maximum d’environ 8 heures pour mener à bien des tâches qui nécessitent un outillage adapté au port de la combinaison spatiale. Pour des raisons de sécurité les astronautes effectuent leur sortie par paire et, dans l’espace, sont attachés au véhicule spatial.

La première sortie extravéhiculaire a été effectuée par le cosmonaute russe Alexeï Leonov le 18 mars 1965, à partir du vaisseau Voskhod 2. L’américain Edward White effectue à son tour une sortie dans l’espace au cours de la mission Gemini 4 le 3 juin de la même année. Compte tenu des risques encourus peu de sorties extravéhiculaires ont été effectuées depuis le début de l’ère spatiale : un peu plus de 300 en 2015 dont près de la moitié consacrés à l’assemblage et à la maintenance de la Station spatiale internationale.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques et les Américains sont engagés dans un conflit idéologique qui caractérise le climat politique de la planète pendant presque toute la seconde moitié du XXème siècle. Ce conflit est symbolisé par les avancées en matière technologique, notamment ce qui concerne la conquête de l’espace. Le 4 octobre 1957, avec le lancement du premier satellite artificiel, Spoutnik 1, les Soviétiques prennent l’avantage et le consolident le 12 avril 1961 en mettant sur orbite le premier homme, Youri Gagarine. Trois semaines plus tard, le 25 mai 1961, le président Kennedy tient devant le Congrès un discours dans lequel il s’engage à faire débarquer des Américains sur la Lune avant la fin du siècle. C’est dans ce contexte de rivalité permanente est-ouest que les vols spatiaux se succèdent, notamment les premières sorties extravéhiculaires. Finalement, les soviétiques décrochent en 1965 la première EVA et, de 1969 à 1972, les Américains seront les premiers à fouler le sol lunaire, exploit qui reste à ce jour inégalé.

La première sortie extravéhiculaire est effectuée par le cosmonaute soviétique Alexeï Leonov le 18 mars 1965 lors de la mission Voskhod 2. Environ une heure et demie après que le vaisseau a été placé en orbite et alors qu’il boucle sa première orbite, Leonov pénètre dans le sas gonflable Volga pour commencer sa sortie. L’écoutille interne est refermée par Beliaïev. Celui-ci déclenche la dépressurisation du sas puis l’ouverture de l’écoutille externe. Leonov émerge prudemment du sas relié à la capsule spatiale par un filin de 4,5 mètres. Après avoir flotté une dizaine de minutes dans le vide, il entreprend de réintégrer le vaisseau. il se rend compte alors que la combinaison s’est tellement dilatée que ses pieds et ses mains ne sont plus positionnés dans les gants et les bottes comme s’il avait rétréci. Contraint de s’introduire dans le sas la tête la première, contrairement au plan de vol, il parvient, au prix de mille efforts, à repressuriser l’écoutille et refermer l’écoutille.

Moins de trois mois plus tard, le 3 juin, l’Américain Edward White “marche” dans l’espace pendant vingt minutes (mission Gemini 4), sans incident. Il est suivi l’année suivante par quatre autres astronautes (Cernan, Collins, Gordon et Aldrin, vols Gemini 9 à 12). L’objectif est de voir dans quelle mesure le corps s’adapte aux conditions extrêmes, dans la perspective du débarquement sur la Lune, que les Américains projettent pour la fin de la décennie. Or la combinaison des vols Gemini, à usage mixte (intra- et extra-véhiculaire), tend à maintenir les corps en position “assise”, correspondant à l’utilisation à l’intérieur du vaisseau. Malgré d’importants efforts, les astronautes sont donc dans l’incapacité d’effectuer des mouvements amples. À la fin de la décennie, côté russe comme côté américain, les combinaisons spatiales seront conçues de manière à corriger ce défaut. Et aucun astronaute/cosmonaute n’effectuera d’EVA sans l’assistance d’un collègue, même partielle (sortie du vaisseau à mi corps).

Le 15 janvier 1969, les Soviétiques Khrounov et Elisseïev, partis à bord du vaisseau Soyouz 5, accomplissent une EVA pour rejoindre le vaisseau Soyouz 4 (auquel ils se sont amarrés) pour revenir sur Terre. Des années plus tard, après la levée du rideau de fer, on apprendra que cette expérience visait à préparer les Russes au débarquement sur la Lune, qu’ils projetaient en secret. Leurs équipements, moins sophistiqués que ceux des Américains, n’auraient pas permis un transfert d’équipage de module à module depuis l’intérieur, en raison de l’absence d’un tunnel de communications. Il était donc prévu que le cosmonaute qui reviendrait du sol lunaire retrouverait son collègue resté en orbite en passant par l’extérieur.

