Author Archive: Anne-Spooky

GO! | Paroles

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Description :

Hommage à l’équipe au sol de Mission Control à Houston de la mission Apollo 11, en particulier au moment de l’alunissage du module lunaire et comment ils ont donné leur “Go!” pour cette manœuvre.

Paroles :

[Public Affairs Officer]
This is Apollo Control at 102 hours into the flight of Apollo 11
It’s grown quite quiet here in Mission Control
A few moments ago flight director Gene Kranz requested that everyone sit down
Get prepared for events that are coming
And he closed with a remark of good luck to all of you

[PAO]
12 minutes now until ignition for powered descent
Everything’s still looking very good at this point

[Gene Kranz]
OK, all flight controllers go-no-go for powered descent

[Chorus]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go

[Kranz]
CAPCOM we’re go for powered descent

[PAO]
We’re off to a good start, play it cool

[Kranz]
OK flight controllers, I’m going around the horn
OK…

[Chorus]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go

[Kranz]
CAPCOM we’re go for landing
OK everybody lets hang tight, look for the landing radar

[Aldrin]
75 feet. Down a half
[Duke]
12 02 alarm
[Duke]
60 seconds
[Bales]
We’re… we’re GO on that, Flight
[Kranz]
We’re GO on that alarm?
[Aldrin]
30 feet down, 2 and a half
[Bales]
It’s… If it doesn’t recur, we’ll be GO
[Kranz]
30 seconds
[Aldrin]
12 01
[Bales]
12 01
[Duke]
Roger, 12 01 alarm
[Kranz]
12 01 alarm
[Bales]
Same type, we’re GO, Flight
[Kranz]
Ok, we’re go
[Carlton]
We’ve had shutdown

[Armstrong]
Houston, Tranquility Base here, The Eagle has landed

[Kranz]
OK, keep the chatter down in this room
T1, standby for T1

Stay-no-stay all flight controllers:

Retro? Stay
FIDO? Stay
Guidance? Stay
Control? Stay
TELCOM? Stay
GNC? Stay
EECOM? Stay
Surgeon? Stay

[Chorus]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
Go Go Go Go


Go!

[PAO]
C’est Apollo Control à 102 heures dans le vol d’Apollo 11
Le calme relatif s’est posé ici à Mission Control
Il y a quelques minutes, le directeur de vol Gene Kranz a demandé à tout le monde de s’asseoirs
À se préparer aux événements qui arrivent
Et il a fini par une remarque de bonne chance à tous

[PAO]
12 minutes maintenant jusqu’à l’allumage des moteurs de descente
Tout semble très bien aller à ce moment

[Gene Kranz]
OK, tous les contrôlleurs de vol pour le go-no-go pour la descente

[Refrain]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go

[Kranz]
CAPCOM, nous sommes go pour la descente

[PAO]
C’est un bon début, gardez votre sang froid

[Kranz]
OK les contrôlleurs de vol, je tourne autour de la corne
OK…

[Refrain]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go

[Kranz]
CAPCOM, nous sommes go pour l’attérissage
OK personne ne bouge, regardez le radar d’atterrissage

[Aldrin]
23 mètres. 15 cm en moins
[Duke]
Alarme 12 02
[Duke]
60 secondes
[Bales]
Nous sommes… nous sommes go sur cela, Directeur
[Kranz]
Nous sommes GO sur cette alarme ?
[Aldrin]
9 mètres, 76 cm
[Bales]
C’est… Si cela ne se reproduit pas, nous serons GO
[Kranz]
30 secondes
[Aldrin]
12 01
[Bales]
12 01
[Duke]
Bien reçu, alarme 12 01
[Kranz]
Alarme 12 01
[Bales]
Même type, nous sommes GO, Directeur
[Kranz]
OK, nous sommes go
[Carlton]
Nous avons coupé les gaz

[Armstrong]
Houston, Houston, ici Base de la Tranquillité, l’Aigle s’est posé

[Kranz]
OK, taisez-vous ici
T1, attendez le T1

Stay-no-stay tous les contrôleurs de vol :

Retro? Stay
FIDO? Stay
Guidance? Stay
Control? Stay
TELCOM? Stay
GNC? Stay
EECOM? Stay
Surgeon? Stay

[Refrain]
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
TELCOM? Go
GNC? Go
EECOM? Go
Surgeon? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
Retro? Go
FIDO? Go
Guidance? Go
Control? Go
Go Go Go Go

VOSTOK 6

Mentionné sur Valentina

Vol conjoint avec Vostok 5, Vostok 6 a emmené la première femme dans l’espace, la cosmonaute soviétique Valentina Terechkova.

C’était principalement une opération de communication de la part du directeur du programme spatial soviétique Serguei Korolev (la seconde femme spationaute – soviétique elle aussi – ne volera que 19 ans plus tard), mais quelques données sur le comportement du corps féminin en impesanteur ont toutefois pu être recueillies.

La programme Vostok comportait également un vol supplémentaire avec un équipage entièrement féminin de deux personnes, mais l’arrêt du programme Vostok a empêché la réalisation de cette mission, et ce vol a été le dernier du programme.

Le module de retour est désormais exposé au RKK Energia Museum à Kalouga.

Équipage

Remplaçante

  • Valentina Ponomaryova

Paramètres de la mission

  • Masse : 4 713 kg
  • Périgée : 165 km
  • Apogée : 166 km
  • Inclinaison : 64,9°
  • Période : 87,8 minutes
  • Identifiant : Чайка (Tchaïka – “Mouette”)

Source : Wikipédia France

VALENTINA TERECHKOVA

Mentionnée dans Valentina

Valentina Vladimirovna Terechkova (en russe : Валентина Владимировна Терешкова), née le à Maslennikovo, raïon de Toutaïev dans l’oblast de Iaroslavl, est la première femme à effectuer un vol dans l’espace, et est la première cosmonaute soviétique, grâce à son vol du 16 au . Valentina Terechkova reste à ce jour la seule femme à avoir effectué un voyage en solitaire dans l’espace et la plus jeune cosmonaute.

Après le succès du vol de Youri Gagarine, Sergueï Korolev, le père du programme spatial soviétique, a l’idée d’envoyer une femme dans l’espace. Ouvrière du textile à 18 ans, elle est choisie parmi plus de 400 candidates pour devenir, sous la houlette de Youri Gagarine, la première femme dans l’espace.

L’entraînement incluait des vols en apesanteur, des tests d’isolement, des tests de centrifugeuse, de l’ingénierie spatiale, de la propulsion théorique, 120 sauts en parachute et un entraînement de pilote sur des avions de combat MiG-15UTI. Cependant les femmes n’étaient pas vraiment intégrées au détachement des cosmonautes ni estimées égales à eux pour les affectations de vols. Les dirigeants soviétiques considéraient les vols de femmes dans l’espace seulement comme un outil de propagande, ce qu’était déjà une grande partie de la conquête de l’espace pendant la guerre froide. C’est Nikita Khrouchtchev lui-même qui a fait la sélection finale, choisissant Terechkova sur les cinq femmes finalistes.

Après cet unique vol, elle a épousé le cosmonaute Andrian Nikolaïev. Le couple a donné naissance à une petite fille, Elena, devenue ensuite médecin, et s’est séparé peu après. Puis elle a quitté le programme spatial soviétique et a repris ses études à l’académie Joukovski. En 1969, elle a obtenu son diplôme d’ingénieur en aéronautique. Elle est devenue instructeur et a obtenu le grade de major-général de l’armée de l’air.

En 1971, elle est devenue membre du comité central du Parti communiste de l’Union soviétique, et députée.

Sous l’indicatif “La mouette” (en russe : Ча́йка, Tchaïka), Valentina Terechkova a effectué 48 orbites autour de la Terre à bord de Vostok 6, en 70 heures et 41 minutes, du à 12h30 au à 11h11. Cette durée de vol de 2 jours 22 heures et 41 minutes représentait, en une seule mission, plus que le total des heures de vol de tous les astronautes américains de l’époque.

