Chanson douce-amère centrée sur le discours de Gene Cernan, le dernier homme à avoir marché sur la Lune, tandis qu’il repart vers notre bonne vieille Terre, après avoir déposé une plaque commémorative sur la surface de notre satellite, marquant la fin du programme Apollo.
Paroles :
[Cernan] Here man completed his first exploration of the Moon, December 1972 A.D May the spirit of peace in which we came be reflected in the lives of all mankind
[Schmitt] This valley of history has seen mankind complete its first evolutionary steps into the Universe I think no more significant contribution has Apollo made to history It’s not often you can foretell history, but I think we can in this case and I think everybody ought to feel very proud of that fact
[Cernan] This is our commemoration that will be here until someone like us ‘Til some of you who are out there who are the promise of the future Come back to read it again
And as I take man’s last step from the surface Back home for some time to come But we believe not too long into the future I’d like to just let what I believe history will record That America’s challenge of today Has forged man’s destiny of tomorrow And as we leave the Moon at Taurus-Littrow We leave as we came, and God willing, as we shall return With peace and hope, for all mankind Godspeed the crew of Apollo 17
Demain
[Cernan] Voici que l’homme ait fini sa première exploration de la Lune, en décembre 1972 apr. J.-C. Que l’esprit de la paix dans laquelle nous sommes venus soit reflété dans les vies de l’humanité
[Schmitt] Cette vallée d’histoire a vu l’humanité terminer ses premiers pas évolutionnistes dans l’univers Je n’arrive pas à trouver d’autre contribution plus importante qu’Apollo ait donnée à l’histoire Ce n’est pas souvent qu’on puisse prédire l’histoire, mais je pense que l’on peut dans ce cas et je pense que tout le monde devrait se sentir très fier de ce fait.
[Cernan] C’est notre commémoration qui sera ici jusqu’à ce que quelqu’un comme nous Jusqu’à ce que certains d’entre vous qui êtes la promesse du futur Reviennent la relire
Et tandis que je foule le dernier pas de l’homme à la surface De retour à la maison pour un moment Mais nous croyons que dans un avenir proche J’aime à croire que l’Histoire enregistrera Ce que le Challenge de l’Amérique d’aujourd’hui A forgé la destinée de l’homme de demain Et tandis que nous quittons la Lune à Taurus-Littrow Nous partons comme nous sommes venus, et si Dieu le veut, nous reviendrons Avec la paix et l’espoir, pour toute l’humanité Bon voyage à l’équipage d’Apollo 17
Retrouvailles avec les Manics et saison estivale 2016
28 mai 2016, Liberty Stadium, Swansea
Eurgh, un stade, tout ce que j’aime mais l’affiche trop attirante : PSB, SFA, MSP, que des acronymes à trois lettres !
Les garçons jouant à 17h45, les faux écrans sont là, mais Mr B utilisera les écrans sur les côtés de la scène. Le même Mr B qui me repère direct et me dit bonjour, tandis que je devrai faire signe à Gilles qui me cherchait !
Sentiment très bizarre quand je m’aperçois que JFabs est en béquilles et qu’ils ne jouent pas Sputnik ! Mékécekecékecebinz ? Sputters est pourtant là mais c’est bien London Can Take It qui retentait… J semble tendu et nerveux et se vautre dans Signal 30.
Sputters s’élèvera enfin sur Korolev où les cuivres montent sur scène. Mon voisin et ami guitariste trouvera Valentina très jolie et la foule commence à bouger sur Spitfire. The Other Side ne fonctionne pas vraiment en plein jour, mais la danse des cuivres sur Gagarin sera appréciée.
Je demande une setlist et Giles qui finit enfin par m’entendre me fait signe qu’il n’y en a plus, mais vient jusqu’à la barrière cinq minutes plus tard m’en apporter une 🙂
J’ai beaucoup aimé SFA pour ma première fois et bien sûr mes biens aimés Manics, malgré un public pourri et une pluie torrentielle.
Prochain rendez-vous, le Bluedot Festival en passant par la Silent Disco de lancement de l’album de Remixes.
22 juillet 2016, Bluedot Festival, Jodrell Bank
Après un petit passage au Science Museum pour la soirée de lancement de l’album de remixes un mois avant (où JFabs m’a demandé s’il pouvait m’appeler “Anne-So” lol), me voici repartie sur la route des festivals.
Le festival geek par excellence situé à Jodrell Bank où se trouve le plus grand télescope d’Europe, celui qui a pu capter les signaux de Spoutnik et qui servira de toile de fond pour le clip de Sputnik. Cependant mes attentes se sont vues récompensées par quelques déceptions.
Premièrement, j’avais une crève d’enfer (oui, oui, y’a que moi pour tomber malade en plein été !), j’ai failli rater mon bus de Manchester car je ne trouvais pas la rue et on s’est retrouvés, comme énormément d’autres festivaliers, dans un bouchon énorme alors qu’on pouvait voir le télescope. La plupart d’entre nous finissons à pieds. Je me retrouve dans la queue weekend avant de trouver celle plus courte pour les tickets journaliers. Heureusement que J avait posté l’horaire à laquelle ils jouaient car il fallait acheter un programme à 10 £ pour avoir les horaires de passage des groupes.
C’est 45 minutes après l’ouverture des portes que j’arrive à la Lovell Stage, où les garçons joueront 1h30 après. Il y a beaucoup de monde pour le professeur Brian Cox et compagnie mais la ninja en moi arrive au deuxième rang et ensuite j’arrive à avoir la barrière pour PSB, woo !
D’autres Informers sont là mais on est un peu éparpillés.
Mr B me voit, me fait coucou, alerte les autres et tout le monde me fait coucou 🙂
40 minutes de set obligent, pas de Sputnik 🙁 mais une magnifique chemise estivale pour Wriggles. Les garçons seront très bien accueillis et les gens se plaindront même qu’ils auraient pu jouer plus longtemps.
Matt, toujours aussi serviable, me donnera une setlist.
Comme promis sur Twitter, ils viendront tous à la barrière et je me retrouve avec les signatures de tout le monde, y compris les Brassy Gents ! (Mention spéciale à J et JFabs pour leur “Vive la France!”).
Je ne peux pas trop leur parler étant donné l’état de ma voix, j’espère me rattraper bientôt…
28 août 2016, Victorious Festival, Portsmouth
Après deux heures de car depuis Londres, me voici à Portsmouth et j’arrive à me placer comme il faut à la barrière de cet énorme festival (maman j’ai peur !). Il est 10h du matin, les garçons jouent à 19h, ça va être fun !
Les hostilités commencent à 11h30 avec Marley Blandford, petit gars du coin, soutenu par beaucoup de proches. Ses choristes ont des voix impressionnantes !
Suivront ensuite The Slow Readers Club, dont une poignée de fans étaient à la barrière. Un coup d’œil au guitariste et sa guitare et je suis amoureuse ! Le mini-soundcheck confirmera cette impression, j’adore ce groupe ! Si vous aimez Editors, ce groupe est pour vous.
Changement d’ambiance et de public pour Will Young… Euh, par respect pour ses fans, je m’abstiendrai de commentaire.
Suivront The Beautiful Secret, dont c’est le premier concert. La chanteuse à la voix très impressionnantes sait communiquer son enthousiasme, mais je ne suis pas fan de rock FM.
Ah Space ! J’avais oublié combien je les aimais ! Très bon moment dont une partie passée avec des poupées gonflables lol.
Puis arrivent Eliza and the Bear. Certes ces garçons sont très enthousiastes mais ce n’est pas vraiment ma tasse de thé.
Giles passe devant moi, je l’appelle, on discute brièvement et il repart à la tâche.
Milky Chance, la revanche… Bah ça ne passe toujours pas !
Enfin les garçons s’installent, au grand complet avec Mr B. 45 minutes obligent, Sputnik est sucré et ils démarrent sur Theme From PSB mais avec Sputters qui s’élève. L’humour marche toujours et j’ai l’impression qu’ils se sont fait de nouveaux fans 🙂
Je demande 2 setlists à Giles, qui m’en donne 3 😀
Prochain rendez-vous, Ramsbottom Festival.
16 septembre 2016, Ramsbottom Festival
Voir les garçons en tête d’affiche d’un petit festival trois jours avant mon anniversaire ? Je dis oui !
Helen, qui m’héberge, Gavin et moi, arrivons une bonne heure et demie avant l’ouverture des portes, ce qui nous permet de nous garer gratuitement sur le parking de la gare. Nous nous promenons un peu en ville et croisons Giles, James et et Jack, oops !
Nous sommes parmi les tous premiers à entrer dans l’enceinte du festival, c’est à dire un club de cricket et c’est vraiment petit ! Je m’installe sur la barrière de la scène principale où il n’y a personne, étant donné que le premier groupe sur cette scène commencera dans une demi-heure, mais je vois les garçons manger leur barbecue (ils ont même mis des photos sur Instagram). Le temps se fait long et… ça caille ! C’est frigorifiée que je regarde, amusée, Julian Cope.
Mr B me dira bonjour et je vois qu’il a froid aussi, mais c’est sans compter sur le pouvoir du barbecue, les garçons étaient extraordinaires ce soir-là, mention particulière à JFabs qui est venu jusqu’à faire de la basse sur les amplis devant la scène et J qui va jusqu’à Wriggles à plusieurs occasions et se vautre dans pleins de trucs (hmmm, t’es bourré Choupinou ?).
Tête d’affiche veut dire 1h10 de set et donc… retour de Sputnik, ouais ! (Malgré un bug dans les samples, dû à la technologie). Et puis aussi retour de ROYGBIV, bon dieu que je l’aime et Night Mail. Arrivé à Korolev, me voici en t-shirt ! Version magnifique de The Other Side sous le clair de pleine Lune…
Grâce au gentil monsieur de la sécurité avec qui j’avais parlé dans l’après-midi, j’obtiens une setlist.
Je dis au-revoir à Mr B, qui m’interpelle une setlist à la main, “Tu as eu une setlist ?” C’est trop mignon !
Ce groupe prouve que même au bout de la 56ème fois, ils continueront toujours à m’étonner 🙂
Il fait un temps pourri sur Lyon mais les gens se sont quand même déplacés pour les voir. Ce ne sera pas complet mais ce sera un public de qualité !
En première partie, ce sera Pratos, groupe local et c’est vachement bien. Trio synthés bulles à la Jean-Michel Jarre, excellent batteur et un saxophoniste, guitariste, bassiste tout aussi excellent.
Quant à PSB, bah, ça fait du bien de les revoir si près, même si Mr B me manque.
JFabs sera tellement à fond qu’il cassera une corde de BASSE durant Signal 30 !
Entendre Korolev sans les cuivres était bizarre, mais ça m’a permis de mieux entendre JFabs 🙂
L’écran et la vidéo lâcheront pour le rappel, durant lequel le public demandera Everest à tue tête.
Le petit jeune à mes côtés récupère la setlist de JFabs mais Jack vient à ma rescousse et de donne celle de Wriggles.
Je me dirige vers le merch où je tends ma setlist et divers promos dont celui du DVD.
JFabs signe en m’appelant “Anne-So” (normal, et en mettant le numéro du concert – il suit ! Normal !) et Wriggles est très intrigué par mon DVD promo (“mais tu trouves ça où ?”). Je demande à J s’il va mieux, ce qui est le cas. On papote un peu (ça fait du bien après la tournée britannique durant laquelle je ne lui ai pratiquement pas parlé).
Et une jeune fille lui offre deux nœuds papillon superbes ! Il dit qu’il en portera un à Paris, mais à Amsterdam, il devra remettre l’actuel étant donné qu’il a été fait par une Anglaise installée là-bas. Je lui montre celui qu’il devra porter 😛
Des jeunes hommes veulent une signature sur leurs vinyles alors J cherche quoi faire avec les boîtes, alors naturellement je tends les mains (“Je vais pas les voler tu sais !” – “Toujours aussi serviable A-S”).
Je finis la soirée par la rencontre avec François, qui a créé l’affiche spéciale de ce soir.
5 mars 2016, La Maroquinerie, Paris
Ah PSB à la maison… Encore qu’il fallait y arriver à la maison ! En effet, Ouibus raté suite panne d’oreiller : TGV acheté le prix d’une jambe. Étant donné que j’arrive donc une heure en avance, je me dirige vers la Cure Gourmande pour acheter “quelques” sucreries aux garçons (44 €).
Passage à l’hôtel puis rendez-vous à la Maroquinerie pour une interview avec J.
Personne ne fera la queue, nous nous retrouvons facilement au premier rang. La première partie est assurée ce soir par Lull, en solo acoustique. C’est très joli mais la fatigue jouant, je cligne des yeux…
Beaucoup de Geoffrey ce soir, quand j’en parlerai à JFabs après le concert, il me dira qu’il leur faudrait une version française de la vidéo, ce à quoi j’ai répondu que je serais heureuse de la traduire.
JFabs fera une belle dédicace à la France en revenant sur scène un t-shirt de la FFF et en arrangeant l’intro de Everest en Marseillaise.
J prendra le micro pour remercier en français, clairement ému.
Encore une fois, ils seront d’un amour au merch, signant tout ce qui leur tomberont dans les mains. JFabs adore mon Sharpie argenté utilisé sur mon maxi 45 tours de Sputnik. Il signera numéro 49 sur ma setlist qu’il m’a donnée et me dit, “Berlin 50 ?”. Raté, ce sera Cologne !
Wriggles me ressort la blague “Mais tu travailles réellement ?!”
Je dis à J que c’est sympa de porter le nœud pap’ d’Olivia. Je fais la bise à Giles qui me dit “À la semaine prochaine !” Euh, non, dans deux semaines et je quitte la salle la dernière…
18 mars 2016, Stadtgarten, Cologne
Et 50ème concert de PSB pour moi ! Également un grand retour à Cologne après 25 ans, l’occasion de dépoussiérer mon allemand pourri…
Chose rare, je ne me perds ni sur la route de l’hôtel, ni vers la salle. Parlons-en de cette salle, en fait un bar, un restaurant, un club et donc une salle de concert.
Je suis bien sûr la première mais je ne croise personne…
Je rentre et je fais la connaissance d’un Anglais qui habite en Allemagne, Mark. Je vais dire bonjour à Giles et il m’invite à laisser mes affaires avec lui, super sympa de sa part !
La salle se remplit tout doucement et reste assez vide au moment de la montée sur scène du groupe de première partie, Big Deal. Ils sont super sympas, n’hésitez-pas à aller les voir, en prime le groupe est à moitié composé de filles.
Les garçons arrivent ensuite pour les derniers réglages et me disent bonjour, je leur dis que ce soir, c’est “the big 50”, ils croyaient que c’était demain à Berlin, mais non ! Lors de la vraie montée sur scène, JFabs arrive avec sa setlist et la cache un peu, bon…
Très bonne d’ailleurs cette setlist, avec un Elf Part 2 toujours bien accueilli par moi 😛
Je remarque des traces noires sur la feuille, mais je devine que c’est parce que JFabs marche dessus.
Le public est bien agglutiné contre la scène et réagit bien au discours de J. Le groupe à mes côtés accumule les cadavres de bière…
À la fin, JFabs me tend sa setlist qui m’était destinée dès le début, effectivement, ils me remercient pour le 50ème concert ! Quelle surprise !!!
Je les remercier chaleureusement une fois qu’ils sortent au stand de merch. Je parle du Disquaire Day avec JFabs et je suis coupée par Eva (et son t-shirt “E.V.A./The Other Side” fait maison, déjà croisée à Luxembourg).
Les garçons doivent ranger leurs affaires car ils partent tôt pour Berlin (et moi aussi d’ailleurs), on se dit à demain !