Un peu plus tard, le 6 mars, lors du vol Apollo 9, l’Américain Schweickart réalise une EVA hors du LEM (qui effectue son premier vol) dans un but légèrement similaire : afin de tester les procédures de retour des futurs explorateurs lunaires, au cas où, lors de leur retour en orbite lunaire, ils ne parviendraient pas à s’arrimer au CSM. C’est également l’occasion pour Schweickart de tester le scaphandre lunaire dans les conditions réelles. Sa sortie s’effectue sous les yeux de Scott, lui-même sorti à moitié du module de commande.

En juillet 1969, précédé depuis 1966 par des engins automatiques, l’Homme marche sur la Lune. Alors que, jusqu’ici, toutes les EVAs étaient expérimentales, pendant quatre ans, elles prennent un caractère scientifique : collectes de roches lunaires, dépose d’appareillages d’observation, prise de centaines de clichés photographiques… Il faut distinguer deux catégories d’EVA :
– les sorties réalisées à six reprises sur le sol lunaire par deux des membres d’équipage, depuis le LM (14 moonwalks en tout),
– les sorties “translunaires” effectuées sur le chemin du retour par le pilote du CSM lors des trois dernières expéditions, afin de récupérer dans le module de service des clichés photographiques effectués automatiquement depuis l’orbite.

  • 21 juillet 1969 : vus en direct par des millions de téléspectateurs, les Américains Neil Armstrong et Buzz Aldrin effectuent la première sortie sur la lune (Apollo 11). Dix autres astronautes rééditent cet exploit jusqu’en décembre 1972 (missions Apollo 12 à 17). Les EVAs des trois dernières missions sont particulièrement longues et les astronautes effectuent de nombreux kilomètres en voiture, s’éloignant sensiblement du LM. Le record en la matière est la seconde des trois sorties d’Apollo 17, qui dure 7h34, où les astronautes parcourent 20,4 km et évoluent jusqu’à 7,6 km du LM. Le dernier moonwalker est un scientifique, Jack Schmitt, géologue de formation.
  • 5 août 1971 : lors du retour de la mission Apollo 15, Alfred Worden effectue la première sortie entre la Terre et la Lune, à 317 000 km de notre planète, performance rééditée ensuite à deux reprises (en avril et décembre 1972) par ses compatriotes Mattingly et Evans (missions Apollo 16 et 17).

Malgré leurs efforts, les Soviétiques n’ont jamais pu envoyer d’hommes vers et sur la Lune. Et depuis les vols Apollo, personne n’y est jamais retourné. Trois sondes automatiques seulement s’y sont posées : deux soviétiques (Luna 21 en janvier 1973 et Luna 24 en août 1976) et une chinoise (Chang’e 3 en janvier 2013).

Aucun accident mortel ne s’est encore produit lors d’une sortie extravéhiculaire mais la première et la troisième d’entre elles, celle de Leonov en mars 1965 (Voskhod 2) puis celle de Cernan en juin 1966 (Gemini 9), ont causé de réelles inquiétudes, les deux hommes éprouvant les plus grandes difficultés à regagner leurs cabines. Des années plus tard, dans un livre, Cernan décrit en détail le déroulement de cette sortie, notamment le passage où il était aveuglé par la buée recouvrant l’intérieur de son casque.

Source : Wikipédia France

E.V.A.

Disponible sur :

Description :

Récit de la première sortie extravéhiculaire par Alexeï Leonov le 18 mars 1965 lors de la mission Voskhod 2, marquant encore l’avancée de l’URSS dans la course à l’espace. Trois mois plus tard, l’Américain Ed White, future victime de l’incendie de Apollo 1, fera la même chose côté américain.

Paroles :

And now, a new breakthrough in ace conquests
For the first time, the spaceman was to leave the ship and step out into open space
The first one to do this was Alexey Leonov
Everything is ready, let’s go

Everything is strange and unusual in this new world
There’s no support: no top, no bottom
Everything is weightless
Everything is weightless
Orientation is lost
Go back to the [?]