Bien que Terechkova ait souffert de nausées et d’inconfort physique pendant la plus grande partie du vol, elle a rempli un journal de bord et pris des photographies de l’horizon, qui seront ensuite utilisées pour identifier des couches d’aérosols dans l’atmosphère.

Vostok 6 était le dernier vol d’un Vostok et avait été lancé seulement deux jours après Vostok 5 qui transportait Valeri Bykovski en orbite pour cinq jours, atterrissant seulement trois heures après Terechkova dans Vostok 6. À un moment, les deux vaisseaux étaient à seulement cinq kilomètres de distance et un contact radio a été établi entre eux.

Le programme automatique d’orientation du vaisseau connut des défaillances lors du vol. Vostok 6 montait au lieu de descendre, et il avait tendance à s’éloigner de la Terre lors de chaque révolution au lieu de s’en approcher. Les données du système de commande ont dû être modifiées pour revenir sur une bonne orbite. À l’occasion d’une exposition organisée à Londres en 2015 et consacrée à la conquête spatiale soviétique, elle explique que la défaillance était imputable à une erreur de programmation du vaisseau.

Lors de la phase finale de l’atterrissage de Vostok 6, Valentina Terechkova s’est éjectée comme prévu, mais elle s’est retrouvée au-dessus d’un lac. Elle a réussi toutefois à survoler le lac en parachute et à atterrir sur la terre ferme.

Valentina Terechkova reste à ce jour l’unique femme à avoir effectué seule un voyage dans l’espace. Il faudra attendre dix-neuf ans avant qu’une autre femme aille dans l’espace, la Soviétique Svetlana Savitskaïa, et vingt ans avant qu’une femme d’une autre nationalité s’y lance à son tour, l’Américaine Sally Ride.

À ce jour, Valentina Terechkova demeure également la plus jeune femme à avoir réalisé un voyage spatial. Lors de sa mise sur orbite, elle était en effet âgée de 26 ans, contre un peu moins de 28 ans pour la Britannique Helen Sharman, et 29 ans pour la sud-coréenne Yi So-yeon, qui sont les plus jeunes spationautes après elle. Par comparaison, le plus jeune des cosmonautes est Guerman Titov, qui avait 25 ans et 11 mois lors de son vol.

Un cratère de la face cachée de la Lune d’un diamètre de 31 km a été baptisé de son nom.

Valentina Terechkova est citoyenne d’honneur de quinze villes du monde : Kalouga et Iaroslavl en Russie, Vitebsk en Biélorussie, Baïkonour et Karaganda au Kazakhstan, Gumri en Arménie, Montreuil et Drancy en France, Montgomery en Grande-Bretagne, Polizzi Generosa en Italie, Darhan en Mongolie, Sofia, Bourgas, Pétritch, Stara Zagora, Pleven et Varna en Bulgarie et Bratislava en Slovaquie.

Le 22 juin 1963, elle a été nommée Héros de l’Union soviétique, la plus haute distinction de l’URSS. L’Ordre de Lénine et la médaille de l’Étoile d’or lui ont également été décernés. L’Organisation des Nations unies lui a décerné la médaille d’or de la paix, et la France lui a remis la médaille Joliot-Curie.

Le 22 janvier 1969, elle sort indemne de l’attentat perpétré par le lieutenant Viktor Iline contre Léonid Brejnev. Vers 14 heures, alors que le cortège officiel entre au Kremlin, Iline ouvre le feu sur la voiture qu’il pense, à tort, être occupée par le Secrétaire général du PCUS. S’y trouvent en réalité quatre cosmonautes, Valentina Terechkova, Alexeï Leonov, Andrian Nikolaïev, Gueorgui Beregovoï et leur chauffeur. Au cours de la fusillade, seize balles atteignent le véhicule : le chauffeur est tué et Beregovoï, blessé.

Le 7 février 2014, elle est une des quatre femmes qui, avec quatre hommes, portent le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de 2014 à Sotchi.

Source : Wikipédia France

JAMES LOVELL

Samplé sur The Other Side

James Arthur Lovell, Jr., dit “Jim” Lovell (né le à Cleveland, Ohio) est un astronaute américain de la NASA, connu pour avoir été le commandant de la mission Apollo 13.

Né à Cleveland, dans l’Ohio, d’une mère tchèque, il a étudié à l’université du Wisconsin, où il a rejoint la fraternité Alpha Phi Omega puis à l’Académie navale d’Annapolis. Il a été mobilisé pendant la guerre de Corée.

Il a été sélectionné comme astronaute en 1962 dans le groupe d’astronautes 2 de la NASA. Comme Pete Conrad, il avait été un candidat pour le Mercury Seven (1er groupe d’astronautes), mais n’a pas été sélectionné en raison d’un taux élevé de bilirubine dans le sang.

Il a pris sa retraite de la NASA en 1973 et est devenu entrepreneur jusqu’en 1991. Il s’est marié en 1952 et a quatre enfants.

Lovell a été pilote remplaçant de la mission Gemini 4, puis a fait son premier vol sur Gemini 7 en décembre 1965 et a pris part au premier rendez-vous spatial avec Gemini 6A.

À cette occasion, il a battu le record de durée dans l’espace, avec 14 jours.

Il était prévu que Lovell soit commandant remplaçant de la mission Gemini 10, mais après le décès d’Elliott See et Charles Bassett, il est devenu commandant de Gemini 9A, et, en novembre 1966, a fait son second vol en tant que commandant sur la mission Gemini 12. Après ces deux missions, il est devenu le pilote à avoir passé le plus de temps dans l’espace.

Il a pris part à la mission Apollo 8 par suite de l’indisponibilité de Michael Collins, en compagnie de Frank Borman et William Anders, la première en orbite lunaire. Il a pulvérisé, à cette occasion le record du plus grand éloignement de la Terre, de la durée d’un voyage dans l’espace, et a fait partie des premiers hommes à voir directement la face cachée de la Lune.

Pour avoir réalisé cet exploit, Lovell et ses collègues Anders et Borman, le Time les a nommés “Men of the year”.

Il était le commandant de l’équipe de remplacement de la mission Apollo 11, mission qui a débouché sur les premiers pas sur la lune de Neil Armstrong, commandant de l’équipe effective.

Le , Lovell a décollé avec Apollo 13 en compagnie de Fred Haise et Jack Swigert, devant alunir sur la Lune avec Haise. Mais un réservoir d’oxygène a explosé le 13 avril et la mission a été déroutée. Utilisant les réserves du module lunaire, Lovell et son équipage ont fait le tour de la Lune (un demi-tour était techniquement impossible) sans effectuer la mission prévue et sont revenus saufs le 17 avril. Lovell a donc été, avec John Young et Gene Cernan, un des trois hommes à aller deux fois vers la Lune, mais a été le seul des trois à ne jamais y poser le pied.

Il a écrit, en collaboration avec un journaliste du Time Jeffrey Kluger, un livre sur la mission Apollo 13, Lost Moon. Le livre a été adapté au cinéma par Ron Howard sous le titre Apollo 13, avec Tom Hanks dans son rôle. Jim Lovell y fait un caméo à la toute fin du film, dans le rôle du commandant du porte-hélicoptère Iwo-Jima.

Source : Wikipédia France

WILLIAM ANDERS

Samplé sur The Other Side

William Anders, né le 17 octobre 1933 à Hong Kong, est un astronaute de la NASA.


Biographie

Anders est né à Hong Kong et a été diplômé de l’Académie navale d’Annapolis en 1955 puis en ingénierie nucléaire à l’Air Force Institute of Technology de la base de Wright-Patterson (Ohio) en 1962. Il a atteint le grade de Major-General (Général de division en France) dans l’USAF.


Activités à la NASA

En 1964, William Anders est sélectionné comme astronaute par la NASA. Il travaille dans les domaines de la dosimétrie, des effets des radiations et les aspects environnementaux. Il est pilote remplaçant de la mission Gemini XI , puis membre de la mission Apollo 8 qui est la première en orbite lunaire en décembre 1968 et est remplaçant de la mission Apollo 11. Lors de la mission Apollo 8, il prend notamment la célèbre photographie Earthrise qui montre un lever de Terre depuis l’orbite lunaire.