19 mars 2016, Columbia Theater, Berlin
Qu’est-ce que les TGV allemands (ICE) sont confortables ! Les plus de 4 heures de trajet sont passées très rapidement. Je prends le métro à l’envers mais j’arrive tranquillement à mon hôtel, situé de manière très pratique à même pas cinq minutes de la salle.
J’arrive devant la salle et je vois cinq jeunes… mais non, ils vont au concert dans la grande salle d’à côté. Tandis qu’un autre Informer me rejoint, Dan, la queue voisine s’étend sur des centaines de mètres.
Les portes s’ouvrent, j’entre tranquillement pour découvrir des barrières, bouh…
Je quitte ma place très rapidement pour laisser mes affaires avec Giles 🙂
Big Deal font à nouveau la première partie et c’est toujours aussi sympa. Le public s’approche progressivement et la foule est assez compacte quand les garçons montent sur scène.
London Can Take It revient, sûrement suite à la demande de quelqu’un sur Twitter. Lit Up version 2015/2016 est toujours aussi sublime.
Malheureusement, des Irlandais un peu imbibés ont décidé de venir envahir la scène. La sécu molle du genou aura du mal à les bouger, un flot d’insultes en français sort de ma bouche, au grand étonnement de mes voisins.
Je récupère une setlist grâce à un gars de la salle (je m’aperçois qu’un sourire et le geste/mime d’un carré fonctionne bien pus que n’importe quel effort linguistique).
JFabs et J me la signeront en allemand (normal ! “Viens en Italie, tu verras !” me dit J).
Je finis ma conversation sur le Disquaire Day avec JFabs et je les quitte pour trois semaines avant Amsterdam…
11 avril 2016, Paradiso Noord, Amsterdam
Et voilà, le dernier concert The Race For Space en tête d’affiche (à part les festivals et autres concerts exceptionnels). Ce sera à Amsterdam, au Paradiso Noord, dans le complexe culturel Tolhuistin.
Après avoir pris le ferry gratuit, j’essaie de faire un repérage des lieux, finalement je demande aux jeunes filles situées à l’accueil (d’ailleurs, j’ai fait corriger PBS en PSB 😉 )
Il y a deux concerts ce soir donc difficile de savoir qui va où, mais je me retrouve la première pour PSB 🙂 Je tombe même direct sur Gilles en rentrant.
Je m’installe au premier rang sur la scène (pas de barrière cette fois) et je regarde comment est faite la salle, les balcons sont sympas car donnent une belle vue sur la scène.
Je discute en français avec une Italienne et en anglais avec une Anglaise. “On les a jamais vus et toi ?” “Euh… c’est ma 52ème fois lol”.
Pas de première partie ce soir, et je m’aperçois que c’est le matos au complet qu’ils ont fait venir (iPad pour J, fûts de tambours pour JFabs).
Les garçons montent sur scène pour les derniers réglages et me sortent “Ça va Anne-Sophie ?” Mes voisines hébétées “Ah, c’est comme ça ?” “Euh… oui”.
Pays-Bas obligent, nous avons le droit aux deux parties de Elfstedentocht (oui, je sais l’écrire en entier, j’aime bien la version courte et mignonne cependant). Ils étaient bien en forme en tout cas mes petits Anglais.
J’attends un bon moment à la fin jusqu’à ce que James monte sur scène et je lui demande une setlist. Les garçons prendront leur temps pour arriver au merch. Je laisse passer les gens et puis Wriggles voit ma setlist, me regarde et secoue la tête genre “Encore ?”.
J’offre à J l’album de The Anchoress en prévision de son anniversaire deux jours plus tard et me remercie pour tous les cadeaux et de les suivre un peu partout (il m’a limite fait pleurer ce con lol).
Prochain rendez-vous de loin, au Liberty Stadium de Swansea en première partie des Manics !
Neil Alden Armstrong, né le à Wapakoneta dans l’Ohio aux États-Unis et mort le à Cincinnati dans le même État, est un astronaute américain, pilote d’essai, aviateur de l’United States Navy et professeur. Il est le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune le à 2 h 56 UTC, durant la mission Apollo 11, prononçant alors une phrase restée célèbre : “That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind” (en français : “C’est un petit pas pour un homme, un pas de géant pour l’humanité”).
Armstrong obtient une licence en aéronautique à l’Université Purdue. Ses études sont momentanément interrompues en 1950 par son service militaire dans la marine de guerre des États-Unis. Il y suit une formation de pilote d’avion à réaction. Basé sur le porte-avions USS Essex, il participe à la guerre de Corée et réalise 78 missions sur des chasseurs F9F Panther. Après avoir obtenu son diplôme, il intègre, en 1955, le NACA, organisme de recherche aéronautique ancêtre de la NASA. Devenu pilote d’essai, il effectue plus de 900 vols pour mettre au point des bombardiers et des chasseurs ; il pilote également les avions-fusées expérimentaux Bell X-1B, Bell X-5 et North American X-15 (7 vols). En 1962, il rentre dans le corps des astronautes de l’agence spatiale américaine, la NASA.
En 1966, Armstrong effectue son premier vol spatial à bord de Gemini 8 et réalise le premier amarrage de deux engins spatiaux. Il est sélectionné comme commandant d’Apollo 11, la première mission à se poser sur la Lune. Le , il pilote le module lunaire Apollo qui alunit. Avec son copilote Buzz Aldrin, Armstrong réalise une sortie extravéhiculaire d’une durée de deux heures vingt qui constitue les premiers pas de l’homme sur un autre corps que la Terre. Immédiatement après sa mission, Armstrong quitte le corps des astronautes. Il occupe un temps un poste d’enseignant dans le domaine aérospatial et sert de porte-parole pour le compte de plusieurs sociétés américaines. Il est membre des commissions d’enquête formées après l’interruption de la mission Apollo 13 (1970) et l’accident de la navette spatiale Challenger (1986).
Biographie
Jeunesse et études
Neil Armstrong naît le à Wapakoneta dans l’Ohio dans une région rurale du Middle West. Il est le fils de Stephen Koenig Armstrong (né aux États-Unis en 1898 – mort en 1990) et Viola Louise Engel (née en Irlande en 1907, morte en 1990). Sa famille a des origines écossaises par son père (clan Armstrong de Langholm dont il a emporté une pièce du tartan traditionnel lors de la mission Apollo 11), irlandaise et allemande (grands-parents maternels issus de Ladbergen) par sa mère. Son père est commissaire aux comptes pour l’État de l’Ohio, sa mère femme au foyer, la famille déménageant fréquemment pour suivre les différentes affectations de Stephen Armstrong dans la région. Au cours de ses quinze premières années, Neil va ainsi habiter dans vingt localités différentes. Armstrong est l’aîné d’une fratrie de trois qui comprend sa sœur June et son frère Dean. La famille déménage une dernière fois en 1944 à Wapakoneta où elle s’installe définitivement. Armstrong pratique le scoutisme : il entre chez les Boy Scouts of America où il parvient au rang le plus élevé d’Eagle Scout. À Wapakoneta, il étudie à la Blume High School.
Dès son plus jeune âge, Neil s’intéresse à l’aviation. À 2 ans, son père l’emmène aux courses aériennes de Cleveland et à 6 ans, il fait son baptême de l’air dans un Ford Trimotor à Warren le 26 juillet 1936. Il pratique le modélisme à partir de l’âge de 8 ans et réalise différents petits jobs pour se payer des cours de pilotage sur l’Aeronca 7 Champion à l’aéroport de Wapakoneta en 1945 : il obtient son brevet de pilote le jour de son seizième anniversaire, avant même son permis de conduire. C’est également à cet âge qu’il fait ses premières observations astronomiques grâce au télescope de Jacob Zint, voisin astronome amateur. En 1947, Armstrong commence à étudier l’aéronautique à l’université Purdue. Il est seulement la deuxième personne de sa famille qui entre à l’université. Il est accepté au Massachusetts Institute of Technology (MIT), mais le seul ingénieur qu’il connaisse et qui y ait étudié, le dissuade d’y aller, lui disant qu’il n’est pas nécessaire d’étudier à Cambridge (Massachusetts) pour recevoir une éducation de qualité. Les revenus de la famille de Neil sont modestes et les frais de scolarité pour l’université sont financés par le Plan Holloway. Celui-ci prend en charge le règlement de six années d’études en échange d’un temps de service de trois ans dans la Marine de guerre américaine. À Purdue, il obtient des notes qui le placent onzième parmi ses 78 camarades de classe.
Service dans la marine
Neil Armstrong est appelé pour effectuer son service militaire dans la marine le . Il suit une formation de pilote au Naval Air Station Pensacola durant dix-huit mois et obtient en août 1950 son diplôme de pilote d’avion à réaction embarqué sur porte-avions alors qu’il a tout juste 20 ans. Il est alors affecté à la base de Naval Air Station North Island (son appellation actuelle) située à San Diego au sud de la Californie. Peu après, il est intégré dans l’escadrille 51 composée de chasseurs embarqués Grumman F9F-2B Panther. Il réalise son premier vol sur ce type d’appareil le et, six mois plus tard, réalise son premier appontage sur l’USS Essex. Cet événement lui permet d’être promu enseigne de vaisseau. Peu après l’Essex, avec à son bord l’escadrille de Armstrong, met le cap sur la Corée pour soutenir les forces de l’ONU engagées dans la guerre de Corée. Le squadron d’Armstrong a pour mission d’effectuer des attaques au sol.
Armstrong réalise son premier vol au-dessus de la zone de conflit le : il escorte un avion de reconnaissance photo sur Sŏngjin (Kimch’aek). Cinq jours plus tard, son avion est abattu au cours d’une mission d’attaque au sol. Neil devait bombarder une zone de stockage de marchandises et un pont situés au sud du village de Majon-ni, à l’ouest de Wonsan. Durant son passage à basse altitude à une vitesse d’environ 560 km/h son F9F Panther est touché par des projectiles de l’artillerie antiaérienne. Alors qu’il tente de reprendre le contrôle de son avion, il perd environ un mètre de l’extrémité de son aile droite cisaillée par un câble qui a été tendu à une hauteur d’environ 6 mètres au-dessus de la vallée. Armstrong parvient néanmoins à ramener son avion en territoire “ami”. Il ne peut atterrir sans risque car il a perdu un de ses ailerons. Il choisit de s’éjecter au-dessus d’un plan d’eau situé près de Pohang et d’attendre ensuite les hélicoptères de secours. Poussé par le vent après s’être éjecté, il se pose sur la terre ferme et est recueilli par une jeep conduite par un de ses camarades de chambrée de l’école de pilotage. L’épave du F9F-2 n°125122 n’a pas été retrouvée.
Au cours de la guerre de Corée, Armstrong réalise 78 missions et totalise 121 heures en vol, la plupart effectuées en janvier 1952. Il reçoit l’Air Medal pour ses 20 premières missions de combat, la Gold Star pour les 20 suivantes, et la Korean Service Medal, ainsi que l’Engagement Star. Armstrong quitte la Marine le et est versé dans la réserve de la Marine de guerre américaine avec le grade de Lieutenant, Junior Grade (enseigne de vaisseau de première classe).
Armstrong retourne à l’université Purdue pour poursuivre ses études. Il effectue ses meilleurs semestres durant cette deuxième partie de sa scolarité et sa dernière moyenne est de 4,8 sur 6,0. Il achève ses études en 1955 en obtenant une licence en sciences dans le domaine de l’aérospatiale.
Pilote d’essai
Après avoir obtenu son diplôme de Purdue, Armstrong décide de devenir pilote d’essai. Il postule auprès de la NACA, organisme de recherche aéronautique ancêtre de la NASA, qui effectue à la fois des recherches théoriques et pratiques. Sa candidature est retenue et il y entre en mars 1955. La NACA n’ayant pas besoin de pilotes au moment de son embauche, il travaille brièvement au Lewis Flight Propulsion Laboratory du Glenn Research Center à Cleveland, Ohio, avant d’intégrer le centre de recherche aéronautique de la NACA sur la base d’Edwards, le site des essais en vol en juillet 1955.
Pour sa première journée à la base d’Edwards, Armstrong pilote un avion suiveur. Il vole par la suite sur des bombardiers reconvertis et, au cours d’une de ces missions, connaît son premier incident en vol à Edwards. Le , Armstrong est pilote dans le siège droit d’un Boeing B-29 Superfortress qui doit larguer un avion-fusée Douglas Skyrocket D-558-2. Au poste qu’il occupe, Armstrong a la responsabilité de la libération de la charge utile (l’avion-fusée), tandis que le pilote de gauche, Stan Butchart, commande le vol du B-29 quadrimoteur. En montant à 30 000 pieds (9 km), le moteur numéro quatre commence à ralentir puis, au contraire, s’emballe. Le moteur ne peut être arrêté et il menace de se désintégrer. L’avion a besoin de maintenir une vitesse de 338 km/h pour pouvoir libérer la Skyrocket, et il ne peut atterrir avec l’engin non largué. Armstrong et Butchart font piquer leur avion, pour accélérer et pouvoir libérer la Skyrocket juste avant que le moteur ne se désintègre. Des morceaux de celui-ci endommagent deux autres moteurs. Butchart et Armstrong sont contraints d’arrêter le moteur numéro trois en raison des dommages, et le moteur numéro un en raison du couple créé (les deux moteurs qui fonctionnent se trouvent du même côté). Ils réalisent une lente descente en spirale de 9 000 m en utilisant uniquement le moteur numéro deux, et parviennent à se poser sans dommage.
Armstrong réalise son premier vol dans un avion fusée, le , avec le Bell X-1B, à une altitude de 18,3 km. Le train d’atterrissage se brise à l’atterrissage, ce qui était déjà arrivé sur une dizaine de vols précédents, en raison de la conception de l’avion. Il effectue son premier vol sur le North American X-15 le , monte à cette occasion à une altitude de 14,9 km et atteint une vitesse maximale de Mach 1,75 (1 810 km/h).
En novembre 1960, Armstrong est choisi dans le cadre du projet X-20 Dyna-Soar, un corps portant militaire préfigurant la navette spatiale américaine et y participe jusqu’au bout, pendant près de 18 mois. Le , il est nommé un des six pilotes-ingénieurs, mais le projet est arrêté peu après.
Armstrong a été impliqué dans plusieurs incidents qui ont marqué le folklore de la base d’Edwards ou qui ont été cités par ses collègues. Le premier de ces incidents est un vol sur North American X-15, le , au cours duquel Armstrong devait tester un système de contrôle pouvant s’ajuster automatiquement. Il monte jusqu’à une altitude de 63 km mais, durant la descente, maintient le nez de son appareil trop longtemps levé, si bien que son appareil “rebondit” jusqu’à une altitude de 43 km. À cette altitude, l’atmosphère est si ténue que les surfaces aérodynamiques n’ont pas d’effet. Durant la phase de descente, l’avion-fusée se comporte comme un planeur car il ne dispose d’aucune propulsion. À la suite de cette mauvaise manœuvre, il passe au-dessus de sa piste d’atterrissage à Mach 3 (3 200 km/h) et à plus de 30,5 km d’altitude. Selon la légende, il parvient à faire virer son appareil alors qu’il est éloigné de 72 km de la base Edwards, au niveau du Rose Bowl Stadium. Il parvient à ramener son avion près de la zone d’atterrissage, mais arrive tout juste à atterrir en posant ses roues à l’extrémité de la piste. Cela a été le plus long vol de X-15 en durée et en éloignement depuis la piste.