[Russian transmission from Leonov]

[Translation by Announcer]
I’m on the edge of the opening
Of the airlock chamber
I feel excellent
I see clouds and the sea
I am beginning to move away

A man in space
He’s walking in space
He’s walking in space

There’s no support: no top, no bottom
Everything is weightless

He’s walking in space…
He’s walking in space…

10 minutes in open space
10 minutes that shook the world

[Russian transmission from Leonov]


Sortie extravéhiculaire

Et maintenant, une nouvelle percée dans les conquêtes émérites
Pour la première fois, le cosmonaute allait quitter le vaisseau et s’avancer dans l’espace
Le premier à le faire, c’était Alexeï Leonov
Tout est prêt, allons-y

Tout est bizarre et inhabituel dans ce nouveau monde
Il n’y a pas de support : pas de haut, ni de bas
Tout est en apesanteur
Tout est en apesanteur
Tout est en apesanteur
L’orientation est perdue
On revient à [?]

[Transmission de Leonov en russe]

[Traduction par le narrateur]
Je suis au bout de l’ouverture
Du sas dépressurisé
Je me sens très bien
Je vois les nuages et l’océan
Je commence à m’éloigner

Un homme dans l’espace
Il marche dans l’espace
Il marche dans l’espace

Il n’y a pas de support : pas de haut, ni de bas
Tout est en apesanteur

Il marche dans l’espace…
Il marche dans l’espace…

10 minutes dans l’espace
10 minutes qui ont secoué le monde

[Transmission de Leonov en russe]

Vidéo de E.V.A.

Avant la tournée européenne (qui commence chez nous ce week-end, ne l’oublions pas), la vidéo du nouveau single (en Italie du moins), E.V.A., vient de paraître, regardez Alexeï Leonov se promener dans l’espace ci-dessous :

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=PFSq4Q8WDs0[/embedyt]

THE RACE FOR SPACE | Album

Date de sortie : 23 février 2015

Formats : CD Promo, CD, 33 tours transparent, 33 tours, Téléchargement

Morceaux :

Ayant tout lu ou presque sur l’album dans les magazines et sur la toile, je vous traduis donc les paroles de l’homme lui-même, J. Willgoose, Esq. : “Je sais que c’est assez inhabituel d’écrire une note de l’auteur pour ce qui est, essentiellement, un album quasiment pop, mais j’aime toujours lire les notes des livrets moi-même et j’ai pensé que ce serait bien de donner un peu plus d’explications sur les raisons pour lesquelles cet album a fini par se retrouver ainsi. Ce pourrait être prétentieux de le faire, si oui, je m’excuse. Dans tous les cas, je vais le faire, alors c’est parti.

Si vos vouliez écrire un album sur la course à l’espace, comment faire pour comprimer l’une des périodes de 15 ans les plus excitantes de l’histoire moderne en 9 petites chansons ? Comment faire tenir tous les événements importants, tous les drames, les hauts et les bas, en 43 petites minutes ? Comment tenter d’amener les plus larges connotations politiques de l’époque et les incorporer dans sa version de l’histoire ? Quel genre de musique écrire pour essayer de réfléchir la terreur, le chaos, l’excitation et finalement le triomphe ?

La réponse courte, c’est que tenter d’aborder chacune de ces questions avec un simple album est une tâche impossible, et vous seriez idiot d’essayer cela. Ce que j’ai tenté de faire à la place avec ces chansons, c’est de sélectionner quelques-unes des histoires de la période qui m’intéressaient le plus, émotionnellement et intellectuellement, et me mettre à les comparer, liant les histoires que nous avons couvertes avec des thèmes récurrents tout en les juxtaposant avec des styles différents. J’ai essayé d’éviter les choses qui semblaient avoir été faites à de nombreuses reprises auparavant – la majeure partie des répliques les plus célèbres, celles que j’appellerais les hollywoodiennes, de la course à l’espace ne sont pas sur cet album, bien que quelques-unes les plus évidentes s’y trouvent. En cours de route, j’ai pris d’assez grandes libertés avec la chronologie et je suis passé par divers styles musicaux, le tout dans une tentative de faire un album qui à la fois raconte l’histoire de l’époque et qui a sa propre histoire à raconter.