Carrière après la NASA

William Anders est nommé en 1973 président de la délégation américaine dans le programme d’échange américano-russe sur la fission et la fusion nucléaire, puis nommé, par le président Gerald Ford, premier président du Nuclear Regulatory Commission. Il est ensuite ambassadeur des États-Unis en Norvège jusqu’en 1977.

Il rejoint ensuite General Electric en 1977, qu’il quitte en 1984 pour le groupe Textron, puis, en 1990, il rejoint General Dynamics. Il prend sa retraite en 1994.

Source : Wikipédia France

FRANK BORMAN

Samplé sur The Other Side

Frank Borman, né le 14 mars 1928 à Gary (Indiana) et mort le 7 novembre 2023 à Billings (Montana), est un astronaute américain qui a effectué deux missions ayant joué un rôle majeur dans le programme Apollo : Gemini 7 au cours duquel est réalisé le premier rendez-vous orbital et Apollo 8 qui est la première mission avec équipage ayant quitté l’orbite terrestre basse et ayant orbité autour de la Lune.

Borman grandit à Tucson en Arizona. Il décroche un diplôme d’officier à l’Académie militaire de West Point en 1950 puis rejoint l’armée de l’air américaine où il devient pilote d’avion de chasse. En 1957 il décroche une maitrise en ingénierie aéronautique au California Institute of Technology (Caltech) puis devient professeur adjoint en thermodynamique et mécanique des fluides à West Point. Il est sélectionné en 1960 pour suivre une formation de pilote d’essai de l’armée de l’Air et est affecté à la base aérienne Edwards dont il sort diplômé en 1961.

L’agence spatiale américaine, la NASA, recrute en 1962 son deuxième groupe d’astronautes. Ceux-ci sont à l’époque choisis principalement parmi les pilotes d’essais. Borman fait partie des candidats proposés par l’Armée de l’Air et est une des neuf personnes sélectionnées. Il est choisi pour commander la mission Gemini 7 (1965) : au cours de la mission est réalisée pour la première fois un rendez-vous spatial avec le vaisseau Gemini 6 et un nouveau record de durée de séjour dans l’espace (14 jours) est établi. En 1967 il représente le corps des astronautes au sein de la commission d’enquête chargée de déterminer les causes de l’incendie d’Apollo 1 ayant entrainé la mort de trois astronautes. Il commande en 1968 la mission Apollo 8 qui est la première mission à quitter l’orbite terrestre basse et à se placer en orbite autour de la Lune permettant pour la première fois d’observer la face cachée de celle-ci. On lui propose de commander la première mission devant atterrir sur la Lune (Apollo 11) mais il refuse et donne sa démission de la NASA et prend sa retraite d’officier avec le grade de colonel en 1970.

Il entame ensuite une carrière dans la compagnie aérienne Eastern Air Lines où il occupe d’abord le poste de vice-président puis à partir de 1975 celui de président directeur général. Sous sa direction, Eastern Air Lines, qui était déficitaire depuis de nombreuses années, renoue avec les profits, mais la libéralisation de la réglementation sur les droits de vol aux États-Unis ainsi que l’endettement accumulé par la société provoquent des licenciements, puis des conflits avec les syndicats qui entraînent sa démission en 1986. Il s’installe un temps au Nouveau-Mexique tout en siégeant dans de nombreux conseils d’administration puis devient en 1998 éleveur après l’achat d’un ranch dans le comté de Big Horn dans le Montana.


Biographie

Jeunesse et formation

Frank Frederick Borman II naît le 14 mars 1928 à Gary dans l’Indiana. Il est le fils unique d’Edwin Otto Borman et de son épouse Marjorie Ann (née Pearce) qui l’ont prénommé d’après son grand-père paternel. Il est d’ascendance allemande. Parce qu’il souffre de nombreux problèmes de sinus et de mastoïdes par temps froid et humide, sa famille déménage dans le climat plus clément de Tucson en Arizona, que Borman considère comme sa ville natale. Son père y achète un bail pour une station-service Mobil.

Borman fréquente la Sam Hughes Elementary School à Tucson, où il joue au football et au baseball. Il étudie ensuite au Mansfield Junior High, où il s’essaye au football américain. Il gagne de l’argent en livrant l’Arizona Daily Star.

Après Mansfield, Borman poursuit ses études à la Tucson High School. Il joue au poste de quarterback dans l’équipe junior du lycée, puis devient le quarterback remplaçant de l’équipe du lycée. Profitant d’une blessure du titulaire, il joue la majeure partie de la saison et malgré le peu de réussite à son poste, l’équipe remporte le championnat régional. Il commence également à fréquenter Susan Bugbee, une élève en deuxième année de son école.

Après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale en 1941, ses parents trouvent du travail dans la nouvelle usine d’aéronefs Consolidated Vultee (futur Convair) à Tucson. À l’âge de cinq ans, il a son baptême de l’air en avion ; il apprend à piloter à l’âge de quinze ans. Lorsqu’il obtient sa licence de pilote étudiant, il rejoint un club de pilotage local. Il construit également des maquettes d’avions en balsa.

Borman aide un ami à construire des modèles réduits d’avions lorsque le père de celui-ci le questionne sur ses projets d’avenir : Frank souhaite aller à l’université et étudier l’ingénierie aéronautique. Cependant, ses parents n’ont pas suffisamment d’argent pour l’envoyer dans une université hors de l’État. Or, ni l’université de l’Arizona, ni l’université d’État de l’Arizona n’offrent de cours de premier ordre en Génie aéronautique à cette époque. D’autre part, son niveau en football américain est trop faible pour obtenir une bourse sportive ; et il n’a pas les relations nécessaires pour obtenir un rendez-vous à l’Académie militaire de West Point. Il envisage donc de rejoindre l’armée, ce qui lui permettrait de se qualifier pour un enseignement gratuit dans le cadre du programme G.I. Bill. Le père de son ami connaît Richard F. Harless, le membre du Congrès des États-Unis qui représente l’Arizona. Harless soutient déjà un candidat pour West Point ; le père de son ami convainc Harless d’inscrire Borman comme troisième alternative. Borman passe l’examen d’entrée à West Point. Comme ses chances d’y être nommé sont minces, il passe également l’examen physique de l’armée, et réussit les deux.

Vu le changement de mentalité vis-à-vis de l’armée à la fin de la guerre, les trois candidats nommés devant lui démissionnent. Ainsi, au lieu de se rendre au Fort MacArthur après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, il se rend à West Point.

Borman entre à l’Académie le 1er juillet 1946 avec la promotion de 1950. De nombreux membres de la classe sont plus âgés que lui et ont réalisé un service actif au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le bizutage par les classes supérieures est également courant. Un autre défi pour Borman est d’apprendre à nager. Il essaye sans succès d’intégrer l’équipe de football américain. L’entraîneur-chef Earl Blaik l’engage en tant qu’entraîneur-adjoint. Dans sa dernière année, Borman est capitaine de cadets, commandant sa compagnie et directeur de l’équipe de football universitaire.

Borman choisit d’être nommé sous-lieutenant de l’armée de l’air américaine (USAF) le 2 juin 1950. Avant la création de l’United States Air Force Academy (USAFA) en 1954, l’armée de l’air est autorisée à accepter jusqu’à un quart des diplômés de West Point. Pour que les officiers de l’armée de l’air diplômés de West Point aient la même ancienneté que ceux de l’Académie navale d’Annapolis, la classe entière est commissionnée quatre jours avant l’obtention de son diplôme. Borman obtient son Bachelor of Science le 6 juin 1950, se classant 8ème sur 670.

Il rentre à Tucson avec ses parents, dans son Oldsmobile 88 flambant neuve, pour le traditionnel congé de soixante jours après l’obtention du diplôme. Séparé de Susan lorsqu’il se trouve à West Point, il reconsidère ce choix. Elle a obtenu un diplôme en hygiène dentaire à l’université de Pennsylvanie et envisage de commencer un diplôme en arts libéraux à l’université de l’Arizona. Il la persuade de le revoir et lui fait sa demande en mariage. Elle accepte et ils se marient le 20 juillet 1950 à l’église épiscopalienne Saint-Philippe de Tucson.