Un deuxième incident se produit au cours d’un vol qu’Armstrong réalise avec Chuck Yeager, quatre jours après son aventure avec le X-15. Les deux pilotes sont à bord d’un Lockheed T-33 Shooting Star et doivent tester si le Smith Ranch Dry Lake peut servir de piste d’atterrissage d’urgence pour le X-15. Dans son autobiographie, Yeager écrit qu’il savait et avait averti son coéquipier que le lac n’était pas utilisable pour les atterrissages, après les pluies qui venaient de se produire, mais qu’Armstrong avait insisté pour effectuer ce test. Alors que l’avion effectue un atterrissage de type “Touch-and-go”, les roues restent bloquées et ils ne parviennent pas à redécoller. Les deux hommes sont obligés d’attendre les secours. Armstrong raconte une version différente des événements : selon celle-ci, Yeager n’a jamais essayé de le prévenir et l’avion a effectué un premier atterrissage réussi sur le côté est de la zone. Yeager lui aurait alors demandé d’effectuer une deuxième tentative à une vitesse moins élevée. C’est au cours de ce deuxième essai que l’avion aurait été immobilisé, déclenchant, selon Armstrong, l’hilarité de Yeager.
Beaucoup de pilotes d’essai à Edwards ont loué les talents d’ingénieur d’Armstrong. Milt Thompson a déclaré qu’il était “le plus technicien des premiers pilotes de X-15” et Bruce Peterson a dit d’Armstrong qu’il avait “un esprit qui absorbait des choses comme une éponge”. Ceux qui venaient de l’Armée de l’Air américaine avaient tendance à avoir une opinion différente, en particulier des pilotes comme Chuck Yeager et Pete Knight, qui n’avaient pas de diplôme d’ingénieur. Knight a dit que les pilotes-ingénieurs volaient d’une manière qui était “plus mécanique” et expliquait que c’était pour cette raison que certains pilotes-ingénieurs rencontraient des problèmes en vol : leurs compétences de pilote n’étaient pas innées.
Le , Armstrong est impliqué dans “l’affaire Nellis”. Il est envoyé dans un Lockheed F-104 Starfighter pour inspecter le Delamar Dry Lake, là encore pour vérifier si celui-ci permet les atterrissages d’urgence. Il a mal évalué son altitude et ne s’est pas rendu compte que son train d’atterrissage n’était pas complètement déployé. En touchant le sol, le train d’atterrissage commence à se rétracter. Armstrong met plein gaz pour reprendre de l’altitude, mais la partie ventrale de l’avion et les portes du train d’atterrissage heurtent le sol ce qui déclenche une fuite de liquide hydraulique et endommage également la radio. Armstrong se dirige alors vers la Nellis Air Force Base et, en l’absence de communication radio, survole la tour de contrôle en “battant des ailes” pour signaler qu’il va effectuer une tentative d’atterrissage sans disposer de radio. La perte de fluide hydraulique entraîne la libération du crochet d’appontage (utilisé sur les porte-avions), et celui-ci se prend dans un câble qui entraîne une chaîne d’ancre. Il faut près de trente minutes pour dégager la piste et réparer le câble. Pendant ce temps, Armstrong téléphone à Edwards et demande que quelqu’un vienne le chercher. Milt Thompson est envoyé à bord d’un F-104B, le seul avion biplace disponible, mais que Thompson n’avait jamais piloté. Thompson parvient non sans difficultés à Nellis, mais l’avion effectue un atterrissage dur car il souffle, à ce moment-là, un vent de travers violent, et un des pneus du chasseur éclate. La piste est de nouveau fermée afin d’être dégagée. Bill Dana est envoyé à son tour à Nellis, cette fois-ci dans un Lockheed T-33 Shooting Star, mais il atterrit presque trop long. Le commandement de la base de Nellis décide que le mieux est de trouver un véhicule terrestre pour rapatrier les trois pilotes, afin d’éviter un nouveau problème.
Armstrong a effectué sept vols sur North American X-15, au cours desquels il a atteint une altitude de 63 km (207 500 pieds) et une vitesse de 6 615 km/h (Mach 5,74) à bord du X-15-1. Lorsqu’il abandonne sa fonction de pilote d’essais, il a réalisé plus de 2 450 heures de vol sur plus de 200 appareils différents (dont des avions à réaction, des hélicoptères et des planeurs).
Astronaute à la NASA et premiers entraînements
La vocation d’astronaute d’Armstrong ne résulte pas d’une décision instantanée. En mai 1958, il est sélectionné pour faire partie du programme Man In Space Soonest de l’Armée de l’Air américaine. En mai 1960, il devient un des pilotes consultants pour le projet Dyna Soar et, en mars 1962, il est désigné comme un des six pilotes ingénieurs susceptibles de piloter l’avion dans l’espace si ce projet se concrétise. Au cours des mois qui suivent l’annonce du recrutement du Groupe d’astronautes 2 par la NASA, il est de plus en plus enthousiasmé par le programme Apollo et par la perspective de découvrir un nouvel environnement aéronautique. Mais la candidature d’Armstrong arrive environ une semaine après la date limite fixée au 1er. Dick Day, avec qui Armstrong avait collaboré étroitement à la base d’Edwards et qui travaillait à ce moment-là au Manned Spacecraft Center, voyant l’arrivée tardive de son dossier, le glisse dans la pile des candidatures à étudier sans que personne ne le remarque. Armstrong passe en juin à la Brooks City-Base, l’examen médical que la plupart des candidats décrivait comme douloureux et parfois inutile.
Le Deke Slayton a appelé Armstrong et lui a demandé s’il voulait faire partie du Groupe d’astronautes 2 baptisé par la presse américaine “The New Nine” (les neuf nouveaux). Armstrong a accepté sans hésitation. Les résultats des sélections ont été gardés secrets durant trois jours, mais les journaux avaient annoncé, depuis le milieu de l’été, qu’un des candidats retenus serait le “premier astronaute civil”. Armstrong est le premier astronaute américain qui ne soit pas militaire d’active au moment de sa sélection.
Programme Gemini
Gemini 8
Les astronautes de la mission Gemini 8 sont désignés le : Armstrong est le commandant et David Scott le pilote. Ce dernier est le premier membre du groupe d’astronautes 3 à recevoir une place dans l’équipage titulaire d’une mission spatiale. La mission est lancée . Celle-ci est la plus complexe réalisée jusque là, avec un rendez-vous et un amarrage du vaisseau Gemini avec l’étage de fusée Agena et une activité extravéhiculaire (EVA) qui constitue la deuxième sortie américaine et la troisième en tout, réalisée par Scott. La mission doit durer 75 heures et le vaisseau doit effectuer 55 orbites. Après le lancement de l’étage-cible Agena à 15h00 UTC, la fusée Titan II GLV transportant Armstrong et Scott décolle à 16h41 UTC. Une fois en orbite, la poursuite de l’étage Agena par le vaisseau Gemini 8 s’engage.
Le premier rendez-vous et l’amarrage entre les deux engins qui constitue une première sont réalisés avec succès, après 6 heures et trente minutes passées en orbite. Le contact du centre de contrôle avec l’équipage est intermittent car les stations terrestres ne permettent qu’une couverture partielle de l’orbite. Pendant une de ces périodes sans liaison radio avec le sol, l’engin spatial commence à tourner sur lui-même. Armstrong essaie de corriger, sans y parvenir, ce problème d’orientation avec les moteurs fusées dédiés au contrôle d’attitude faisant partie de l’Orbital Attitude Maneuvering System (OAMS). Comme suggéré auparavant par le centre de contrôle, les astronautes choisissent de désamarrer leur vaisseau de l’étage Agena mais ne constatent aucune amélioration : la vitesse de rotation s’est encore accrue atteignant un tour par seconde. L’équipage comprend alors que l’origine du problème provient du système de contrôle d’attitude du vaisseau Gemini. Armstrong décide de désactiver le système de contrôle d’attitude OAMS et d’initialiser les rétrofusées RCS. Les procédures imposaient qu’une fois le système RCS activé, l’engin devait entamer sa rentrée sur Terre dès que possible. Il a été démontré par la suite qu’une connexion électrique endommagée avait bloqué en position allumée un des moteurs-fusées utilisé pour le contrôle d’attitude.
Quelques personnes, dont Walter Cunningham, ont déclaré publiquement par la suite que Scott et Armstrong n’avaient pas suivi les procédures en vigueur pour un tel incident et qu’Armstrong aurait pu sauver la mission s’il avait activé une seule des deux grappes de rétrofusées RCS (il y a avait une deuxième grappe en cas de défaillance de la première). Ces critiques sont sans fondement car aucune procédure n’a été écrite pour une telle défaillance, et il est seulement possible d’activer les deux grappes de rétrofusées RCS simultanément et pas l’une ou l’autre. Gene Kranz a écrit : “L’équipage a réagi conformément à sa formation, et ils ont mal réagi parce que nous les avions mal formés”. Les planificateurs et les contrôleurs de la mission n’avaient pas réalisé que lorsque deux engins spatiaux sont amarrés ensemble, ils doivent être considérés comme un seul et même véhicule spatial.
Armstrong a été déprimé et irrité que le vol ait été écourté : la plupart des objectifs de la mission n’avaient pas été remplis et Scott n’avait pu effectuer sa sortie extravéhiculaire. Armstrong n’a pas été mis au courant des critiques des autres astronautes, mais il s’est rendu compte après le vol que les moteurs de contrôle d’attitude du vaisseau Gemini auraient pu être désactivés lors de l’amarrage avec l’étage Agena, et que le système de contrôle d’attitude de l’Agena aurait peut-être pu suffire pour stabiliser l’ensemble.
Gemini 11
La dernière mission d’Armstrong lors du programme Gemini a été en tant que pilote-commandant de l’équipage de remplacement de Gemini 11, laquelle était prévue deux jours après l’atterrissage de Gemini 8. Ayant déjà reçu une formation pour les deux vols, Armstrong était très bien formé sur les systèmes et aurait été le mieux placé pour assister le pilote novice William Anders désigné avec lui. Mais l’équipage de remplacement n’a pas été mobilisé et c’est l’équipage titulaire formé par Pete Conrad et Dick Gordon qui a été lancé le . Les deux hommes ont pu remplir tous les objectifs de la mission, tandis qu’Armstrong a assuré les fonctions de Capsule Communicator (CAPCOM).
Après le vol, le président américain Lyndon Johnson a demandé à Armstrong et à sa femme de prendre part à une tournée de 24 jours en Amérique du Sud destinée à promouvoir les relations avec les États-Unis. Les Armstrong étaient accompagnés de Dick Gordon, George Low, leurs épouses et d’autres fonctionnaires du gouvernement. Ils ont voyagé dans onze pays et quatorze grandes villes. Armstrong a impressionné tous les participants en saluant les dignitaires dans leur propre langue. Au Brésil, il a parlé des exploits d’Alberto Santos-Dumont, qui est considéré dans ce pays comme le premier à avoir volé avec un aéronef “plus lourd que l’air” devançant les Américains Orville et Wilbur Wright.
Programme Apollo
Lorsqu’éclate l’incendie d’Apollo 1 le , qui est fatal aux astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, Armstrong est en déplacement à Washington avec Gordon Cooper, Dick Gordon, Jim Lovell et Scott Carpenter pour la signature du Traité de l’espace de l’Organisation des Nations unies. Armstrong et le groupe passent le reste de la nuit à boire et à spéculer sur l’origine de l’accident. Le , le jour même où la mission d’enquête sur l’incendie d’Apollo 1 a publié son rapport, Armstrong et dix-sept autres astronautes sont conviés à une réunion avec Deke Slayton. Slayton leur annonce que “les gars qui vont participer à la première mission lunaire sont ceux de cette salle”. Selon Eugene Cernan, Armstrong ne se montre pas particulièrement surpris car ceux qui sont présents sont les vétérans du programme Gemini et donc les seules personnes susceptibles de participer aux missions lunaires. Slayton parle des missions prévues et nomme Armstrong comme membre de l’équipage réserve d’Apollo 9 qui, à ce stade, est planifié pour être une mission en orbite terrestre moyenne destinée à tester le fonctionnement conjoint du module lunaire Apollo et du module de commande et de service Apollo. À la suite de retards dans la conception et la fabrication du module lunaire, Apollo 9 et Apollo 8 ont échangé leurs équipages. Sur la base du système de rotation des équipages, Armstrong doit commander la mission Apollo 11.
Pour que les astronautes puissent acquérir de l’expérience en vol sur le module lunaire Apollo, deux atterrisseurs lunaires expérimentaux dits Lunar Landing Research Vehicles (LLRV) sont construits par Bell Aircraft Corporation. Par la suite trois Lunar Landing Training véhicules (LLTV) jouant le même rôle sont construits. Surnommés les “sommiers volants”, ils simulent la gravité lunaire en utilisant un turboréacteur à flux qui annule une partie du poids de l’engin. Le , à environ 30 m du sol, Armstrong a un problème technique sur l’engin. Il parvient à s’éjecter à temps mais a frôlé la mort en raison de la proximité du sol et du temps d’ouverture du parachute. Sa seule blessure est de s’être mordu la langue. Peu rancunier, Armstrong soulignera par la suite l’importance de l’expérience acquise avec ces vols simulés pour la réussite des atterrissages sur la Lune.
Apollo 11
Armstrong est désigné comme commandant de l’équipage de remplacement de la mission Apollo 8 mais c’est l’équipage titulaire qui effectue la mission. Le Slayton annonce à Armstrong qu’il a été choisi comme commandant d’Apollo 11, la première mission qui pourrait atterrir sur la Lune. Les deux autres membres de l’équipage sont Buzz Aldrin qui doit être pilote du module lunaire et Michael Collins, pilote du module de commande. Au cours d’un entretien, dont l’existence a seulement été dévoilée par la publication de la biographie d’Armstrong en 2005, Slayton propose à Armstrong, s’il le souhaite, de remplacer Aldrin par Jim Lovell. Après y avoir réfléchi une journée, Armstrong a répondu à Slayton qu’il allait garder Aldrin, car il n’avait aucune difficulté à travailler avec lui et pensait que Lovell méritait d’avoir son propre commandement. En effet, le remplacement d’Aldrin par Lovell, poste pour poste, aurait officieusement classé Lovell en numéro trois sur l’équipage, chose qui ne pouvait pas se justifier selon Armstrong pour un vétéran comme Lovell qui avait déjà effectué trois vols dans l’espace.
Aldrin pensait qu’il serait le premier à poser un pied sur la Lune, compte tenu de son expérience dans le programme Gemini, de la répartition des rôles des pilotes et du temps qu’il avait passé à se former. Toutefois, le choix du premier homme à marcher sur la Lune a été remis en question du fait de l’agencement du module et de la prééminence naturelle du commandant. En mars 1969, une rencontre a eu lieu entre Slayton, George Low, Bob Gilruth et Chris Kraft au cours de laquelle il a été décidé qu’Armstrong serait la première personne à marcher sur la Lune. Au cours d’une conférence de presse, qui a eu lieu le , Slayton a donné comme raison principale au choix d’Armstrong l’architecture intérieure du module lunaire (l’écoutille une fois ouverte constituait un obstacle difficilement franchissable pour Aldrin). Slayton a ajouté : “Ensuite, d’un simple point de vue protocolaire, il me semble normal que le commandant soit le premier gars à sortir… J’ai changé cela dès que cette question a été mise à l’ordre du jour. Bob Gilruth a approuvé ma décision”. Mais comme l’a révélé l’autobiographie de Kraft publiée en 2001, à l’époque où la décision avait été prise, les quatre hommes à l’origine de celle-ci n’étaient pas au courant du problème créé par l’architecture intérieure du module. Une autre hypothèse pourrait expliquer le choix d’Armstrong : celui-ci était civil (NASA) et non militaire (USAF) comme ses deux compagnons. Armstrong semblait effectivement un bon choix : Mister Cool comme le surnommaient ses collègues, était “réputé pour son humour décalé mais surtout son sang-froid, son calme [et] sa capacité à prendre la bonne décision”. Enfin le choix d’un civil plutôt qu’un militaire pourrait être un signe de paix de l’exécutif américain en pleine guerre froide et guerre du Viêt Nam.