J’ai toujours essayé de ne pas être trop littéral lors de l’écriture de la musique autour des samples que nous utilisons. Dans de nombreux cas, j’aime l’incohérence qui en résulte, et je suis un grand partisan que tout ne doit pas être sensé tout le temps. C’est pour ces raisons – et d’autres ! – que nous nous sommes retrouvés avec une chanson comme Gagarin, sorte de chanson de super-héros pseudo-funk. Ce n’est probablement pas ce qu’on s’attend à entendre dans une chanson à propos du premier humain dans l’espace, mais après avoir regardé les images fantastiques du British Film Institue et écouté la narration – le héros qui a ouvert la voie vers les étoiles, toute la planète le connaissait et l’aimait – cela semblait approprié d’essayer de créer une chanson qui capturait le triomphe et l’exubérance de cette époque. Et en même temps, un peu de mélancolie s’immisce vers la fin, présageant sa mort tragique dans un accident d’avion seulement sept ans plus tard.

L’incohérence, et la menace constante du danger, est également la raison pour laquelle j’ai mis Fire In The Cockpit, dont le sujet est la mort terriblement triste et bouleversante de trois astronautes lors d’un entraînement pour le lancement d’Apollo 1, si proche entre les triomphes soviétiques jumeaux du premier voyage spatial de Gagarine et la première sortie dans l’espace de Leonov. Je me suis trituré l’esprit si oui ou non il fallait inclure l’histoire d’Apollo 1, mais j’en suis arrivé à la conclusion que cela ne rendait pas service de ne pas le mentionner, que de le mentionner – et surtout si l’on considère le nombre de vies qui ont été sauvées en conséquence des changements faits à la suite de leurs morts. À la lecture de nombreux récits d’astronautes de l’époque, ainsi que l’excellent A Man On The Moon d’Andrew Chaikin, il semblait que leurs collègues pensaient très fortement que la mort de l’équipage d’Apollo 1 ait sauvé un grand nombre de vies, et je voulais refléter cela. (La véritable tragédie des trois morts américaines, c’était qu’un cosmonaute soviétique, Valentin Bondarenko, était décédé dans des circonstances très similaires bien plus tôt en 1961 ; si les Soviétiques et les Américains avaient eu une manière facile d’échanger les informations, et peut-être un petit peu plus de confiance, les circonstances entourant sa mort ne seraient pas restées un mystère au monde extérieur durant une si longue période après.) Coincer la chanson entre les deux “grands moments” indubitables de la conquête de l’espace semblait être une manière efficace de suggérer que le danger n’était jamais loin – quelque chose que l’expérience d’Alexeï Leonov durant la première sortie dans l’espace pourrait concorder, le Russe ayant passé bien plus que les dix minutes dans l’espace mentionnées dans E.V.A., perdant pratiquement la vie durant le processus.

Sur une note plus positive, j’aimerais écrire un mot sur Valentina Terechkova, et l’implication de Smoke Fairies dans la chanson que nous avons écrite à propos d’elle. L’un des plus gros problèmes avec le matériel que nous utilisons, de la période que nous abordons, c’est qu’il est pratiquement totalement dépourvu de voix féminine. On dit souvent que l’histoire est écrite par les vainqueurs, mais ce serait tout aussi, sinon plus, apte de dire qu’elle a été complètement écrite par les hommes. Des images que j’ai obtenues de la première femme dans l’espace, toutes comprenaient sa voix traduite par des voix masculines. Plutôt que des hommes encore – nous, dans ce cas – tentent de parler en son nom, il semblait plus approprié de demander à une chanteuse invitée de fournir une voix féminine, alors nous avons essayé une approche différente avec Valentina et je suis très heureux de l’avoir faite. Smoke Fairies a mis beaucoup de travail dans cette chanson et j’espère que vous appréciez ce qui est une excursion assez inhabituelle pour nous.

Le morceau d’ouverture est probablement une excursion encore plus inhabituelle pour nous. Je n’ai jamais écrit pour une chorale auparavant (et j’ai été assisté de manière compétente par Peter Gregson aux arrangements dans ce cas), mais il me semblait correct d’ouvrir l’album avec des voix humaines – des voix délicates qui montaient néanmoins en quelque chose de puissant, dans une tentative de refléter la puissance de la rhétorique de Kennedy. Il me semblait également correct d’essayer quelque chose de difficile et risquée en tant que compositeur afin de refléter la lutte que décrit JFK, en particulier la décision de faire des choses non pas parce qu’elles sont faciles, mais parce qu’elles sont difficiles. La chorale réapparaît sur le dernier morceau (avec plusieurs mélodies adaptées d’autres chansons en cours de route) comme une manière de refermer le cercle ouvert par la première, mais j’ai aussi ajouté un court morceau ambiant – tentative d’une sorte d’instrumentale appel de la lune – pour suggérer qu’il y a des choses à régler, et nous pourrions, un jour, envoyer une autre mission habitée vers la lune. Je l’espère.