Armée de l’air

Après une brève lune de miel à Phoenix en Arizona, Borman se rend en août 1950 à la base aérienne Perrin au Texas, pour y suivre une formation de base au North American T-6 Texan. Les meilleurs étudiants de la classe ont le privilège de choisir leur spécialité et Borman choisit de devenir pilote de chasse. Il est donc envoyé à la base aérienne Williams, près de Phoenix, en février 1951 pour une formation avancée, initialement sur North American T-28 Trojan, puis sur le chasseur à réaction Lockheed P-80 Shooting Star.

Des pilotes de chasse sont envoyés en Corée du Sud où la guerre de Corée a éclaté l’année précédente. Il demande à être affecté à la base aérienne Luke près de Phoenix — Susan étant enceinte de huit mois — ; il est affecté à la base aérienne Nellis dans le Nevada. Là, il s’entraîne aux bombardements aériens et au tir au canon. Son premier enfant, un fils appelé Frederick Pearce, y naît en octobre. Borman reçoit ses ailes de pilote le 4 décembre 1951.

Peu de temps après, il se blesse et a un tympan perforé alors qu’il pratique des bombardements en piqué avec un rhume. Au lieu d’aller en Corée, il reçoit l’ordre de se rendre au camp Stoneman d’où il monte à bord d’un transport de troupes, l’USNS Fred C. Ainsworth, le 20 décembre 1951, à destination des Philippines. Susan vend leur automobile pour s’acheter des billets d’avion afin de le rejoindre. Il est affecté au 44th Fighter Squadron de la base aérienne Clark, où il est sous les ordres du major Charles McGee, un ancien pilote de chasse connu pour avoir fait partie des Tuskegee Airmen.

Initialement, Borman est restreint à des tâches au sol en raison de sa blessure, car, bien qu’il soit guéri, les médecins de la base craignent une autre perforation s’il vole de nouveau. Il persuade McGee de l’accompagner dans un T-6, puis un Lockheed T-33 Silver Star. Cela convainc les médecins, et le statut de vol de Borman est rétabli le 22 septembre 1952. Son deuxième fils, Edwin Sloan, naît sur la base en juillet 1952.

Borman retourne aux États-Unis, où il devient instructeur de vol aux instruments sur avions à réaction à la base aérienne Moody en Géorgie, principalement sur T-33.

En 1955, il obtient le transfert à la base aérienne Luke. La plupart de ses vols se font en F-80 (une variante du P-80 Shooting Star), F-84 Thunderjet, F-84F Thunderstreak et T-33.

En 1956, il reçoit l’ordre de rejoindre la faculté de West Point, après avoir obtenu une maîtrise en génie aéronautique. Ne voulant pas passer deux années à se qualifier pour un poste autre que celui de pilote pouvant durer trois autres années, il cherche un programme de maîtrise d’une durée d’un an seulement et opte pour celui du California Institute of Technology (Caltech). Il obtient une maîtrise en génie aéronautique en juin 1957, puis devient professeur adjoint en thermodynamique et en mécanique des fluides à West Point, poste qu’il occupe jusqu’en 1960. Il découvre son intérêt pour l’enseignement. Il est toujours capable de piloter un T-33 depuis la base aérienne Stewart au cours des week-ends. Un été, il s’entraîne également à la survie dans la base aérienne Stead (futur aéroport Reno Stead) au Nevada.

En juin 1960, Borman est sélectionné pour appartenir à la promotion 60-C de l’école des pilotes d’essai de l’United States Air Force de la base aérienne Edwards en Californie et devient pilote d’essai. Cette promotion, qui compte les futurs astronaute Michael Collins et James Irwin, est diplômée le 21 avril 1961. Thomas Stafford, un autre futur astronaute, est l’un des instructeurs.

Après l’obtention de son diplôme, Borman est accepté parmi les cinq étudiants de la première promotion de l’Aerospace Research Pilot School (ARPS), une école de troisième cycle destinée aux pilotes d’essai, qui les prépare à devenir astronautes. Cette promotion compte le futur astronaute James McDivitt. Les cours comprennent un cours sur la mécanique orbitale à l’université du Michigan, ainsi que des vols en impesanteur à bord d’un KC-135 Stratotanker et d’un C-131 Samaritan modifiés.

Borman commence la formation avec le F-104 Starfighter. Il s’agit de vols jusqu’à 21 336 m (70 000 ft) où le moteur est coupé par manque d’oxygène, puis un autre moteur pousse l’appareil jusqu’à 27 432 m (90 000 ft). Ceci est suivi d’une descente et d’un redémarrage du moteur lors de celle-ci. Une combinaison pressurisée est donc nécessaire.

Le 18 avril 1962, la National Aeronautics and Space Administration (NASA) annonce officiellement qu’elle incorpore, dans le cadre du nouveau programme Gemini, un nouveau groupe d’astronautes, qui s’ajoutent aux sept du premier groupe – les “Mercury Seven” – sélectionnés en 1959 dans le cadre du programme Mercury.

L’armée de l’air mène son processus de sélection interne et soumet les noms de onze candidats. L’armée leur dispense une brève formation en mai 1962 sur la manière de parler et de se conduire pendant le processus de sélection de la NASA pour maximiser leurs chances. La sélection de Borman par la NASA dans le groupe 2 – les “Next Nine” – est annoncée publiquement le 17 septembre 1962. Chuck Yeager, le commandant de l’école des pilotes d’essai de l’United States Air Force à la base aérienne Edwards et premier homme à franchir le mur du son, lui dit : “Tu peux dire adieu à ta maudite carrière dans l’armée de l’air”.

Au cours de sa carrière militaire, Borman enregistre 3 600 heures de vol, dont 3 000 dans des avions à réaction.


Carrière d’astronaute

Borman emménage avec sa famille à Houston au Texas, où le Manned Spacecraft Center (MSC) – futur Centre spatial Lyndon B. Johnson – est toujours en cours d’établissement.

Suivant le fonctionnement éprouvé par les Mercury Seven, chacun des neuf aspirants-astronautes se voit attribuer un domaine particulier dans lequel il peut développer une expertise afin de le partager avec les autres en fournissant des informations en matière de conception et d’ingénierie. Bien qu’il n’ait aucune expérience dans ce domaine, Borman se voit attribuer le booster Titan II utilisé par le programme Gemini comme champ d’étude. Dans ce cadre, il réalise de nombreuses visites aux usines Martin Marietta de Denver (Colorado) et de Baltimore (Maryland) où les Titan II sont construits.

Il est aussi responsable du système de détection d’urgence mis au point pour les cas d’abandon d’un décollage. Borman convient avec Wernher von Braun qu’il faut s’appuyer sur des systèmes automatisés dans des situations où le temps de réaction humain ne peut être assez rapide. Il s’oppose sur ce point à Warren J. North, le chef de la division de soutien aux équipages de la NASA, qui n’accepte pas l’idée qu’un système automatisé soit supérieur à l’habileté d’un être humain.

Le travail théorique est constitué, initialement, d’une formation en classe de quatre mois sur des sujets tels que la propulsion des engins spatiaux, la mécanique orbitale, l’astronomie, l’informatique et la médecine spatiale. Il y a également une familiarisation avec le vaisseau spatial Gemini, les boosters Titan II et Atlas, et le véhicule cible Agena utilisé pour les amarrages et rendez-vous spatiaux.

Des formations de survie sont dispensées dans la jungle à la base aérienne Albrook (futur aéroport international Albrook Marcos A. Gelabert) au Panama, dans le désert à la base aérienne Stead au Nevada, en milieu aquatique sur le Dilbert Dunker de la base aéronavale de Pensacola en Floride, et dans la baie de Galveston au Texas.

Il y a cinquante heures d’instruction en géologie, avec des excursions au Grand Canyon et au Meteor Crater en Arizona, ce que Borman pense être une perte de temps : “Je me moquais bien de ramasser des pierres”, a-t-il déclaré dans un entretien, “je voulais battre les Soviétiques sur la Lune”.