Transit vers la Lune et atterrissage
Le à 13h32 UTC le lanceur Saturn V, pesant plus de 3 000 tonnes, décolle du complexe de lancement 39 de Cap Canaveral en emportant Neil Armstrong et ses coéquipiers à bord du vaisseau Apollo 11. Au début du décollage le pouls d’Armstrong atteint un maximum de 109 battements par minute. Il trouve le premier étage de la fusée très bruyant, beaucoup plus que celui des fusées Titan II GLV utilisés pour Gemini 8. Par contre le module de commande et de service Apollo lui semble particulièrement spacieux par rapport à la capsule Gemini. Certains spécialistes pensent que le volume habitable disponible est à l’origine du “mal de l’espace” qui a frappé les membres de l’équipage de la mission précédente, mais aucun des équipiers de l’équipage d’Apollo n’en souffre. Armstrong en est particulièrement heureux, car il était sujet, enfant, à la cinétose et pouvait avoir des nausées après de longues périodes de mouvements.
Après un transit entre la Terre et la Lune d’une durée de quatre jours sans anomalie, Armstrong et Aldrin embarquent à bord du module lunaire Apollo, baptisé Eagle pour entamer leur descente vers le sol lunaire. L’objectif d’Apollo 11, mission pionnière, est de limiter les risques. Pour l’atterrissage, l’équipage a pour consigne de privilégier la sécurité par rapport à la précision.
L’ordinateur de bord gère le pilote automatique, assure la navigation et optimise la consommation de carburant (optimisation sans laquelle il serait difficile de se poser avec la faible quantité de carburant disponible). Sa puissance est équivalente à celle d’une calculatrice bas de gamme des années 2000.
Durant la phase de descente, l’équipage est gêné par une alarme “1202” émise par l’ordinateur de bord et qui, en simulation, était d’un type menant habituellement à l’annulation de la mission. Le jeune Steve Bales, l’un des programmeurs de l’ordinateur de bord, présent à Houston, détermine que l’alarme correspond à une saturation mémoire et peut être ignorée, et après 30 longues secondes, Houston confirme que la mission peut se poursuivre. Une analyse plus approfondie révèlera que cette saturation provenait des signaux du radar de rendez-vous qui était inutile dans la phase de descente et aurait dû normalement être désactivé à ce stade de la mission. Or, à la suite d’une erreur dans la préparation à Terre, la liste de contrôle que devaient suivre Armstrong et Aldrin ne mentionnait pas la nécessité d’effectuer cette désactivation (ultérieurement, Steve Bales sera reçu à la Maison-Blanche par le président Nixon et remercié d’avoir ainsi sauvé la mission).
Accaparé par ces alarmes, Armstrong laisse passer le moment où, selon la procédure, il aurait dû exécuter une dernière manœuvre de correction de la trajectoire. Le LEM dépasse de 7 km le site sélectionné pour l’atterrissage (“Site n° 2”) et s’approche d’une zone encombrée de rochers. Armstrong n’a pas le temps d’étudier la situation avec Houston et de reconfigurer l’ordinateur de bord. Il prend le contrôle manuel du module lunaire pour survoler à l’horizontale le terrain à la recherche d’un site adapté à l’atterrissage. À Houston, on est inquiet de la durée anormalement longue de l’atterrissage, et l’abandon de la mission est de nouveau envisagé. Lorsque s’affiche le signal indiquant qu’il ne reste plus que 60 secondes de carburant, le LEM est désormais très proche du sol et soulève un nuage de poussière qui gêne la visibilité. Armstrong avait déjà posé le simulateur du LEM, le LLTV, avec moins de quinze secondes de carburant restant à plusieurs reprises et était, par ailleurs, convaincu que le module lunaire pouvait résister à une chute de 15 m en cas de besoin. À la recherche d’une zone non accidentée, Armstrong fait avancer le LEM en rasant le sol dans la direction de sa fenêtre afin d’avoir le nuage derrière lui et de garder de la visibilité, pendant qu’Aldrin indique l’altitude, la vitesse horizontale et les secondes de carburant restant.
Le module lunaire Eagle se pose dans la mer de la Tranquillité le 20 juillet 1969 à 20:17:40 UTC (15 h 17 min 40 s CDST, heure de Houston), avec 20 secondes restant du propergol réservé à l’atterrissage, à 7 km du lieu prévu à l’origine.
Les premiers mots d’Armstrong destinés au contrôle de la mission sont : “Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri…” Armstrong et Aldrin se félicitent d’une poignée de main et une tape dans le dos avant d’entamer la check-list destinée à vérifier que le module est prêt pour un décollage d’urgence si la situation le justifie. À Houston, le CAPCOM Charlie Duke s’exclame : “Reçu, Tranquillité. Nous comprenons que vous vous êtes au sol. Vous aviez un paquet de types en train de devenir bleus. On respire à nouveau, merci”, trahissant la nervosité qui régnait au contrôle de mission.
Premier pas sur la Lune
Le plan de vol établi par la NASA prévoyait une période de repos de l’équipage immédiatement après les vérifications qui suivaient l’atterrissage. Mais Armstrong demande que la sortie extravéhiculaire sur le sol lunaire se fasse plus tôt. Les deux astronautes doivent s’équiper et lorsque Armstrong et Aldrin sont prêts à sortir il s’est écoulé près de six heures depuis qu’Eagle s’est posé sur la Lune. La cabine est dépressurisée et l’écoutille est ouverte. Armstrong descend d’abord en utilisant l’échelle située sur le flanc du module. Arrivé au dernier échelon, il déclare : “Je vais descendre du LEM (module lunaire) maintenant”. Avant de se tourner et de poser son pied gauche sur la surface lunaire, le 21 juillet 1969 à 2 h 56 UTC, il prononce la phrase restée célèbre qu’il avait préparée quelques heures auparavant : “That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind” ; ce qui peut se traduire par : “C’est un petit pas pour [un] homme, [mais] un bond de géant pour l’humanité”.
Note sur la citation : le “a” dans “step for [a] man” est indiqué entre crochets car il n’a pas été prononcé (ou entendu) à l’époque, ce qui créait un pléonasme car man (l’homme) est synonyme de mankind (l’humanité). Néanmoins, si les médias français titraient à l’époque “Un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité, le sens des paroles d’Armstrong, mettant en parallèle son petit pas et le bond de géant pour l’humanité que représentait l’arrivée de l’espèce humaine sur la Lune, était implicitement parfaitement compris. Armstrong dit plus tard : “j’espère que l’Histoire me pardonnera d’avoir enlevé la syllabe et comprendra que ce ne fut pas volontaire. Même si la syllabe ne fut pas dite, elle aurait aussi bien pu l’être”. Une analyse numérique de l’enregistrement audio, réalisée par l’informaticien australien Peter Shann Ford, révélerait la présence de la syllabe “a” manquante, qui aurait été inaudible en raison des limites technologiques des communications de l’époque. Ford et James R. Hansen, biographe d’Armstrong, ont présenté ces résultats à Armstrong et aux représentants de la NASA, mais l’article de Ford a été publié sur son propre site Web et non dans une revue soumise à relecture par des pairs scientifiques. Des linguistes comme David Beaver et Mark Liberman considèrent avec scepticisme les affirmations de Ford. Quoi qu’il en soit, Armstrong a exprimé sa préférence pour que cette citation soit écrite avec le “a” entre parenthèses et la transcription de ses paroles sur le site de la NASA est conforme à ce souhait.
Depuis, certains ont affirmé que l’analyse acoustique de l’enregistrement révélait la présence du mot manquant. Une analyse audio numérique réalisée par Peter Shann Ford, un informaticien australien, a fait valoir qu’Armstrong dit en fait “un homme”, mais le “un” était inaudible en raison des limitations de la technologie des communications de l’époque. Ford et James R. Hansen, biographe d’Armstrong, a présenté ces résultats à Armstrong et aux représentants de la NASA mais l’article de Ford a été publié sur son propre site Web et non dans une revue soumise à relecture par des pairs scientifiques. Des linguistes comme David Beaver et Mark Liberman considèrent avec scepticisme les affirmations de Ford. Armstrong a exprimé sa préférence pour que cette citation soit écrite avec le “un” entre parenthèses et la transcription de ses paroles sur le site de la NASA est conforme à ce souhait.
Lorsque Armstrong fait son annonce, les échanges radio entre l’équipage et la mission au sol sont diffusés en direct par la Voix de l’Amérique, par la BBC ainsi que par de nombreuses autres radios dans le monde entier. On estime que près de 450 millions d’auditeurs sur une population mondiale estimée de 3,631 milliards de personnes suivent la sortie d’Armstrong en direct, soit 13 % de la population mondiale.
Vingt minutes après la sortie d’Armstrong, Aldrin pose à son tour le pied sur le sol lunaire. Les deux hommes dévoilent une plaque commémorant leur vol, fixée sur l’étage de descente qui doit rester sur le sol lunaire puis plantent le drapeau des États-Unis. Celui-ci possède une armature faite d’une tige métallique pour le maintenir horizontalement faute d’atmosphère et donc de vent. L’apparence ondulée, chiffonnée, identique sur toutes les photos, vient de la manière dont il avait été plié et emballé pendant le voyage. Sur Terre, une discussion a eu lieu sur la pertinence de planter un drapeau, mais ce point n’a pas préoccupé Armstrong qui pensait que tout le monde aurait fait de même. Slayton avait averti Armstrong qu’ils recevraient une communication spéciale, mais ne lui avait pas dit que ce serait le président Richard Nixon qui serait en contact avec eux, juste après la mise en place du drapeau.
Il n’existe que cinq photos d’Armstrong sur la Lune : le déroulement des tâches était programmé à la minute et la majorité des photos devaient être réalisées par Armstrong à l’aide de l’unique appareil Hasselblad disponible. Après avoir aidé à mettre en place les expériences scientifiques du Apollo Lunar Surface Experiments Package, Armstrong effectue une brève excursion vers un cratère situé à 60 m à l’est du module lunaire et qui est East Crater. C’est la plus longue distance parcourue durant la mission. La dernière tâche d’Armstrong est de laisser un petit paquet d’objets en mémoire des défunts cosmonautes soviétiques Youri Gagarine et Vladimir Mikhaïlovitch Komarov, et des astronautes d’Apollo 1“Gus” Grissom, “Ed” White et Roger Chaffee. Le temps consacré à la sortie de l’équipage d’Apollo 11 sur le sol lunaire a été limité à environ deux heures et trente minutes ; c’est la plus courte sortie des six missions Apollo. Les sorties des missions suivantes seront de plus en plus longues et, à titre d’exemple, l’équipage d’Apollo 17, la dernière mission lunaire, passera plus de 21 heures à explorer la surface lunaire.
Retour sur Terre
Les deux astronautes ont récolté 21,7 kg d’échantillons de sol lunaire et la sortie extravéhiculaire a duré 2h31 durant laquelle ils ont parcouru 250 mètres. Alors que Buzz Aldrin réintègre le module lunaire, il casse par inadvertance dans l’habitacle étroit l’interrupteur permettant de mettre à feu le moteur de l’étage de remontée du LEM. Comme il s’agit d’un bouton poussoir, Aldrin se sert de la pointe d’un stylo pour l’enclencher, et permettre aux deux astronautes de quitter la Lune. Le décollage depuis la Lune a lieu 124h22 après le début de la mission. Le drapeau américain, planté trop près du module lunaire, est couché par le souffle du décollage. Les astronautes sont restés 21 heures et 36 minutes sur la Lune. Le LEM effectue avec succès la manœuvre de Rendez-vous en orbite lunaire avec le module de commande et de service Columbia resté en orbite lunaire avec Collins à son bord.
Le module de service est largué 15 minutes avant d’entamer la rentrée atmosphérique. Le vaisseau pénètre dans l’atmosphère à environ 11 km/s et amerrit 15 minutes plus tard à 16 h 50 min 59 s TU dans l’océan Pacifique à 3 km du point visé : l’amerrissage a lieu à 2 660 km à l’est de l’atoll de Wake et à 380 km au sud de l’Atoll Johnston. Le porte-avion USS Hornet chargé de récupérer l’équipage se trouve à 22 km du point d’amerrissage. Il s’est écoulé 195 heures et 19 minutes depuis que le vaisseau a décollé.
Sur Terre
Les trois astronautes sont mis en quarantaine pendant 21 jours, une pratique qui perdura pendant les trois missions Apollo suivantes, avant que la Lune ne soit déclarée stérile et sans danger de contamination.
Le 16 septembre, une conférence de presse télévisée est organisée durant laquelle l’équipage décrit la mission puis répond aux question des journalistes.
Du 29 septembre au 5 novembre, les astronautes se rendent dans 23 pays à l’occasion d’une tournée mondiale.
Armstrong participe à des spectacles de Bob Hope de l’United Service Organizations destinés à soutenir le moral des troupes américaines principalement au Viêt Nam.
En mai 1970, Armstrong se rend en Union des républiques socialistes soviétiques pour présenter un exposé lors de la 13ème conférence annuelle du Comité international de la recherche spatiale. Arrivé à Leningrad (Saint-Pétersbourg) en provenance de Pologne, il se rend à Moscou où il rencontre le Premier ministre Alexis Kossyguine. Il est le premier Occidental à voir le supersonique Tupolev Tu-144 et à visiter le Centre d’entraînement des cosmonautes Youri Gagarine. À la fin de la journée, il assiste surpris à la retransmission en différé du lancement du vaisseau Soyouz 9 dont il ignorait tout alors que l’équipage comprenait Andrian Nikolaïev, le mari de son hôtesse Valentina Terechkova.
Le 10 juillet 1979, pour le Xème anniversaire de la mission Apollo XI, Neil Armstrong est invité aux Dossiers de L’Écran pour témoigner de son exploit.
Par la suite il restera à l’écart de la vie publique, refusant les interviews. Il avait décidé de ne plus signer d’autographes, scandalisé par le trafic qu’ils suscitaient pour d’importantes sommes d’argent à la clé.
Suite de carrière
Enseignant
Armstrong est nommé Deputy Associate Administrator pour l’aéronautique au Bureau de technologie et de recherche avancé (Office of Advanced Research and Technology), futur Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA). Il occupe ce poste pendant treize mois puis démissionne de la NASA en août 1971. Il accepte un poste de professeur au département de génie aérospatial de l’université de Cincinnati.
Il a choisi Cincinnati plutôt que d’autres universités, y compris son alma mater Purdue, car dans cette université le département de génie aérospatial a une taille modeste. Il espère que les membres de cette faculté ne seront pas dérangés par le fait qu’il occupe ce poste de professeur avec sa seule maîtrise de l’USC. Il avait commencé son mémoire lorsqu’il était à Edwards des années auparavant, et il en termine la rédaction après Apollo 11 en se basant sur divers aspects de la mission au lieu de présenter une thèse sur le vol hypersonique. Le titre de sa chaire à Cincinnati est professeur d’ingénierie aérospatiale. Après avoir enseigné pendant huit ans, il démissionne en 1979 en raison d’autres engagements, mais également à cause des changements intervenus dans la structure de l’université qui passe sous le contrôle de l’État.
L’université Purdue, quant à elle, est resté un important vivier pour les futurs astronautes au point d’être surnommée le cradle of astronauts (“berceau des astronautes”).