Attiser la rivalité entre les deux parties était également quelque chose que nous avons essayé d’incorporer dans l’album, que ce soit via de subtils détails comme enregistrer les chansons de chaque nation avec des batteries différentes et de faire leurs panoramiques audios dans des directions opposées (c’est pour les geeks audiophiles, probablement !) ou plus évidemment opposer les bips témoins de la NASA (les bips Quindar si cela vous intéresse) au signal de Spoutnik. L’idée d’utiliser le signal de Spoutnik pour tirer la chanson est venue assez rapidement, tout comme l’idée d’essayer de donner à la chanson une atmosphère plus générale de menace pulsante électronique. Pour les Américains, entendre cette voix soviétique diffusée depuis l’orbite au-dessus d’eux a dû être profondément perturbant ; de même, pour les Soviétiques, savoir que c’était là-haut a dû être à la fois impressionnant et une source de fierté.

Deux morceaux que je n’ai pas encore mentionnés, Go! et The Other Side, sont des tentatives de trouver des manières relativement nouvelles d’aborder des événements très célèbres en évitant trop de répliques trop connues ou utilisées. Mission Control (le centre de contrôle de mission) à Houston devient ainsi le centre de l’attention des deux chansons, et j’aime en particulier la manière prosaïque dont ceux restés au sol ont traité avec les hommes qui atterrissaient sur la lune pour la première fois ; Nous venons d’avoir une panne est rapidement suivi par un D’accord, arrêtez de bavarder dans cette pièce. Ce sont des choses admirablement lucides, et ces deux chansons sont notre petit hommage à ces gens, principalement en coulisses, qui ont tellement contribué à ces succès américains. Et malgré cette qualité impassible, le moment où Apollo rétablit le contact après avoir voyagé sur la face cachée de la lune est tellement émotionnel que même le commentateur ne peut cacher sa joie. Pour moi, c’est le moment le plus émotionnel de l’album.

Je suspecte que certains auditeurs pourraient se plaindre que cet album s’arrête trop brusquement (certains pourraient aussi bien déclarer le contraire !), sautant de Apollo 11 à 17 en un seul morceau. Beaucoup de choses sont arrivées entre ces missions, notamment la tragédie soviétique de Soyouz 11 et les événements célèbres qui ont entouré Apollo 13, mais le saut de la mission 11 à 17 dans notre version des événements est assez délibéré. L’une des choses les plus tristes, regardant toute la période avec les yeux de quelqu’un qui n’a pas eu la chance de la vivre, c’est la manière dont aller sur la lune semblait devenir banal, et la rapidité avec laquelle le public semblait perdre de l’intérêt pour cela. Les Soviétiques avaient déjà délaissé la lune en faveur de leurs efforts pour leur station spatiale orbitale qui saisit moins l’imagination, et les Américains ont envoyé 6 autres équipages sur la lune (dont seuls 5 ont eu du succès, avec Apollo 13 considéré comme un échec à succès) durant les 3 ans et demi qui se sont écoulés entre Apollo 11 et 17 ; et puis, aussi rapidement que cela, l’âge d’or de l’exploration spatiale habitée était terminée.

Ce court recueil de chansons ne va pas raconter même une fraction de la distance de l’histoire entière de la course à l’espace. Je suis assez sûr qu’il échoue à bien des niveaux, et je pourrais probablement vous dire moi-même la plupart d’entre eux. C’est, néanmoins, notre version, et j’espère qu’elle contient quelque chose qui vous parle. Au bout du compte, c’est ce que nous avons essayé d’atteindre avec cet album, et j’espère que nous y sommes arrivés, même si ce n’est que d’une certaine manière, aussi petite qu’elle soit”.

J. Willgoose, Esq.
32 ans et demi
Londres, novembre 2014

Même la pochette reflète la dichotomie de l’album puisqu’elle est réversible, une face américaine avec les premiers pas d’Armstrong sur la lune et l’autre soviétique représentant Spoutnik s’envolant avec le logo du groupe sur son flanc, ainsi aucune n’est mise en avant. Même le poster dédicacé était réversible !

L’album est entré à la 11ème place des charts et même à la 1ère des charts des disquaires indépendants, le troisième entrera-t-il à la 1ère place des charts généraux ?

Il a été certifié argent le 22 avril 2016, Go!

Gagarin < DiscographieGo!