Programme Gemini et Gemini 7

Lorsque le chef des opérations des équipages, l’astronaute issu des Mercury Seven, Donald Slayton (dit Deke Slayton), établit un calendrier provisoire des vols du programme Gemini, il attribue le commandement du premier vol en équipage, Gemini 3, à l’astronaute Alan Shepard, lui aussi provenant du premier groupe, avec l’astronaute du deuxième groupe Thomas Stafford comme copilote. L’astronaute du premier groupe, Virgil Grissom, est nommé commandant de l’équipage de réserve, avec Borman comme copilote. Selon le système de rotation d’équipages élaboré par Slayton, l’équipage de réserve d’une mission devient l’équipage principal de la troisième mission d’après. Borman devient donc le copilote de Gemini 6, une mission de quatorze jours.

Une mission Apollo sur la Lune devait durer au moins une semaine, et l’un des objectifs du programme Gemini est de tester la capacité de l’équipage et des composants de l’engin spatial à opérer dans l’espace pendant cette période. Lorsque Shepard est interdit de vol à cause d’une maladie à l’oreille en octobre 1963, Grissom et Borman deviennent l’équipage principal de Gemini 3. Grissom invite Borman chez lui pour lui parler de la mission et, après une longue discussion, décide qu’ils ne peuvent pas travailler ensemble. Selon Eugene Cernan, “les ego de Grissom et Borman étaient trop gros pour tenir dans un seul vaisseau spatial”. Slayton remplace donc Borman par John Young.

Slayton souhaite toujours que Borman réalise le vol d’une durée de deux semaines, qui est alors Gemini 7. Borman est donc nommé commandant de réserve de Gemini 4, avec James Lovell comme copilote. Cela est officialisé le 27 juillet 1964 et il en résulte leur affectation à Gemini 7 le 1er juillet 1965, avec Edward White et Michael Collins en tant qu’astronautes de réserve. Borman est l’un des quatre membres de son groupe choisi pour commander leurs premières missions, les autres étant James McDivitt, Neil Armstrong et Elliot See, bien que ce dernier ait été tué dans un accident d’avion à réaction trois mois avant sa mission. Les équipages principaux et de réserve sont formés ensemble pour la mission, et Borman trouve précieuse l’expérience de réserviste, puisqu’elle équivaut à une répétition générale de leur propre mission.

Le fait que Gemini 7 dure quatorze jours est un paramètre connu depuis le début, et cela donne à Borman le temps de se préparer. Pour rester en forme, lui et Lovell courent entre trois et cinq kilomètres par jour et jouent au handball après le travail.

Ils visitent l’usine McDonnell Aircraft à Saint-Louis dans le Missouri, où leur engin spatial est construit. Avec 3 663 kg, il pèse 110 kg de plus que tout autre vaisseau spatial Gemini précédent. Des procédures spéciales sont développées pour la gestion des consommables et des déchets et une combinaison spatiale légère est mise au point pour améliorer le confort des astronautes.

Un changement majeur affectant la mission se produit lorsque le véhicule cible Agena pour Gemini 6 subit une défaillance. Cette mission est destinée à la pratique des rendez-vous orbitaux : une exigence du futur programme Apollo, et est donc un objectif du programme Gemini. Borman est au centre spatial Kennedy pour observer le lancement de Gemini 6, lorsqu’il entend deux responsables de McDonnell discuter de la possibilité d’utiliser Gemini 7 comme cible de rendez-vous. Borman rejette cette idée d’amarrage entre les deux vaisseaux spatiaux, tout en pensant que l’idée a du mérite. Après quelques discussions sur la manière dont cela peut être accompli, l’idée est cependant approuvée.

Le 6555th Aerospace Test Group démantèle Gemini 6 et assemble Gemini 7 au Complexe de lancement 19 de la base de lancement de Cap Canaveral. Gemini 7 est lancé le 6 décembre 1965 suivi du lancement de Gemini 6 avec Walter Schirra et Thomas Stafford à son bord le 15 décembre 1965. Gemini 6 effectue son rendez-vous spatial avec Gemini 7 dans la journée, en se plaçant à trente centimètres de celui-ci.

Lorsque Walter Schirra et Thomas Stafford, membres de Gemini 6, reviennent sur Terre, Borman et Lovell ont encore trois jours à tenir, dans un espace de la taille de l’habitacle avant d’une petite voiture. Borman commence à espérer que quelque chose se passe mal pour justifier un retour rapide. Enfin, le 18 décembre, la rentrée prévue est mise en œuvre et se déroule sans encombre. La capsule Gemini 7 amerrit à proximité du navire de récupération, le porte-avions USS Wasp. Borman n’étant jamais monté sur un porte-avions, il est impressionné par sa taille.

Il reçoit la médaille du service exceptionnel de la NASA pour cette mission au record de durée et est promu colonel. À trente-sept ans, il est à l’époque le plus jeune colonel de l’armée de l’air américaine.


Programme Apollo
Apollo 1

Dans la planification du programme Apollo, Slayton désigne de nouveaux équipages sous le commandement des astronautes expérimentés des premières missions Gemini. Dans les missions comportant un module lunaire, le pilote expérimenté (appelé plus tard “pilote du module de commande”) serait également un astronaute expérimenté, car il doit piloter le module de commande et de service seul. Borman se voit confier le rôle de réserviste pour la deuxième mission, qui se déroule en orbite terrestre sans module lunaire. Il commanderait ensuite la quatrième, une mission en orbite terrestre moyenne avec un module lunaire. Charles Bassett lui est attribué comme pilote expérimenté et William Anders en tant que pilote (plus tard connu sous le nom de “pilote du module lunaire”). Bassett doit voler à bord du Gemini 9, mais il meurt dans l’accident d’avion qui a également tué Elliot See. Ces morts modifient les ordres d’affectations et c’est Thomas Stafford qui est nommé en tant que pilote principal avec Michael Collins en tant que pilote. Par la suite, Stafford reçoit son équipage et Anders est réaffecté à l’équipage de Borman. Comme Collins a une expérience de vol spatial dans Gemini 10, il devient le pilote principal. La deuxième mission est déplanifiée, mais celle de Borman reste inchangée, bien qu’il s’agisse désormais de la troisième mission et qu’il n’a aucune responsabilité de réserviste. La sélection de l’équipage est officiellement annoncée dans un communiqué de presse de la NASA du 22 décembre 1966.

Le 27 janvier 1967, les membres de la première mission Apollo habitée, Apollo 1 (alors appelée AS-204), Virgil GrissomEdward White et Roger B. Chaffee, sont tués dans un incendie à bord de leur capsule. À la suite de cet accident, un comité d’enquête est chargé d’analyser les causes profondes de la catastrophe et de faire des recommandations de mesures correctives. Borman est le seul astronaute à siéger à ce comité composé de neuf membres. Il inspecte le module de commande incendié et vérifie la position des interrupteurs et des disjoncteurs. En avril 1967, alors qu’il siège au conseil d’administration, Borman est l’un des cinq astronautes avec Alan Shepard, Walter Schirra, Donald Slayton (dit Deke Slayton) et James McDivitt à témoigner devant les comités de la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis qui enquêtent sur l’incendie d’Apollo 1. Borman doit répondre à des questions difficiles et parfois hostiles. Son témoignage convainc le Congrès que les missions Apollo seront sûres une fois les recommandations prises en compte. Il déclare notamment : “Nous essayons de vous dire que nous avons confiance en notre gestion, en notre ingénierie et en nous-mêmes. Je pense que la question est plutôt : avez-vous confiance en nous ?”.

À la suite de la catastrophe, Joseph Francis Shea démissionne en tant que responsable du programme Apollo. Robert Gilruth, directeur du MSC, propose le poste à Borman, qui le refuse. Le travail est alors confié à l’adjoint de Gilruth, George Low. Néanmoins, Borman accepte une affectation temporaire dans l’usine North American Aviation de Downey en Californie, où les modules de commande sont fabriqués, afin de superviser la mise en œuvre des recommandations du comité d’enquête. Borman est contraint de s’attaquer à l’une des causes profondes du désastre : l’opposition naturelle entre la qualité et le délai.