Participation aux commissions d’enquête des accidents d’Apollo 13 et de Challenger
Armstrong a participé à deux commissions d’enquêtes formées pour analyser les raisons d’accidents de vols spatiaux. La première en 1970, après Apollo 13. Pour Edgar Cortwright, il a produit une chronologie détaillée du vol. Armstrong s’oppose aussi personnellement à la recommandation du rapport de revoir la conception des bonbonnes d’oxygène du module de service qui étaient l’origine de l’explosion. En 1986, le président des États-Unis Ronald Reagan le nomme vice-président de la Commission Rogers formée pour enquêter sur les causes de l’accident de la navette spatiale Challenger, le plus grave qu’ait connu la NASA jusque là. En tant que vice-président, Armstrong est chargé des aspects opérationnels de la Commission.
Lors de l’abandon du programme Constellation par Barack Obama, il sort exceptionnellement de sa réserve.
Autres activités
À sa retraite de la NASA prise en 1971, il refuse les offres d’entreprises qui lui proposent de devenir leur porte-parole. La première entreprise qui ait réussi à se mettre en contact avec lui est le constructeur automobile Chrysler. Il apparaît dans un spot publicitaire de cette dernière en 1979. Ce qui avait décidé Armstrong était qu’elle avait un fort pôle d’ingénierie et qu’elle était en difficulté financière. Par la suite, il a travaillé comme porte-parole pour d’autres entreprises, telles la General Time Corporation et l’American Bankers Association. Il a agi comme porte-parole uniquement pour des entreprises américaines.
Par ailleurs, Armstrong a également siégé au conseil d’administration de plusieurs sociétés dont Marathon Oil, Learjet, Cincinnati Gas & Electric Company, Taft Broadcasting, United Airlines, Eaton Corporation, AIL Systems et Thiokol. Dans cette dernière, il a rejoint le conseil d’administration, après avoir siégé à la Commission Rogers. Ladite commission a suivi l’accident de la navette spatiale Challenger et a déduit que l’accident était dû à un problème de joint torique fabriqué par Thiokol. Il a pris sa retraite comme président du conseil d’EDO Corporation en 2002.
Mort et hommages
Le , Neil Armstrong est opéré du cœur. Le 25 du même mois, à la suite de complications cardio-vasculaires dues à cette opération, il meurt à l’âge de 82 ans à Cincinnati, dans l’Ohio.
Il reçoit un hommage unanime de la classe politique aux États-Unis. Le président Obama a déclaré : “Neil figure parmi les plus grands héros américains – non seulement de son époque, mais de tous les temps”.
Son ancien collègue de la mission Apollo, le pilote du module de commande Michael Collins, a déclaré à la NASA que Neil Armstrong lui “manquerait terriblement”. Buzz Aldrin a quant à lui déclaré qu’il était profondément attristé de la perte d’un si bon ami.
Pour sa famille il était “un héros américain contre son gré”, qui a “servi sa nation avec fierté, comme pilote de la marine, pilote d’essai, puis astronaute”.
Ses obsèques, intimes, se déroulent le 31 août 2012 à Indian Hill (Ohio), dans la banlieue de Cincinnati. En cette occasion, tous les drapeaux américains sont mis en berne. Le 14 septembre, le lendemain d’une commémoration à la cathédrale nationale de Washington, ses cendres sont dispersées dans l’océan Atlantique lors d’une cérémonie à bord du USS Philippine Sea.
En juillet 2019, peu après le cinquantenaire des premiers pas sur la Lune, le New York Times révèle que la mort d’Armstrong a fait l’objet d’une poursuite pour faute professionnelle médicale contre l’hôpital où il est mort. La famille obtient finalement une compensation de six millions de dollars en 2014, afin d’arrêter les poursuites.
Vie privée
Famille
Neil rencontre sa future femme, Janet Elizabeth Shearon (1934), à l’université Purdue. Selon Neil et Janet, il n’y a pas eu de véritable séduction et aucun d’eux n’a pu se souvenir des circonstances exactes de leur engagement mutuel, sauf que cela s’est produit alors qu’Armstrong travaillait au Lewis Flight Propulsion Laboratory.
Ils se marient le à Wilmette dans l’Illinois. Quand il a déménagé à Edwards Air Force Base, il s’est installé dans les quartiers des célibataires, alors que Janet vivait à Westwood, un quartier de Los Angeles. Après un semestre, ils ont emménagé dans une maison dans la vallée d’Antelope. Janet n’a pas terminé ses études, ce qu’elle a regretté plus tard. Le couple a eu trois enfants : Eric (1957), Karen et Mark (13/04/1959). En juin 1961, des examens ont révélé que Karen avait une tumeur maligne au cerveau. Le traitement qu’elle a dû subir ralentit sa croissance et sa santé s’est détérioré à un point tel qu’elle ne pouvait plus ni marcher ni parler. Karen est morte d’une pneumonie liée à sa santé fragile le . Janet et Neil Armstrong ont divorcé en 1994. Elle dira plus tard que “la Lune lui est montée à la tête”. En 1994, il a épousé sa seconde femme, Carol Held Knight. Ils ont vécu dans une ferme à Indian Hill, dans l’Ohio.
Caractère et personnalité
Surnommé “Mister Cool” par ses collègues, Armstrong était connu pour son humour décalé mais surtout son sang-froid, son calme, sa capacité à prendre la bonne décision”. Buzz Aldrin disait de lui : “Neil réfléchit soigneusement puis fait ce qui lui paraît bien. Et en général, c’est la chose à faire”.
Armstrong a exprimé des sentiments religieux à mi-chemin entre christianisme et déisme. Dans les années 1950, il fréquentait une église méthodiste, mais il se qualifiait alors lui-même de “déiste”. Ses proches témoignent également de ce qu’il ne se considérait pas à proprement parler comme chrétien. En 1969 après son voyage sur la Lune, interrogé sur CBS, il infirme tout athéisme : “Je ne suis certainement pas un athée”. Dix ans plus tard, il déclare à Alain Jérôme aux Dossiers de l’écran avoir eu du réconfort devant l’“ordre de l’univers” et avoir des preuves d’un “ordre suprême” créé par une “intelligence supérieure”.
Santé
En 1979, il s’est sectionné accidentellement l’annulaire de la main gauche alors qu’il travaillait dans sa ferme à Lebanon. Gardant son sang-froid, il a mis la partie coupée de son doigt dans de la glace et est parti à l’hôpital où un chirurgien a recousu son doigt.
En 1991, Armstrong a été victime d’une crise cardiaque.
Justice
L’usage de son nom, de la célèbre citation et de son image, lui a causé des problèmes au fil des ans. En 1994, il a poursuivi en justice Hallmark Cards après que l’entreprise ait utilisé son nom sans autorisation. La plainte a été réglée à l’amiable et Armstrong a fait don de l’argent à l’Université Purdue. L’affaire a incité la NASA à être plus prudente sur l’utilisation des noms, photos et enregistrements des astronautes.
En mai 2005, Armstrong a menacé d’une action en justice son coiffeur qui, après lui avoir coupé les cheveux, en a vendu une partie à un collectionneur, sans son autorisation. Le barbier devait soit rendre les cheveux, soit faire un don à un organisme de bienfaisance de son choix. Dans l’impossibilité de rendre les cheveux, le barbier a décidé de faire un don.
Postérité
Plusieurs sites et ouvrages ont été baptisés pour rendre hommage à Neil Amstrong. L’Union astronomique internationale a donné son nom au cratère d’impact situé près de l’endroit où s’était posé Apollo 11, ainsi qu’à l’astéroïde n° 6469. L’aéroport de sa ville natale de Wapakoneta porte son nom. Un musée porte également son nom dans sa ville natale : le Neil Armstrong Air and Space Museum.
En 2014, le centre de recherche de la NASA sur la base d’Edwards, où Armstrong a été pilote d’essai entre 1955 et 1962, a été renommé Neil A. Armstrong Flight Research Center.
Neil Armstrong a, avec les deux autres membres de l’équipage d’Apollo 11, son étoile au Walk of Fame d’Hollywood, au coin d’Hollywood et de Vine.
First Man : The Life of Neil A. Armstrong, la première biographie officielle consacrée à Armstrong a été publiée en 2005. Elle a été écrite à partir de 1999 par James R. Hansen, professeur à l’Université d’Auburn. Armstrong avait auparavant refusé des demandes de Stephen Ambrose et James A. Michener mais a été enthousiasmé par la biographie From the Ground Up de Fred Weickque lui avait transmise Hansen comme exemple.
Un film tiré de cette biographie sort en 2018, intitulé First Man : Le Premier Homme sur la Lune et réalisé par Damien Chazelle. Neil Armstrong est interprété par Ryan Gosling.
Il est interprété par Henry Pettigrew dans l’épisode 7 de la saison 3 de The Crown.
Les erreurs 1201 et 1202 indiquent à l’équipage que l’ordinateur de navigation et de guidage du module lunaire est surchargé. Ce que personne ne sait, c’est que le radar de rendez-vous – non nécessaire à l’atterrissage – est resté allumé et envoie de faux signaux à l’ordinateur.
Dans un exemple de bonne prévoyance, cependant, l’ordinateur a été programmé pour reconnaître cela et pour prioriser les processus les plus importants nécessaires à l’atterrissage du Module Lunaire, ce qui a permis au Guidance Steve Bales de prendre les bonnes décisions et permettre le succès de la mission Apollo 11.
Buzz Aldrin, né Edwin Eugene Aldrin Jr., le 20 janvier 1930 à Glen Ridge dans le New Jersey aux États-Unis, est un militaire, pilote d’essai, astronaute et ingénieur américain. Il effectue trois sorties dans l’espace en tant que pilote de la mission Gemini 12 de 1966 et, en tant que pilote du module lunaire Apollo de la mission Apollo 11 de 1969, il est, avec le commandant de la mission Neil Armstrong, l’un des deux premiers humains à marcher sur la Lune.
Aldrin est issu de la promotion 1951 de l’Académie militaire de West Point avec un diplôme en génie mécanique. Il est affecté à l’armée de l’air américaine et devient pilote de chasseur à réaction pendant la guerre de Corée. Il effectue au total 66 missions de combat et abat deux MiG-15. Après avoir obtenu un doctorat en astronautique du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Aldrin est choisi pour faire partie du groupe d’astronautes 3 recruté par la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Sa thèse de doctorat portant sur les techniques de rendez-vous orbitaux avec équipage, il reçoit le surnom de “Dr. Rendezvous” de la part de ses collègues astronautes. Sa première mission spatiale est la dernière mission du programme Gemini. Elle a lieu en 1966 à bord de Gemini 12 et il réalise plus de cinq heures en sortie extravéhiculaire. Trois ans plus tard, Aldrin pose le pied sur la Lune le 21 juillet 1969, quelques minutes après Armstrong, tandis que le pilote du module de commande Michael Collins reste en orbite lunaire.
À son départ de la NASA en 1971, il devient commandant de l’école des pilotes d’essai de l’United States Air Force. Il prend sa retraite de l’armée de l’air en 1972, après 21 ans de service, et entame une difficile reconversion à la vie civile. Ses principales autobiographies, Return to Earth (1973) et Magnificent Desolation (2009), relatent ses problèmes de dépression et d’alcoolisme au cours des années qui suivent son départ de la NASA. Il continue à plaider en faveur de l’exploration spatiale, en particulier d’une mission habitée sur Mars, et développe une trajectoire particulière pour un vaisseau spatial qui rend le voyage vers cette planète plus rapide et économe en énergie. Il reçoit de nombreux honneurs, dont la médaille présidentielle de la Liberté en 1969, et fait partie de plusieurs temples de la renommée.
Il est le dernier membre encore vivant de l’équipage d’Apollo 11 depuis le décès de Neil Armstrong le 25 août 2012 et celui de Michael Collins le 28 avril 2021.
Biographie
Enfance et formation
Edwin Eugene Aldrin Jr. naît le 20 janvier 1930 au Mountainside Hospital de Glen Ridge dans le New Jersey. Ses parents, Edwin Eugene Aldrin Sr. et Marion Aldrin (née Moon), vivent dans la ville voisine de Montclair. Ils sont d’origine écossaise et suédoise. Son père est aviateur de l’armée pendant la Première Guerre mondiale et commandant adjoint de l’école de pilotes d’essai de l’armée à McCook Field dans l’Ohio de 1919 à 1922. Quittant l’armée en 1928, il devient cadre à la Standard Oil. Sa mère est la fille d’un aumônier militaire. Buzz Aldrin a deux sœurs : Madeleine, qui a quatre ans de plus, et Fay Ann, qui a un an et demi de plus. Son surnom, qui est devenu son prénom légal en 1988, provient de la déformation du mot brother (“frère” en anglais) par sa sœur Fay qui le prononce buzzer, et qui a ensuite été abrégé en “Buzz”. Il est donc connu de tous par ce surnom. Pratiquant le scoutisme, Aldrin atteint le rang tenderfoot (“pied-tendre”).
Lorsqu’en 1942 les États-Unis décident de s’engager dans la Seconde Guerre mondiale, son père, rappelé, est affecté loin de sa famille et ne fait plus que de courts séjours au domicile. Sa mère, dont le nom de jeune fille signifie “Lune” en anglais, devient dépressive et a des problèmes d’alcoolisme. Malgré cela, Aldrin réussit bien à l’école, en maintenant “A” de moyenne. Il joue au football américain dans l’équipe de la Montclair High School. En 1946, il est le centre titulaire de cette équipe, invaincue et championne de l’État de cette année. Son père voulant qu’il aille à l’Académie navale d’Annapolis dans le Maryland, l’inscrit à la Severn School, une école préparatoire située à proximité d’Annapolis. Il obtient même un rendez-vous avec Albert W. Hawkes, l’un des sénateurs du New Jersey. Aldrin fréquente la Severn School en 1946, mais il a d’autres souhaits pour sa future carrière car il a le mal de mer et considère peu les navires face aux avions. Il demande à son père de solliciter Hawkes pour modifier sa candidature pour l’Académie militaire de West Point, dans l’État de New York.
Aldrin entre à West Point en 1947. Il réussit bien sur le plan académique, terminant premier de sa classe de première année. Il est membre de l’équipe d’athlétisme de l’académie. En 1950, il voyage avec un groupe d’élèves de West Point au Japon et aux Philippines pour étudier les politiques du gouvernement militaire de Douglas MacArthur. Au cours de son voyage, la guerre de Corée éclate. Le 5 juin 1951, il obtient une licence en génie mécanique et finit troisième de la promotion de 1951.
Carrière militaire
Comme il est l’un des premiers de sa promotion, Aldrin a le choix de son affectation. Il choisit l’United States Air Force (USAF), qui est devenue une arme distincte de l’armée américaine depuis 1947, mais ne dispose pas encore de son académie. Il reçoit le grade de sous-lieutenant et suit une formation de base en vol sur T-6 Texan à la base aérienne de Bartow (futur aéroport municipal de Bartow) en Floride. Parmi ses camarades de classe figure Sam Johnson, qui devient plus tard un prisonnier de guerre notable au Viêt Nam et avec lequel il se lie d’amitié. Lors de sa formation, Aldrin évite de peu un accident mortel lorsqu’il subit un voile gris dans une tentative de double immelmann sur T-28 Trojan. Il récupère à temps à une soixantaine de mètres du sol.
Lorsqu’il décide quel type d’appareil il souhaite piloter, son père lui conseille de choisir des bombardiers, car le commandement d’un équipage de bombardiers est une occasion d’apprendre et de perfectionner ses compétences en commandement, ce qui offre généralement de meilleures perspectives professionnelles. Aldrin choisit plutôt de piloter des chasseurs. Il emménage à la base aérienne Nellis de Las Vegas, où il apprend à piloter le P-80 Shooting Star et le F-86 Sabre. Comme la plupart des pilotes de chasse à réaction de l’époque, il préfère ce dernier.