Borman se dispute avec le pilote d’essai Albert Scott Crossfield, responsable de l’ingénierie de la sécurité chez North American, au sujet de la conception efficace d’un système d’oxygène de secours. Borman refuse d’accepter la conception proposée car elle ne protège pas l’équipage de possibles émanations nocives. Crossfield s’oppose alors à la livraison par North American du S-II, le deuxième étage du lanceur Saturn V, qu’il considère comme peu sûr. Borman informe la direction de North American qu’il ne peut plus travailler avec Crossfield, lequel quitte l’entreprise. Une trappe redessinée facilitant l’évacuation des astronautes en quelques secondes au lieu de quelques minutes ajoute 680 kg au poids de la capsule. Les parachutes sont également repensés pour pouvoir supporter le poids supplémentaire et les nouveaux essais entraînent un coût supplémentaire. Cela conduit à une autre opposition avec George Mueller, qui pense que ce surcoût est excessif.


Apollo 8

La mission de test du module lunaire en orbite terrestre moyenne de Borman est désormais prévue pour Apollo 9 et provisoirement pour le début de l’année 1969, après une orbite terrestre basse commandée par James McDivitt en décembre 1968. Les affectations de l’équipage sont officiellement annoncées le 20 novembre 1967 mais en juillet 1968, Michael Collins a une hernie discale qui nécessite une intervention chirurgicale. Il est remplacé par James Lovell, réunissant ainsi Borman avec son ancien équipier de Gemini 7. Lorsque le module lunaire d’Apollo 8 arrive au centre spatial Kennedy en juin 1968, plus d’une centaine de défauts importants sont découverts, ce qui amène Gilruth à conclure que ce module lunaire ne pourra voler en 1968.

En août 1968, en réponse à un rapport de la Central Intelligence Agency (CIA) selon lequel les Soviétiques envisagent un survol lunaire avant la fin de l’année, Low propose une solution audacieuse pour maintenir le programme Apollo sur les rails. Étant donné que le prochain module de commande et de service serait prêt trois mois avant le module lunaire réparé, une mission uniquement avec le premier module peut être effectuée en décembre. Au lieu de répéter le vol d’Apollo 7, il serait possible de l’envoyer vers la Lune, en entrant en orbite lunaire avant de revenir sur Terre. Cela signifie également que la mission en orbite terrestre moyenne n’est plus utile, tout en respectant la perspective d’un alunissage prévu pour la mi-1969. Avec le changement de mission pour Apollo 8, Slayton demande à McDivitt s’il souhaite toujours le piloter, ce que ce dernier refuse. En effet, son équipage a passé beaucoup de temps à se préparer à tester le module lunaire et il veut encore réaliser cet objectif. Quand la même question est posée à Borman, il répond “oui” sans aucune hésitation. Slayton décide alors d’échanger les équipages et les vaisseaux spatiaux des missions Apollo 8 et 9.

Apollo 8 est lancé le 21 décembre 1968. Le deuxième jour, Borman se réveille malade. Il vomit deux fois et souffre d’une diarrhée. Le vaisseau spatial est alors rempli de boules de vomissures et d’excréments que les membres d’équipage nettoient du mieux qu’ils le peuvent. Borman souhaite cacher ses problèmes médicaux, mais Lovell et Anders souhaitent en informer le centre de contrôle de mission. L’équipage d’Apollo 8 et le personnel médical au sol concluent qu’il y a peu d’inquiétude et que la maladie de Borman est soit une gastro-entérite comme le pense Borman, soit une réaction indésirable à un somnifère. Les chercheurs pensent depuis qu’il souffre du mal de l’espace, qui affecte environ un tiers des astronautes lors de leur premier jour dans l’espace, car leur système vestibulaire s’adapte à l’apesanteur. Ce syndrome d’adaptation spatiale ne s’est pas manifesté lors des missions Mercury et Gemini, probablement parce que les astronautes ne peuvent se déplacer librement dans les petites cabines de ces engins spatiaux. L’espace cabine accru dans le module de commande Apollo donne aux astronautes une plus grande liberté de mouvement, contribuant ainsi à ces symptômes.

Après la première injection trans-lunaire (ITL) habitée de l’histoire, le 24 décembre, Apollo 8 entre en orbite lunaire. L’équipage fait dix orbites lunaires en vingt heures avant de revenir sur Terre, préparant la mission Apollo 11, celle du premier pas sur la Lune. La mission est aussi connue pour l’emblématique photographie Lever de Terre prise par William Anders et montrant la Terre s’élevant au-dessus de l’horizon lunaire alors que le module de commandement tourne autour de la Lune, et pour la lecture télévisée de la Genèse en orbite lunaire, diffusée via la télévision à l’échelle mondiale. Environ six semaines avant le lancement, le directeur adjoint des affaires publiques de la NASA, Julian Scheer, annonce à Borman qu’une émission télévisée est prévue et lui suggère de trouver quelque chose d’approprié à dire. Borman consulte Simon Bourgin, qui travaille à la United States Information Agency (USIA), et avait accompagné Borman et Lovell lors d’une tournée en Extrême-Orient après la mission Gemini 7. Bourgin, à son tour, consulte Joe Laitin, un ancien journaliste d’United Press International, qui suggère à l’équipage d’Apollo 8 de lire le Livre de la Genèse.

Le capsule d’Apollo 8 amerrit de nuit le 27 décembre à la demande de Borman car un amerrissage de jour aurait obligé à parcourir douze orbites lunaires, ce qu’il juge superflu. Lorsque la capsule touche l’eau, Borman n’actionne pas assez rapidement le commutateur pour détacher les parachutes. Cela a pour effet de laisser la capsule à l’envers. Dans cette position, la balise clignotante ne peut pas être vue par les hélicoptères de récupération. Il récupère la situation en gonflant les bouées situées dans le nez du vaisseau spatial, afin qu’il se redresse. Les règles de la mission exigeant une récupération de jour, l’équipage doit donc attendre 45 minutes jusqu’au lever de soleil avant que les hommes-grenouilles dépêchés sur place puissent ouvrir les écoutilles. Borman a le mal de mer et vomit, néanmoins heureux de pouvoir être embarqué à bord du navire de récupération, le porte-avions USS Yorktown.

Le succès d’Apollo 8 arrive à la fin de l’année 1968, une année qui est marquée par de nombreux bouleversements aux États-Unis et dans la plupart des pays du monde, à l’exemple de la guerre du Viêt Nam. Ils sont les premiers êtres humains à graviter autour d’un autre corps céleste, survivant à une mission que même l’équipage estimait n’avoir qu’une chance sur deux de réussir pleinement. L’effet positif d’Apollo 8 est résumé dans un télégramme d’un étranger reçu par Borman après la mission : “Merci Apollo 8. Vous avez sauvé 1968”.

L’équipage d’Apollo 8 participe à des parades à New York, Chicago et Washington où les membres reçoivent la médaille du service distingué de la NASA du président des États-Unis Lyndon B. Johnson. Borman reçoit également l’Air Force Distinguished Service Medal. Il effectue ensuite une tournée en Europe avec pour objectif secondaire d’en savoir plus sur les programmes spatiaux d’autres pays de l’OTAN. Il est accompagné de Bourgin et Nicholas Ruwe, assistant du chef du protocole au département d’État. Borman rencontre la reine Élisabeth II, le prince Philip et la princesse Anne au palais de Buckingham au Royaume-Uni, puis le président de la République française Charles de Gaulle en France, le pape Paul VI à Rome, ainsi que le roi Baudouin et la reine Fabiola de Belgique.


Apollo 11 et missions spéciales

Le journaliste spécialiste de l’espace, Andrew Chaikin, affirme que, après la mort de Virgil Grissom, Borman devient le choix de Donald Slayton pour commander la première tentative d’alunissage. À l’automne 1968, Slayton offre ce commandement à Borman, qui le refuse. Bien avant le décollage d’Apollo 8, Borman a décidé qu’il s’agit là de son dernier vol et qu’il prendrait sa retraite en 1970. Après vingt ans de service dans l’armée de l’air, ses droits à une pension seraient ouverts et il ne dispose pas d’expérience sur le Lunar Landing Research Vehicle (LLRV) qui simule le pilotage du module lunaire. En 1999, Borman confie lors d’un entretien que “ma raison de rejoindre la NASA était de participer au programme Apollo, le programme lunaire et, espérons-le, de battre les Russes. Je ne l’ai jamais [fait] pour des objectifs individuels. Je n’ai jamais voulu être le premier sur la Lune et franchement, en ce qui me concerne, quand Apollo 11 était terminé, la mission était finie. Le reste était [la cerise sur le gâteau]”.