En décembre 1952, Aldrin est affecté au 16th Fighter-Interceptor Squadron (futur 16th Weapons Squadron), qui fait alors partie de la 51st Fighter Wing. À l’époque, son escadron est affecté à la base aérienne de Suwon, à environ 32 kilomètres au sud de Séoul, et participe à des opérations de combat dans le cadre de la guerre de Corée. Au cours d’un vol d’acclimatation, son système principal de carburant gèle, ce qui épuise à terme tout son carburant. Il contre manuellement cet effet mais cela nécessite de maintenir un bouton enfoncé, rendant par ricochet impossible l’utilisation de sa radio. Il peine à revenir à la base tout en subissant un silence radio imposé. Lors de la guerre, il effectue finalement 66 missions de combat sur F-86 Sabre et abat deux avions MiG-15.
Il abat un premier MiG-15 le 14 mai 1953. Aldrin vole alors à environ huit kilomètres au sud du fleuve Yalu quand il aperçoit deux chasseurs MiG-15 en dessous de lui. Il ouvre le feu sur l’un d’eux, dont le pilote ne l’a peut-être pas vu arriver. Les photographies prises par la caméra de son avion lors de cette victoire montre le pilote en train de s’éjecter de son avion endommagé. Ces dernières sont publiées dans le magazine Life car il s’agit de la première éjection filmée en combat. Il obtient sa seconde victoire aérienne le 4 juin 1953 lorsqu’il accompagne un avion du 39th Fighter-Interceptor Squadron (futur 39th Flying Training Squadron) lors d’une attaque contre une base aérienne en Corée du Nord. Cet avion, récent, est plus rapide que le sien et il a du mal à le suivre. Il repère un MiG approchant à plus haute altitude. Aldrin et son adversaire effectuent une série de ciseaux, chacun essayant de passer derrière l’autre. Aldrin est le premier à réussir, mais sa visée d’arme à feu se révèle défaillante. Il doit alors viser et tirer manuellement. Les deux avions se retrouvent finalement trop près du sol pour que le combat aérien se poursuive. Aldrin a le temps de voir la canopée du MiG s’ouvrir et le pilote s’éjecter, bien qu’il n’ait pas su s’il lui restait suffisamment de temps pour ouvrir son parachute. Pour son service en Corée, Aldrin reçoit deux Distinguished Flying Cross et trois Air Medal.
Les combats en Corée prenant fin, Aldrin quitte le pays en décembre 1953. Il est affecté en tant qu’instructeur de tir aérien à la base aérienne de Nellis. En décembre 1954, il devient aide de camp du brigadier général Don Z. Zimmerman, doyen de la faculté de l’école de l’armée de l’air inaugurée en 1955. La même année, il obtient son diplôme de la Squadron Officer School (SOS) de la base aérienne Maxwell en Alabama. De 1956 à 1959, il pilote des F-100 Super Sabre équipés d’armes nucléaires en tant que commandant de vol du 22nd Fighter Squadron (36th Wing) stationné à la base aérienne de Bitburg en Allemagne de l’Ouest. Le futur astronaute Edward White, qui appartient à la promotion suivant celle d’Aldrin à West Point, fait partie de ses collègues d’escadron. Après que White quitte l’Allemagne pour étudier le génie aéronautique à l’université du Michigan, il écrit à Aldrin pour l’encourager à faire de même.
Par l’intermédiaire de l’Air Force Institute of Technology (AFIT), Aldrin s’inscrit en tant qu’étudiant au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1959 dans l’intention de passer une maîtrise. Son cours d’astrodynamique est enseigné par Richard Battin, qui va diriger plus tard la conception de l’Apollo Guidance Computer. David Scott et Edgar Mitchell, deux autres officiers de l’armée de l’air devenus ultérieurement astronautes, suivent ce cours à peu près à la même époque, tandis qu’un autre, Charles Duke, prépare sa maîtrise en 1964 au MIT sous la direction de Laurence R. Young.
Aldrin apprécie le travail scolaire et décide rapidement de poursuivre un doctorat. En janvier 1963, il obtient un doctorat en sciences en astronautique. Sa thèse de doctorat s’intitule Line-of-Sight Guidance Techniques for Manned Orbital Rendezvous (“Techniques de rendez-vous orbital à vue entre vaisseaux avec équipage”) et elle mentionne notamment le message : “Dans l’espoir que ce travail puisse contribuer d’une certaine manière à l’exploration de l’espace, il est dédié aux membres d’équipage des programmes spatiaux habités actuels et futurs de ce pays. Si seulement je pouvais les rejoindre dans leurs efforts passionnants !” En effet, Aldrin achève sa thèse dans l’espoir que cela l’aidera à être sélectionné comme astronaute, même s’il sait que la formation de pilote d’essai est une condition préalable à l’époque pour être retenu pour le programme de formation des astronautes.
À la fin de son doctorat, retournant à la vie militaire, Aldrin est affecté au Gemini Target Office de la division des systèmes spatiaux de la force aérienne à Los Angeles, travaillant avec la Lockheed Aircraft Corporation à l’amélioration des capacités de manœuvre du véhicule cible Agena qui doit être utilisé par le programme Gemini de la National Aeronautics and Space Administration (NASA). Il est ensuite affecté au bureau externe de la division des systèmes spatiaux au Manned Spacecraft Center (futur centre spatial Lyndon B. Johnson) de la NASA à Houston, où il participe à l’intégration d’expériences du département de la Défense aux vols du programme Gemini.
Carrière d’astronaute
Sélection
La demande initiale d’Aldrin de rejoindre le corps des astronautes remonte à la période de sélection du groupe d’astronautes 2 de la NASA en 1962, mais celle-ci est rejetée au motif qu’il n’est pas pilote d’essai. Au courant de cette exigence, il a demandé à ce que celle-ci soit levée, sans succès. Le 15 mai 1963, la NASA annonce une nouvelle série de sélections, cette fois en exigeant que les candidats possèdent soit une expérience de pilote d’essai, soit 1 000 heures de vol à bord d’un avion à réaction. Aldrin totalise alors plus de 2 500 heures de vol, dont 2 200 dans des jets. Sa sélection comme l’un des quatorze membres du groupe d’astronautes 3 de la NASA est annoncée le 18 octobre 1963. Cela fait de lui le premier astronaute avec un doctorat, ce qui, combiné à son expertise en mécanique orbitale, lui vaut le surnom de “Dr. Rendezvous” de la part de ses collègues astronautes. Aldrin est cependant conscient que ce n’est pas toujours utilisé comme un compliment.
Programme Gemini et Gemini 12
De même que quelques autres de ses collègues, Aldrin est affecté au programme Gemini, qui se déroule en 1965 et 1966 et dont l’objectif est de maîtriser les techniques nécessaires pour les missions du programme Apollo, notamment celles du rendez-vous spatial et des sorties extravéhiculaires. À la fin d’une formation initiale, chaque astronaute se voit attribuer des domaines d’expertises et, dans le cas d’Aldrin, il s’agit de la planification de mission, de l’analyse de trajectoire et des plans de vol pour lesquels ses connaissances en mécanique spatiale sont utiles.
En août 1965, Aldrin assure la liaison radio avec l’équipage de Gemini 5. James Lovell et lui sont sélectionnés comme membres de l’équipage de réserve de Gemini 10, respectivement comme commandant et pilote. L’équipage de réserve d’une mission étant généralement, selon la rotation prévue, l’équipage principal de la troisième mission suivante, cela n’est pas le cas pour Lovell et Aldrin car la dernière mission prévue dans le programme Gemini est Gemini 12. Les morts d’Elliot See et de Charles Bassett, membres de l’équipage principal de Gemini 9, survenues le 28 février 1966 dans un accident d’avion, avancent Lovell et Aldrin d’une mission en tant que réservistes pour Gemini 9, et donc, comme principaux pour Gemini 12. Ils sont officialisés comme équipage principal le 17 juin 1966, avec Gordon Cooper et Eugene Cernan comme réservistes.
Initialement, les objectifs de la mission de Gemini 12 sont incertains. En tant que dernière mission programmée, elle vise principalement à mener à bien des tâches qui n’ont pas été exécutées avec succès ou complétées lors des missions précédentes. Alors que la NASA réussit à réaliser un rendez-vous spatial lors du programme Gemini, l’essai de stabilisation par gradient de gravité de Gemini 11 est un échec. La NASA s’inquiète également des sorties extravéhiculaires après le constat qu’il est difficile de se mouvoir dans une combinaison spatiale. La fatigue prononcée d’Eugene Cernan (Gemini 9) et de Richard Gordon (Gemini 11) lors de l’exécution de tâches extravéhiculaires et la réussite de Michael Collins (Gemini 10) par la suite suggère que l’ordre dans lequel elles sont exécutées est un facteur important.
Aldrin doit donc compléter les objectifs de Gemini en termes de sorties extravéhiculaires. La NASA forme un comité pour lui donner une meilleure chance de réussir. Ce comité prend la décision de laisser de côté l’essai de l’unité de manœuvre des astronautes (AMU) de l’armée de l’air qui avait posé problème à Gordon sur Gemini 11 afin qu’Aldrin puisse se concentrer sur les sorties extravéhiculaires. La NASA réorganise son programme d’entraînement en optant pour un entraînement sous-marin en piscine au lieu d’un vol parabolique. En effet, les aéronefs effectuant une trajectoire parabolique procurent aux astronautes une expérience d’apesanteur en entraînement, mais il existe un délai entre chaque parabole qui donne aux astronautes plusieurs minutes de repos. Cela encourage également l’exécution rapide des tâches, alors que dans l’espace, elles doivent être effectuées lentement et délibérément. La formation dans un fluide permet une meilleure simulation. La NASA place également des poignées supplémentaires sur la capsule, qui sont passées de neuf sur Gemini 9 à 44 sur Gemini 12, et permettent des positions de travail plus nombreuses où il est aussi possible d’ancrer ses pieds.
Les objectifs principaux de Gemini 12 sont de réaliser un rendez-vous spatial avec un véhicule cible Agena, de piloter l’engin spatial et le véhicule cible ensemble en utilisant une stabilisation par gradient de gravité, d’effectuer des manœuvres conjointes en utilisant le système de propulsion Agena pour changer d’orbite, d’effectuer un exercice de maintien à l’arrêt et trois sorties extravéhiculaires et, enfin, de démontrer la possibilité d’une rentrée automatique. Gemini 12 comporte également quatorze expériences scientifiques, médicales et technologiques. Ce n’est pas une mission réalisant des actions nouvelles : des rendez-vous spatiaux avaient déjà été réalisés avec succès par Gemini 9, et l’exercice de véhicule amarré, par Gemini 11. Même une stabilisation par gradient de gravité avait été tentée par Gemini 11, bien que sans succès.
Gemini 12 est lancée à partir du complexe de lancement 19 de cap Canaveral le 11 novembre 1966. Le véhicule cible Agena l’avait été environ une heure et demie auparavant. Le premier objectif majeur de la mission est de rencontrer ce véhicule cible. À mesure que la cible et le vaisseau Gemini se rapprochent, le contact radar entre les deux engins se détériore jusqu’à devenir inutilisable, forçant l’équipage à se rendre manuellement au rendez-vous. Aldrin utilise un sextant et des cartes qu’il a contribués à créer pour donner à Lovell les informations appropriées afin que le vaisseau spatial soit en mesure de s’amarrer avec le véhicule cible. Gemini 12 réalise alors le quatrième amarrage avec un véhicule cible Agena.
La tâche suivante consiste à pratiquer le désarrimage et de renouveler la procédure d’amarrage. Lors de cette dernière, l’un des trois verrous se bloque et Lovell doit utiliser les propulseurs du Gemini pour libérer le vaisseau spatial. Aldrin s’amarre ensuite avec succès quelques minutes plus tard. Le plan de vol prévoit alors le démarrage du moteur principal de l’Agena afin de placer l’engin spatial couplé sur une orbite plus haute. Comme l’Agena avait subi une perte de pression huit minutes après son lancement dans une partie du moteur, les directeurs de mission et de vol décident de ne pas risquer l’allumage du moteur principal. Il s’agit du seul objectif de mission qui n’est pas atteint. Au lieu de cela, le système de propulsion secondaire de l’Agena est utilisé pour permettre au vaisseau spatial de voir l’éclipse solaire du 12 novembre 1966 en Amérique du Sud, que Lovell et Aldrin photographient à travers les fenêtres du vaisseau spatial.
Aldrin réalise trois sorties extravéhiculaires. La première est une sortie debout le 12 novembre, dans lequel la porte du vaisseau spatial est ouverte et Aldrin doit se lever sans quitter le vaisseau spatial. Cette sortie debout imite certaines des actions qu’il effectuera pendant sa prochaine sortie libre, afin de pouvoir comparer l’effort déployé entre les deux. Il établit un record de sorties extravéhiculaires de deux heures et vingt minutes. Le lendemain, l’astronaute effectue sa sortie libre et, relié par un cordon de neuf mètres, il avance grâce aux poignées nouvellement installées jusqu’à l’Agena pour y installer un câble nécessaire à l’expérience de stabilisation par gradient de gravité. Aldrin effectue de nombreuses tâches, notamment l’installation de connecteurs électriques et d’outils de test nécessaires au programme Apollo. Une douzaine de périodes de repos de deux minutes l’empêchent de se fatiguer et sa deuxième sortie se termine après deux heures et six minutes. Une troisième sortie, non prévue, de 55 minutes est réalisée le 14 novembre. Au cours de celle-ci, Aldrin prend des photographies, mène des expériences et met au rebut certains articles inutiles pour alléger le vaisseau.
Le 15 novembre, l’équipage active le système de rentrée automatique et amerrit dans l’océan Atlantique. Il est récupéré par un hélicoptère qui emmène Lovell et Aldrin au porte-avions USS Wasp en attente à proximité. Après la mission, la femme d’Aldrin réalise qu’il est dépressif, chose qu’elle n’avait jamais constatée auparavant.
Programme Apollo et Apollo 11
Lorsque le programme Gemini s’achève, la NASA choisit le groupe des astronautes à partir desquels seront constitués les équipages des prochaines missions du programme Apollo, celui-ci fonctionnant avec des équipages de trois hommes. Au début du programme, en janvier 1967, un incendie lors d’une répétition au sol coûte la vie à l’équipage d’Apollo 1 (Virgil Grissom, Edward White et Roger B. Chaffee) et le groupe est de nouveau modifié. Lovell et Aldrin se retrouvent associés avec Neil Armstrong. Ce dernier l’est en tant que commandant, Lovell en tant que pilote du module de commande et de service et Aldrin en tant que pilote du module lunaire. L’équipage Armstrong–Lovell-Aldrin est d’abord affecté comme équipage de réserve de la mission Apollo 9 le 20 novembre 1967. Finalement, Fred Haise remplace Lovell car ce dernier prend la place dans l’équipage principal de Michael Collins, qui souffre de la colonne vertébrale.
En raison de retards dans la conception et la fabrication du module lunaire, les équipages principaux et de réserve d’Apollo 8 et d’Apollo 9 s’échangent. Aldrin se retrouve donc réserviste d’Apollo 8, qui, en décembre 1968, sera la toute première mission humaine à orbiter autour de la Lune. Après un nouveau remplacement avec l’arrivée de Collins, rétabli, à la place de Haise comme pilote du module de commande et de service, le 9 janvier 1969, l’équipage Armstrong-Collins-Aldrin est finalement affecté à la mission Apollo 11 dans le cadre de la rotation normale sur trois missions.
Apollo 11 est la deuxième mission spatiale américaine entièrement composée d’astronautes qui disposent déjà d’une expérience dans l’espace, la première étant Apollo 10. La prochaine ne le sera qu’en 1988 avec la STS-26. Deke Slayton, responsable des missions de vol des astronautes, donne à Armstrong la possibilité de remplacer Aldrin par Lovell. Bien que de personnalités différentes, Armstrong décline la proposition, déclarant qu’il n’a aucun problème à travailler avec Aldrin et estimant que Lovell mérite son propre commandement.
Les premières versions de la planification d’une sortie extravéhiculaire sur la Lune mentionnent que le pilote du module lunaire est le premier à poser son pied sur la surface lunaire. Quand Aldrin apprend que cela pourrait être modifié, il fait pression au sein de la NASA pour que la procédure initiale soit suivie. Plusieurs facteurs contribuent à la décision finale, notamment le positionnement physique des astronautes dans le module lunaire très compact ou l’habitude et l’expérience de l’utilisation de certains tableaux de bord. C’est pour ces raisons qu’Armstrong est le premier à pouvoir quitter le vaisseau spatial. De plus, les points de vue d’Aldrin sont peu soutenus par les astronautes expérimentés qui commandent les missions Apollo ultérieures. Collins commente qu’il pense qu’Aldrin “[avait du ressentiment] de ne pas être le premier sur la Lune plus qu’il appréciait être le deuxième”. Aldrin et Armstrong n’ont pas le temps d’effectuer beaucoup de formation en géologie. Le premier alunissage se concentrant davantage sur la possibilité de réaliser cette action et de prévoir le retour sur Terre en toute sécurité que sur les aspects scientifiques purs. Le duo est néanmoins formé par les géologues de la NASA et de l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). Ils font une excursion géologique dans l’ouest du Texas. La présence de la presse et d’un hélicoptère rend les activités difficiles pour Aldrin, Armstrong et leurs instructeurs.
Le matin du 16 juillet 1969, environ un million de spectateurs assistent au lancement d’Apollo 11 depuis les autoroutes et les plages situées à proximité de la base de lancement de Cap Canaveral, en Floride. Ce lancement est diffusé en direct à la télévision dans 33 pays, avec environ 25 millions de téléspectateurs rien qu’aux États-Unis. Des millions d’autres personnes écoutent le lancement à la radio. Propulsé par une fusée Saturn V, Apollo 11 décolle du complexe de lancement 39 au centre spatial Kennedy à 13 h 32 UTC et entre en orbite terrestre douze minutes plus tard. Après une orbite et demie, le moteur du troisième étage S-IVB pousse l’engin spatial sur sa trajectoire en direction de la Lune. Environ trente minutes plus tard, les manœuvres de transposition, d’amarrage et d’extraction sont effectuées : il s’agit de séparer le module de commande et de service Columbia de l’étage S-IVB, de faire demi-tour avec et de s’amarrer avec le module lunaire Eagle. Après l’extraction du module lunaire du S-IVB, le vaisseau combiné se dirige vers la Lune, tandis que l’étage de la fusée vole sur une trajectoire au-delà du satellite naturel de la Terre.
Le 19 juillet à 17 h 21 min 50 s UTC, Apollo 11 passe derrière la Lune et démarre son moteur de propulsion de service pour entrer en orbite lunaire. Dans les trente orbites qui suivent, l’équipage examine le site d’alunissage dans le sud de la mer de la Tranquillité à environ 19 kilomètres au sud-ouest du cratère Sabine D (futur cratère Collins). Le 20 juillet à 12 h 52 UTC, Aldrin et Armstrong entrent dans le module lunaire Eagle et commencent les derniers préparatifs en vue de la descente lunaire. À 17 h 44 UTC, Eagle est séparé du module de commande et de service Columbia. Collins, seul à bord de Columbia, inspecte Eagle lors du retournement de ce dernier afin de s’assurer que le module n’est pas endommagé et que le train d’atterrissage s’est correctement déployé.
Tout au long de la descente vers la Lune, Aldrin renseigne Armstrong sur les données de navigation car il est occupé à piloter le module lunaire. Cinq minutes après le début de la descente et à 1 800 mètres d’altitude, le calculateur de guidage Apollo Guidance Computer (AGC) du module lunaire distrait l’équipage en lançant successivement plusieurs alarmes inattendues indiquant qu’il ne pourrait pas mener à bien toutes ses tâches en temps réel et doit en repousser une partie, ce qui complique l’approche finale. Eagle atterri à 20 h 17 min 40 s UTC le 20 juillet de justesse avec environ 25 secondes de carburant restant.
Dans le module lunaire, en tant que diacre presbytérien, Aldrin est le premier – et le seul – à organiser une cérémonie religieuse sur la Lune. Il envoie un message radio à la Terre : “Je voudrais saisir cette occasion pour demander à toutes les personnes qui écoutent, peu importe le lieu et l’endroit où elles se trouvent, de faire une pause un instant pour contempler les événements des dernières heures et remercier tout le monde. À sa manière”. À l’aide d’une trousse que lui a donnée son pasteur, il prend communion ainsi que le pain et le vin. Enfin, il lit les paroles de Jésus-Christ extraites du Nouveau Testament (Jean, 15:5) : “Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire”. Cependant, cette cérémonie est gardée secrète et n’est pas diffusée par la NASA par crainte de recours judiciaires ; un procès étant en cours sur la lecture de la Génèse lors de la mission Apollo 8. En 1970, il déclare : “Il [est] intéressant de penser que le tout premier liquide jamais versé sur la Lune et le premier aliment mangé [dessus sont] des éléments de communion”. Dans son livre de 2009, Aldrin ajoute : “Peut-être, si je devais recommencer, je ne choisirais pas de célébrer la communion, bien que ce fût pour moi une expérience profondément significative, mais il s’agissait d’un sacrement chrétien et nous étions venus sur la Lune au nom de l’humanité tout entière, [qu’elle soit chrétienne, juive, musulmane, animiste, agnostique ou athée]. Mais à l’époque, je ne pouvais penser à un meilleur moyen de reconnaître l’énormité de l’expérience d’Apollo 11 qu’en rendant grâce à Dieu”. Aldrin cite également quelque chose de plus universel en diffusant publiquement sa lecture du psaume 8:3–4 de l’Ancien Testament : “Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la Lune et les étoiles que tu as créées : qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui ?” Des photographies de ces documents révèlent le développement complexe de l’expression de la foi d’Aldrin.
Les préparatifs de la sortie extravéhiculaire commencent à 23 h 43 UTC. Une fois qu’Armstrong et Aldrin sont prêts à sortir, Eagle est dépressurisé et la trappe est ouverte à 2 h 39 min 33 s le 21 juillet. Aldrin pose le pied sur la Lune à 3 h 15 min 16 s, dix-neuf minutes après le premier pas d’Armstrong. Armstrong et Aldrin deviennent respectivement la première et la deuxième personne à marcher sur la Lune. Les premiers mots d’Aldrin après son arrivée sur la Lune sont “Magnifique vue”, ce à quoi Armstrong réplique : “N’est-ce pas quelque chose [de fort] ? Une vue magnifique ici”. Aldrin répond à son tour : “Magnifique désolation”. Les deux astronautes peinent à monter le Lunar Flag Assembly, assemblage télescopique qui permet de former puis de planter le drapeau des États-Unis sur le sol lunaire, mais y parviennent finalement. Aldrin salue le drapeau et Armstrong prend une photo emblématique de la scène. Aldrin se positionne devant la caméra et commence à expérimenter différentes méthodes de locomotion pour se déplacer sur la surface lunaire afin de rapporter ses expériences aux futurs marcheurs lunaires. Au cours de leurs expériences, le président des États-Unis Richard Nixon appelle les deux hommes pour les féliciter pour la réussite de l’alunissage. Nixon conclut en disant : “Merci beaucoup, et nous avons tous hâte de vous voir jeudi sur [l’USS] Hornet”. Aldrin répond alors : “J’attends cela avec impatience, monsieur”.
Puis Aldrin inspecte le module lunaire en vue du vol retour et le photographie pour alimenter les équipes au sol en informations pour les misions suivantes. Aldrin et Armstrong installent ensuite un sismomètre pour analyser la structure interne de la Lune et un réflecteur laser qui permettra de mesurer la distance Terre-Lune avec une meilleure précision. Alors qu’Armstrong inspecte un cratère, Aldrin commence à prélever un échantillon du sol lunaire mais la tâche est difficile, le régolithe devenant particulièrement dur à quelques centimètres de profondeur.
La plupart des photographies emblématiques d’astronautes d’Apollo 11 sur la Lune montrent Aldrin. Armstrong n’apparaissait que dans seulement deux photographies en couleur. Aldrin explique : “Au fur et à mesure que la séquence des opérations lunaires évoluait, Neil avait la plupart du temps un appareil photographique, et la majorité des photos prises sur la Lune, y compris [celles avec] un astronaute [me mettent en scène]”. L’examen des photographies révèle qu’il n’existe, en effet, que peu d’images de Neil Armstrong : “C’est peut-être ma faute, mais nous ne l’avions jamais simulé pendant notre formation”. Les deux astronautes ne s’éloignent guère du module lunaire. Aldrin réintègre l’Eagle en premier, mais, avant de gravir l’échelle, il raconte amusé qu’il a dû “soulager un besoin naturel dans [sa] poche à urine”. “À chacun sa première sur la Lune”, s’explique-t-il.
Avec difficulté, Armstrong et Aldrin récupèrent le film photographique Hasselblad et hissent les boîtes d’échantillons contenant 21,55 kg de sol lunaire vers la trappe du module lunaire à l’aide d’un dispositif à poulie à câble plat. Armstrong rappelle à Aldrin qu’un sac contenant des objets commémoratifs se trouve dans la poche de sa manche et Aldrin jette le sac au sol. Il contient un bout de tissu avec l’emblème de la mission Apollo 1 (où trois astronautes ont trouvé la mort dans un incendie), des médaillons commémorant Youri Gagarine (le premier homme dans l’espace), une photo de Vladimir Komarov (le premier homme à mourir lors d’un vol spatial) et un disque de silicium gravé de messages de bonne volonté émanant de 73 nations. Aldrin, qui conserve sur lui l’autobiographie du pionnier de l’astronautique Robert Goddard, hésite à la laisser également sur place, avant de se raviser. Après être entrés dans le module lunaire, les deux hommes amorcent la procédure permettant la phase d’ascension pour le retour en orbite lunaire en jetant les équipements qui ne leur sont plus utiles. La porte est refermée à 5 h 1, ils repressurisent le module lunaire et s’endorment après 2 h 30 de sortie extravéhiculaire.
À 17 h 54 UTC, l’étage d’ascension de l’Eagle décolle pour rejoindre Collins à bord du module de commande et de service Columbia resté en orbite lunaire. Après un rendez-vous spatial avec ce dernier et un transfert des deux astronautes dans le celui-ci, l’étage d’ascension est largué dans l’espace et le retour sur Terre est mis en œuvre. La capsule amerrit dans l’océan Pacifique le 24 juillet à 2 660 kilomètres à l’est de l’atoll de Wake à 16 h 50 UTC – 5 h 50 heure locale. La durée totale de la mission est de 195 heures, 18 minutes et 35 secondes.
Pour parer à la transmission d’agents pathogènes lunaire sur la Terre, les hommes-grenouilles dépêchés par les hélicoptères de récupération fournissent des vêtements d’isolation biologique aux astronautes et les aident à monter dans le bateau pneumatique. Les trois hommes sont hélitreuillés à bord de l’Helicopter 66 à destination du porte-avions USS Hornet, où ils commencent dans la mobile quarantine facility une quarantaine de 21 jours. Le 13 août, les trois astronautes participent à des parades en leur honneur à New York et à Chicago, auxquels assistent environ six millions de personnes. Un dîner officiel est organisé ce soir-là à Los Angeles pour célébrer l’exploit. Le président des États-Unis Richard Nixon remet à chacun d’entre eux le prix civil américain le plus prestigieux, la médaille présidentielle de la Liberté.
Le 16 septembre 1969, les astronautes prennent la parole devant une session conjointe du Congrès des États-Unis où ils remercient les représentants pour leur soutien antérieur et les engagent à continuer à financer l’effort spatial. Les astronautes entreprennent une tournée mondiale de 38 jours le 29 septembre, les amenant dans 22 pays et comprenant des rencontres avec les dirigeants de nombreux pays. L’équipage revient aux États-Unis le 5 novembre 1969.
Après Apollo 11, Aldrin, moins réservé qu’Armstrong, fait de nombreuses conférences et apparitions publiques. En octobre 1970, il rejoint les cosmonautes soviétiques Andrian Nikolaïev et Vitali Sevastianov lors de leur tournée des centres spatiaux de la NASA. Il participe également à la conception de la navette spatiale américaine. À la fin du programme Apollo, Aldrin, alors colonel, a peu de perspectives à la NASA et décide de retourner dans l’armée de l’air le 1er juillet 1971. Au cours de sa carrière à la NASA, il a passé 289 heures et 53 minutes dans l’espace, dont 7 heures et 52 minutes en sortie extravéhiculaire, un record pour l’époque.
Carrière postérieure
Aerospace Research Pilot School
Aldrin espère devenir commandant des cadets à l’United States Air Force Academy (USAFA), mais ce poste revient à son camarade de classe de West Point, Hoyt S. Vandenberg Jr.. Aldrin est nommé commandant de l’Aerospace Research Pilot School (ARPS) – nom de l’école des pilotes d’essai de l’United States Air Force (USAF TPS) à cette période – à la base aérienne Edwards, en Californie. Il n’a aucune expérience de pilote expérimental ni de gestionnaire, mais un tiers du programme de formation est consacré à la formation des astronautes et les étudiants volent sur un avion d’entraînement supersonique Lockheed NF-104A jusqu’à la limite de l’espace. Alan Bean, astronaute et marcheur lunaire issu du groupe d’astronautes 3, le considère suffisamment qualifié pour le poste.
Aldrin ne s’entend pas bien avec son supérieur, le brigadier général Robert Michael White qui a gagné son badge d’astronaute en tant que pilote du North American X-15. La célébrité d’Aldrin amène à s’en remettre davantage à lui qu’au général de haut rang, ce qui pose problème parce que la chaîne de commandement est ignorée. Pendant qu’Aldrin y travaille, la base d’Edwards est le théâtre de deux accidents : les écrasements d’un LTV A-7 Corsair II et d’un Lockheed T-33 Silver Star. Personne n’a perdu la vie même si les avions sont détruits. Les accidents sont attribués à une supervision insuffisante, accusation portée contre Aldrin. Ce qu’il espérait être un travail agréable est devenu une importante source de stress.
Aldrin a consulté le médecin-chirurgien de la base. En plus des signes de dépression, il ressent des douleurs au cou et aux épaules et pense à un lien de cause à effet. Il est hospitalisé pour dépression au centre médical militaire de Wilford Hall pendant quatre semaines. Sa mère s’est suicidée en mai 1968 et il est convaincu que sa renommée après Gemini 12 a contribué à ce drame. Son grand-père maternel s’est également suicidé et il pense avoir “hérité” de la dépression. À l’époque, la stigmatisation liée aux maladies mentales est importante et il est conscient que cela peut non seulement mettre fin à sa carrière, mais également entraîner son ostracisme social.