Pour la mission d’alunissage Apollo 11 en juillet 1969, Borman est affecté à la Maison-Blanche par la NASA auprès du président des États-Unis Richard Nixon. Il regarde le décollage depuis le bureau du président. Nixon a préparé un long discours à lire aux astronautes lors d’un échange téléphonique, mais Borman le persuade de garder ses paroles brèves et non partisanes. Il convainc également le président de ne pas jouer l’hymne américain The Star-Spangled Banner car cela aurait obligé les astronautes à perdre deux minutes et demie de leur temps sur la Lune, immobiles. Il accompagne le président dans Marine One lorsqu’il se rend sur le navire de récupération, le porte-avions USS Hornet, pour rencontrer l’équipage d’Apollo 11 à son retour.

En juin 1970, Borman prend sa retraite de la NASA et de l’armée de l’air en tant que colonel. Pour ses services en tant qu’astronaute, l’armée de l’air lui décerne la Distinguished Flying Cross et la Legion of Merit. En août, il entreprend une autre mission présidentielle spéciale, une tournée mondiale visant à obtenir un soutien pour la libération des prisonniers de guerre américains détenus par le Nord-Viêt Nam. À l’issue de sa mission de vingt-cinq jours dans vingt-cinq pays, Borman informe Nixon le 1er septembre à La Casa Pacifica de San Clemente en Californie du résultat de sa mission. Bien que celle-ci n’est pas un échec cuisant, la renommée de Borman ne lui permet pas de compenser son manque d’expérience politique sur un sujet aussi délicat. Le 22 septembre, il comparaît devant une réunion extraordinaire du Congrès tenue à la demande de la National League of POW/MIA Families en sa qualité d’envoyé présidentiel. Il témoigne que les prisonniers de guerre sont mal traités et exhorte le Congrès “de ne pas abandonner les hommes de votre pays qui ont tant donné pour vous”.

Borman effectue une autre mission pour l’armée. En 1976, l’Académie militaire de West Point est le théâtre d’un important scandale de triche. Les membres du corps professoral trouvent des réponses remarquablement similaires à une épreuve d’examen en génie électrique, un cours obligatoire qui fait partie de l’enseignement de plus de 800 cadets. Tricher étant une violation du code d’honneur des cadets, les tricheurs s’exposent à une expulsion. Les cadets sont jugés par des conseils d’honneur composés de douze membres et agissant comme de grands jurys. Néanmoins, le système est sujet aux abus et ceux qui sont jugés devant une commission d’appel composée de cinq officiers qui fonctionne comme un tribunal, sont souvent punis de “silence”, une forme de rejet. Borman est nommé à la tête d’une commission spéciale chargée d’enquêter sur l’affaire et d’en rapporter au Secrétaire de l’Armée. Finalement, 92 cadets sont réadmis et diplômés dans la promotion de 1978, tandis que plus de soixante autres déclinent l’offre d’amnistie et terminent leurs études ailleurs. Le fils de Borman, Frederick, membre de la promotion 1974 de West Point, est accusé de corruption. En tant que membre d’un conseil du code d’honneur des cadets, il aurait accepté un paiement afin de régler une affaire impliquant deux cadets accusés de tricherie. Frederick est dégagé de toute accusation après avoir passé un interrogatoire au détecteur de mensonge. Le fils cadet de Borman, Edwin, de la promotion 1975 de West Point, est également accusé d’irrégularités mais il n’existe aucune preuve appuyant ces accusations, qui sont rejetées.


Carrière postérieure
Eastern Air Lines

Au début de l’année 1969, Borman devient conseiller spécial de la compagnie aérienne Eastern Air Lines (EAL). L’année suivante, il suit le programme de gestion avancée de la Harvard Business School (HBS) pendant six semaines. Il rejoint EAL le 1er juillet 1970 et s’installe à Miami, en Floride. En décembre, il devient le premier vice-président chargé des opérations. Dans la soirée du 29 décembre 1972, Borman reçoit un appel téléphonique l’informant que le vol Eastern Air Lines 401 a disparu des radars près des Everglades en Floride. Il prend un hélicoptère et réussit à atterrir dans l’obscurité à 150 mètres du lieu de l’écrasement et, dans un marais dont l’eau lui arrive à la taille, aide les victimes de l’accident et charge les survivants dans des hélicoptères de sauvetage. 101 des 176 personnes présentes à bord trouvent la mort dans la catastrophe, soit sur le coup, soit des suites de leurs blessures.

Borman est promu au poste de vice-président exécutif chargé des opérations et est élu au conseil d’administration d’EAL en juillet 1974. En mai 1975, il est élu président et chef de l’exploitation par le conseil. Il est nommé chef de la direction d’EAL en décembre 1975 et devient président du conseil d’administration en décembre 1976, à une période où le prix du carburant quadruple. Parallèlement, il voit d’un mauvais œil certains aspects de la culture d’entreprise américaine, tels que les bureaux somptueux ou les voitures de société luxueuses, ou encore les notes de frais exagérées. La gestion de Borman en tant que président d’EAL permet des économies proches de neuf millions de dollars par an en salaires, notamment par le licenciement d’une centaines de cadres. EAL n’ayant pas réalisé de bénéfice depuis 1959, afin de poursuivre sa politique de réduction des coûts, Borman convainc les employés d’accepter un gel des salaires en 1976, avec une augmentation de 8 % en 1977, puis un programme de rémunération variable de cinq ans. Pour réussir ses changements, Borman se rend dans les installations de la compagnie aérienne dans vingt-huit États pour présenter ses propositions à ses employés. Il est finalement en mesure de refinancer la dette sur les 254 appareils de la société, c’est-à-dire de contracter de nouveaux emprunts pour rembourser les dettes actuelles avec de meilleures conditions de remboursement. Les bénéfices atteignent un record de 67,3 millions de dollars en 1978.

Obtenant un prêt gratuit d’un A-300B quelques mois en 1978, il permet à l’avionneur européen Airbus de pénétrer le marché américain ultra protectionniste en concrétisant par la suite l’achat de vingt-trois appareils de ce type. La réputation du président de la compagnie et le fait qu’il ne soit pas possible de remettre en cause son patriotisme, permettent à Airbus de vendre des appareils à d’autres compagnies aux États-Unis. Ainsi, Borman commande pour 1,4 milliard de dollars de nouveaux avions plus économes en carburant mais la dette de la société grimpe à 2,3 milliards de dollars. L’année 1979 est la dernière rentable jusqu’à 1985, car pendant cette période, EAL enregistre des pertes. Le ratio dette/fonds propres de la société s’élève alors à 8:1 et la dette nécessite 235 millions de dollars en paiements d’intérêts, soit environ 6,5 cents par dollar gagné.

La baisse de la rentabilité n’est due qu’en partie à la dette de la société car, en 1978, une déréglementation du transport aérien a également lieu. Cela entraîne une augmentation du nombre de transporteurs aériens aux États-Unis, qui passent de 30 à près de 100. Comme certains des nouveaux venus proposent des prix bas non rentables et non viables afin de gagner des parts de marché, EAL creuse ses pertes. Borman négocie des accords de réductions importantes de salaires avec les syndicats Air Line Pilots Association (ALPA), Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale (IAMTA) et Transport Workers Union (TWU). Dans le même temps, les salariés, nominalement rémunérés par des actions de la société, voient la valeur de celle-ci passer de 60 dollars par action en 1966 à 6 dollars en 1983. En proie aux difficultés, Borman est obligé de procéder à des licenciements importants. En 1984, puis en 1985, il n’y a plus de pertes mais la rentabilité reste trop basse. EAL menaçant de tomber en faillite et Borman essayant de négocier de nouveau avec les syndicats, la position de Borman devient menacée. Le conseil d’administration d’EAL décide de vendre la compagnie aérienne à Texas Air Corporation dirigée par Frank Lorenzo. Borman démissionne en juin 1986. Si l’échec personnel est important, il perçoit une indemnité de départ conséquente de près de 900 000 dollars avec un complément annuel de 150 000 dollars pour un rôle de conseiller.