En février 1972, le général George S. Brown rend visite à la base d’Edwards et informe Aldrin que la formation des astronautes est abandonnée. Avec la fin du programme Apollo et la réduction des budgets de la force aérienne, l’intérêt de celle-ci pour l’espace diminue. Aldrin choisit de prendre sa retraite de colonel le 1er mars 1972 après 21 ans de service. Son père et le général James H. Doolittle, un ami proche de son père, assistent à la cérémonie de départ à la retraite.
Retraite de l’armée
Écriture, dépression et alcoolisme
Le père d’Aldrin meurt le 28 décembre 1974 des complications d’une crise cardiaque. Les deux principales autobiographies d’Aldrin, Return to Earth (1973) et Magnificent Desolation (2009), relatent ses problèmes de dépression et d’alcoolisme au cours des années qui ont suivi son départ de la NASA. Encouragé par un thérapeute à occuper un emploi régulier, Aldrin travaille dans la vente de voitures d’occasion, pour laquelle il estime n’avoir aucun talent. Les périodes d’hospitalisation et de sobriété alternent avec des épisodes de forte consommation d’alcool. Finalement, il est arrêté pour “conduite inappropriée”, puis en octobre 1978, il cesse définitivement de boire. Aldrin tente d’aider d’autres personnes ayant des problèmes d’alcool, notamment l’acteur William Holden. La petite amie de Holden, Stefanie Powers, avait interprété Marianne, une femme avec laquelle Aldrin avait une liaison, dans la version télévisée de Return to Earth (1976). Aldrin est attristé par la mort de Holden en 1981, mort liée à l’alcool.
Aldrin publie principalement cinq ouvrages, rédigés en collaboration et tous centrés sur l’aventure spatiale. Trois sont écrits sous l’angle autobiographique : Return to Earth (1973), Men From Earth (1989) et Magnificent Desolation (2009) et deux sont des romans de science-fiction, écrits avec John Barnes : Encounter with Tiber (1996) et The Return (2000).
Plaidoyer pour l’exploration spatiale et Mars
Après avoir quitté la NASA, Aldrin continue à plaider en faveur de la poursuite et du développement de l’exploration spatiale. En 1985, il rejoint la John D. Odegard School of Aerospace Sciences de l’université du Dakota du Nord (UND) à l’invitation de John D. Odegard, le doyen de l’école. Aldrin contribue à l’élaboration du programme d’études spatiales de l’UND et invite David C. Webb de la NASA à présider la première chaire universitaire de l’école. Pour promouvoir davantage l’exploration spatiale et commémorer le 40ème anniversaire du premier alunissage, Aldrin s’associe à Snoop Dogg, Quincy Jones, Talib Kweli et Soulja Boy pour créer le single de rap et le clip vidéo Rocket Experience, afin de générer des fonds à ShareSpace, une fondation à but non lucratif créée par Aldrin.
En 1985, Aldrin propose une trajectoire particulière pour un vaisseau spatial qui rend le voyage spatial plus rapide en termes de temps et d’économie en énergie et elle est maintenant connue sous le nom de Aldrin cycler. Cette théorie, qui peut être répétée en cycles, est notamment pertinente pour Mars qui est la prochaine “frontière”. Il poursuit ses recherches sur ce concept avec des ingénieurs de l’université Purdue. En 1996, Aldrin fonde Starcraft Boosters, Inc. (SBI) pour concevoir des lanceurs réutilisables.
Membre de la National Space Society, il est aussi très actif sur les réseaux sociaux. En décembre 2003, Aldrin publie dans le New York Times un article d’opinion critiquant les objectifs de la NASA. Dans ce document, il s’inquiète du développement par la NASA de l’Orion, un engin spatial limité au transport de quatre astronautes à la fois, avec peu ou pas de capacité de transport de cargaison, et juge négativement le choix de renvoyer des astronautes sur la Lune car pour lui, c’est plus facile d’atteindre la gloire passée plutôt que de lutter pour de nouveaux triomphes.
Dans un article d’opinion publié dans le New York Times en juin 2013, Aldrin soutient une mission habitée vers Mars et considère la Lune non pas comme une destination, mais comme un point de départ, un chemin qui positionne l’humanité sur la trajectoire de Mars. En août 2015, en association avec l’Institut technologique de Floride, il présente un plan directeur à la NASA pour étude, dans lequel des astronautes chargés d’une mission de dix ans établissent une colonie sur Mars dans les années 2040.
Accrochage avec Bart Sibrel
Le 9 septembre 2002, Aldrin est pris à partie dans un hôtel de Beverly Hills par Bart Sibrel, un fervent partisan des théories conspirationnistes sur le programme Apollo. Ce dernier lui demande devant une équipe de tournage de jurer sur une Bible que les alunissages sur la Lune sont vrais. Aldrin lui demande de le laisser tranquille, mais Sibrel est particulièrement insistant et traite alors Aldrin de lâche et de menteur. Malgré ses 72 ans et la grande taille de Sibrel, Aldrin lui assène un direct à la mâchoire. Aucune plainte n’est retenue par la police de Beverly Hills après que l’enregistrement révèle qu’Aldrin a été injurié.
Discussions sur un supposé OVNI
En 2005, alors qu’il est interviewé pour le documentaire First on the Moon: The Untold Story de la chaîne scientifique Science Channel, Aldrin déclare qu’il a vu un objet volant non identifié (OVNI) mais qu’il s’agissait probablement de l’un des quatre grands panneaux adaptateurs situés entre le module de commande et le troisième étage de la fusée Saturn V, panneaux chargés de protéger le module lunaire Apollo et détachés du vaisseau spatial lors de l’injection trans-lunaire. Ces panneaux, largués avant la manœuvre de séparation, se trouvent sur la même trajectoire que le véhicule spatial jusqu’à la première correction à mi-parcours. Ce fait avait été également rapporté dans les mêmes termes par Neil Armstrong lors d’une interview pour la télévision française en 1979. Or, les documentaristes de Science Channel omettent les explications détaillées d’Aldrin et ne diffusent que la brève introduction relative à un OVNI. Aldrin demande à Science Channel d’apporter une correction, mais sa demande est refusée. Ultérieurement, dans The Howard Stern Show le 15 août 2007, Aldrin dit que ses propos sur l’observation supposée d’un OVNI ont été sortis de leur contexte et confirme qu’aucune observation jugée extraterrestre n’avait été observée et qu’il était sûr “à 99,9 %” que l’objet concerné était un panneau détaché.
Visite en Antarctique
En décembre 2016, par l’intermédiaire d’une entreprise de tourisme privée, il fait partie d’un groupe de touristes qui visitent la base antarctique Amundsen-Scott. Âgé alors de 86 ans, il obtient ainsi le record de la personne la plus âgée à avoir atteint le pôle Sud. Mais en raison de sa santé fragile et des rudes conditions locales, il doit être évacué vers la base antarctique McMurdo sur l’île de Ross, puis vers Christchurch en Nouvelle-Zélande. Il s’était rendu au pôle Nord en 1998.
Vie privée et apparitions publiques
Aldrin s’est marié trois fois. Son premier mariage a lieu le 29 décembre 1954 avec Joan Ann Archer, une ancienne élève de l’université Rutgers et de l’université Columbia. Ils ont trois enfants, James, Janice et Andrew. Ils demandent le divorce en 1974. Son deuxième mariage est celui avec Beverly Van Zile, qu’il épouse le 31 décembre 1975 et divorce en 1978. Il épouse ensuite Lois Driggs Cannon le 14 février 1988. Leur divorce est officialisé en décembre 2012. La presse s’est déjà fait écho, en 2018, d’une procédure judiciaire entre Aldrin et deux de ses enfants et son ancienne représentante, réglée après quelques mois.
Il a résidé principalement dans la région de Los Angeles, comme Beverly Hills, Laguna Beach, Emerald Bay ou encore Westwood. En 2018, il vit à Satellite Beach en Floride.
En 1988, il a légalement changé son nom en Buzz Aldrin. Lors de ses apparitions publiques, il est réputé pour ses tenues excentriques et patriotiques.
Aldrin est un partisan actif du Parti républicain. Il organise des collectes de fonds pour ses membres du Congrès et soutient ses candidats. Il a par exemple participé à un rassemblement pour George W. Bush en 2004 et a fait campagne pour Nick Lampson au Texas en 2006, Paul Rancatore en Floride en 2008, Mark Treadwell en Alaska en 2014 et Dan Crenshaw au Texas en 2018. Il est apparu au discours sur l’état de l’Union en 2019 en tant qu’invité du président Donald Trump. Avec l’équipage d’Apollo 11, il est régulièrement invité officiellement pour des commémorations.
Distinctions, hommages et postérité
Distinctions et hommages
Aldrin reçoit l’Air Force Distinguished Service Medal en 1969 pour son rôle de pilote du module lunaire sur Apollo 11. En 1972, des feuilles de chêne y sont ajoutés au lieu d’une seconde médaille pour son rôle dans la guerre de Corée et dans le programme spatial des États-Unis, ainsi que de la Legion of Merit pour ses rôles dans les programmes Gemini et Apollo. Lors d’une cérémonie marquant la fin du programme Gemini en 1966, Aldrin reçoit la médaille du service exceptionnel de la NASA décernée par le président des États-Unis Lyndon B. Johnson. Il est récipiendaire de la médaille du service distingué de la NASA en 1970 pour la mission Apollo 11. Aldrin est l’un des dix astronautes Gemini intronisés à l’International Space Hall of Fame du musée de l’histoire spatiale du Nouveau-Mexique en 1982. Il est également intronisé au United States Astronaut Hall of Fame du Centre spatial Kennedy en 1993, au National Aviation Hall of Fame en 2000 et au New Jersey Hall of Fame en 2008.
En 1999, alors qu’il célèbre le 30ème anniversaire de l’alunissage, le vice-président des États-Unis Al Gore, également vice-chancelier du conseil de supervision de la Smithsonian Institution, remet à l’équipage d’Apollo 11 la médaille d’or Langley pour l’aviation de la Smithsonian Institution. Après la cérémonie, l’équipage se rend à la Maison-Blanche et présente au président Bill Clinton un rocher lunaire dans un présentoir. L’équipage d’Apollo 11 reçoit la médaille d’or du Congrès (New Frontier) dans la rotonde du Capitole des États-Unis en 2011. Lors de la cérémonie, l’administrateur de la NASA, Charles F. Bolden, déclare : Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de voler dans l’espace ont suivi la piste qu’ils ont tracée.
L’équipage d’Apollo 11 est distingué du trophée Collier en 1969. Le président de la National Aeronautic Association (NAA) remet un trophée en double à Collins et Aldrin lors d’une cérémonie. L’équipage reçoit le trophée de l’espace du général Thomas D. White en 1969. Le National Space Club désigne l’équipage vainqueur du trophée commémoratif du Dr Robert H. Goddard pour les réalisations spatiales de 1970, décerné chaque année pour la plus grande réussite dans le domaine des vols spatiaux. Les astronautes d’Apollo 11 reçoivent le trophée Harmon pour les aviateurs en 1970, conférés par le vice-président des États-Unis Spiro Agnew en 1971. Agnew leur présente également la médaille Hubbard de la National Geographic Society (NGS) en 1970 en disant : Vous avez gagné une place aux côtés de Christophe Colomb dans l’histoire américaine. En 1970, l’équipage d’Apollo 11 est co-lauréate du prix Iven C. Kincheloe de la Society of Experimental Test Pilots (SETP) avec Darryl Greenamyer, qui a battu le record du monde de vitesse des avions à moteurs à pistons. Pour leurs contributions à l’industrie télévisuelle, ils sont aussi honorés par une plaque ronde sur le Hollywood Walk of Fame.
En 2001, le président des États-Unis George W. Bush nomme Aldrin à la Commission sur l’avenir de l’industrie aérospatiale des États-Unis, aux côtés notamment de l’astrophysicien Neil deGrasse Tyson et du directeur de Lockheed Martin Robert J. Stevens. Aldrin reçoit le prix humanitaire 2003 de Variety, the Children’s Charity, qui, selon l’organisation, est attribué à une personne qui a démontré une compréhension, une empathie et un dévouement inhabituels pour l’humanité. En 2006, la Space Foundation lui attribue sa plus haute distinction, le General James E. Hill Lifetime Space Achievement Award.
Aldrin reçoit des diplômes honorifiques de six collèges et universités et est nommé chancelier de l’International Space University (ISU) en 2015. Il est membre du conseil des gouverneurs de la National Space Society (NSS) et en assure la présidence. En 2016, la Montclair High School, où il a étudié, est renommée Buzz Aldrin Middle School. Le cratère Aldrin sur la Lune près du site de l’alunissage d’Apollo 11 et l’astéroïde (6470) Aldrin sont nommés en son honneur.
Postérité
Buzz Aldrin est apparu et a joué dans de nombreux documentaires, séries, téléfilms et films en raison de sa notoriété de deuxième marcheur lunaire. L’une de ses premières apparitions est dans L’Enfant bulle (1976) et, l’une des plus notables, dans Transformers 3 : La Face cachée de la Lune (2011). En 1994, il prête sa voix dans l’épisode Homer dans l’espace de la série d’animation Les Simpson, en 1997 dans Space Ghost Coast to Coast (épisodes Brilliant Number One et Brilliant Number Two), en 1999 dans La Cour de récré (épisode Space Cadet), en 2011 dans Futurama (épisode Cold Warriors) et dans Miles dans l’espace (dans un épisode, 2017).
Il apparaît dans les séries Da Ali G Show (2003), Numbers (épisode Toujours plus haut, 2006), 30 Rock (épisode The Moms, 2010), The Big Bang Theory (épisode The Holographic Excitation, 2012) ou encore Jorden runt på 6 steg (épisode 3, 2015). Il est présent dans les documentaires Moonwalk One (1972) et In the Shadow of the Moon (2007), le manga Space Brothers (2012) ou encore prête sa voix dans le film Fly Me to the Moon (2008) et le jeu-vidéo Mass Effect 3 (2012). Aldrin est aussi consultant sur le jeu vidéo Buzz Aldrin’s Race Into Space (1993).
En 2010, il participe à la 10ème saison de l’émission Dancing with the Stars, en 2016 comme invité à The Late Show with Stephen Colbert et en 2017 de nouveau comme invité à Hell’s Kitchen.
Aldrin est interprété par Cliff Robertson dans Return to Earth (1976) – aidant l’acteur dans sa préparation –, Larry Williams dans Apollo 13 (1995), Xander Berkeley dans Apollo 11 (1996) – il est également conseiller technique pour ce film –, Bryan Cranston dans la mini-série De la Terre à la Lune (1998) et Magnificent Desolation: Walking on the Moon 3D (2005), James Marsters dans Mission Apollo 11, les premiers pas sur la Lune (2009), Cory Tucker dans Transformers 3 : La Face cachée de la Lune (2011) et Corey Stoll dans First Man : Le Premier Homme sur la Lune (2018).
Enfin, Buzz l’Éclair est le nom utilisé pour l’un des protagonistes des longs-métrages d’animation en images de synthèse des studios Pixar Toy Story, puis dans ses suites Toy Story 2, Toy Story 3 et Toy Story 4 qui forment la série de films Toy Story et ses dérivés (le film Buzz l’Éclair, le film : Le Début des aventures et la série animée télévisée Les Aventures de Buzz l’Éclair). Ce nom est directement inspiré de Buzz Aldrin. Dans la bande dessinée De cape et de crocs, scénarisée par Alain Ayroles et dessinée par Jean-Luc Masbou, les trois Cadets de la Lune se nomment Colin, Aldrin et Fort-à-Bras, faisant référence aux trois astronautes d’Apollo 11. Aldrin y est dit “de Redondie”, venant d’une région de la Lune où les habitants s’expriment systématiquement en termes redondants.