Borman siège à la commission d’enquête sud-africaine sur l’accident d’avion de 1986 dans lequel le président mozambicain Samora Machel trouve la mort.


Après Eastern Air Lines

Borman et sa femme quittent Miami et déménagent à Las Cruces au Nouveau-Mexique. Pendant un certain temps, il est le propriétaire majoritaire d’une concession Ford fondée par son fils, Fred. Il est membre des conseils d’administration de Home Depot, de National Geographic, d’Outboard Marine Corporation, d’Automotive Financial Group, de Thermo Instrument Systems et d’American Superconductor. Il est le directeur de Patlex Corporation, une petite entreprise qui détient des brevets sur les lasers, de juillet 1988 à août 1996. Cette année-là, il publie une autobiographie, Countdown: An Autobiography, co-écrite avec Robert J. Serling.

En 1998, Borman achète un ranch d’élevage dans les montagnes du comté de Big Horn, dans le sud du Montana, où sont élevées 4 000 têtes de bétail sur 65 000 hectares. En plus de s’occuper du bétail, il poursuit son loisir de construction de maquettes d’avions. Il est par exemple membre de la Society of Antique Modelers (SAM). Depuis 1998, il vit à Billings, dans le Montana. Son épouse Susan souffre de la maladie d’Alzheimer et il passe beaucoup de temps à s’occuper d’elle. Par la suite placée en maison de retraite, il lui rend visite chaque jour jusqu’au décès de cette dernière, le 7 septembre 2021.

Après la mort de John Glenn en décembre 2016, Borman devient le plus ancien astronaute américain encore en vie. Il a onze jours de plus que son équipier d’Apollo 8 James Lovell. Tous deux célèbrent leur 90ème anniversaire en mars 2018. Borman réunit Lovell et Anders pour les célébrations du 50ème anniversaire d’Apollo 8 en décembre 2018 au musée des sciences et de l’industrie de Chicago, où leur capsule est exposée. Il déclare à l’occasion : “Je n’avais jamais dit cela publiquement auparavant mais ces deux gars talentueux, je suis juste fier d’avoir pu voler avec eux. Ce fut un travail difficile effectué en quatre mois et nous avons fait du bon travail”.


Mort

Frank Borman meurt le 7 novembre 2023 à Billings dans le Montana à l’âge de 95 ans.


Distinctions, hommages et postérité

“L’exploration est vraiment l’essence de l’esprit humain”.
— Frank Borman.

Borman, ainsi que son équipier de Gemini 7 James Lovell, et l’équipage de Gemini 6, reçoivent le trophée Harmon de 1965. Lui et Lovell reçoivent le trophée une deuxième fois pour la mission Apollo 8 en 1968.

L’équipage de cette mission reçoit également le trophée Collier pour ses “réalisations en astronautique”. L’ancien administrateur adjoint de la NASA, puis secrétaire de l’armée de l’air, Robert Seamans, leur décerne le trophée Général Thomas D. White de l’US Air Force à la National Geographic Society, et le vice-président des États-Unis Spiro Agnew leur décerne la médaille Hubbard.

Le magazine Time choisit l’équipage d’Apollo 8 comme “personnalités de l’année” 1968. Ils apparaissent ainsi sur la couverture du magazine le 3 janvier 1969. James Lovell accepte le trophée commémoratif Dr Robert H. Goddard pour les réalisations spatiales, du président des États-Unis Richard Nixon, au nom de l’équipage d’Apollo 8.

Le 1er octobre 1978, Borman reçoit la Congressional Space Medal of Honor pour le commandement d’Apollo 8.

Borman, qui construit des maquettes d’avions presque toute sa vie, reçoit un prix de l’Academy of Model Aeronautics (AMA) en 1968. Avec d’autres récipiendaires tels que le joueur de baseball Mickey Mantle et l’actrice Polly Bergen, il reçoit le prix Golden Plate de l’American Academy of Achievement en 1969, catégorie science et exploration.

Il reçoit également le prix James H. Doolittle de la Society of Experimental Test Pilots (SETP) en 1976, le prix Tony Jannus en 1986, le prix international Downes du Airport Operators Council en 1990 et le prix de l’ambassadeur de l’exploration de la NASA en 2012.

Il reçoit des diplômes honorifiques de l’université de l’Arizona, de la South Dakota School of Mines and Technology, de l’Illinois Wesleyan University, de l’université de Pittsburgh, de l’université de l’Indiana, de l’université d’État de l’Arizona, de l’université Clarkson, du Hope College et de l’Air University.

Borman est l’un des dix astronautes de Gemini intronisés à l’International Space Hall of Fame du musée de l’histoire spatiale du Nouveau-Mexique en 1982. Il est aussi intronisé au National Aviation Hall of Fame en 1982. En 1990, l’astronaute est sélectionné pour la classe inaugurale de l’Arizona Aviation Hall of Fame. Il fait aussi partie de la deuxième classe qui est intronisée au United States Astronaut Hall of Fame du centre spatial Kennedy en 1993. Il est également intronisé à l’International Air & Space Hall of Fame en 1990 et au DeMolay International Hall of Fame.

Plusieurs lieux ou ensembles sont nommés d’après Borman. C’est le cas d’une portion de l’Interstate 94/Interstate 80 située dans le comté de Lake dans l’Indiana, qui traverse sa ville natale de Gary, qui porte le nom de Frank Borman Expressway. Au moins trois écoles portent également son nom : sur la base aérienne Davis-Monthan à Tucson en Arizona, à Phoenix, toujours en Arizona, et à Denton au Texas. Le cratère d’impact Borman sur la face cachée de la Lune est nommé d’après lui.

Dans la mini-série intitulée De la Terre à la Lune (1998), le rôle de Borman est joué par David Andrews, et dans le film First Man : Le Premier Homme sur la Lune (2018) par George Linkenback. Borman apparaît dans le documentaire When We Left Earth: The NASA Missions (2008) et dans le documentaire Race to the Moon (2005), présenté dans le cadre de la série American Experience. Ce dernier est centré sur les événements qui conduisent à la mission Apollo 8. En novembre 2008, Borman et ses compagnons d’équipage d’Apollo 8James Lovell et William Anders, apparaissent sur la chaîne NASA TV pour discuter de la mission. Borman est le sujet de l’épisode no 655 intitulé The Not-So-Great Unknown de l’émission radiophonique This American Life (24 août 2018).

Source : Wikipédia France

GERALD CARR

Samplé sur The Other Side

Gerald Paul Carr dit Gerry Carr est un astronaute américain né le .

Sélectionné en avril 1966 dans le 5ème groupe d’astronautes de la NASA.

Il a été CAPCOM sur les missions Apollo 8 et 12.

Tout d’abord prévu sur la mission Apollo 19 qui a finalement été annulée, il a réalisé un unique vol à bord de la station Skylab, la mission Skylab 4, le , durant lequel il portera le record de durée américain de vol dans l’espace à plus de 84 jours. Ce record national ne sera battu que plus de 20 ans plus tard, à bord de la station spatiale russe Mir, par Shannon Lucid.

Source : Wikipédia France

APOLLO 8

Mentionné sur The Other Side

Apollo 8 est le premier vaisseau spatial avec équipage à quitter l’orbite terrestre basse et le premier à atteindre la Lune, s’y mettre en orbite et en revenir. Les trois astronautes constituant l’équipage – Frank BormanJames Lovell et William Anders – sont les premiers à se rendre à proximité de la Lune, à assister à un lever de Terre, à le photographier et à échapper à la gravité d’un corps céleste.

Apollo 8 est lancé le 21 décembre 1968. C’est la deuxième mission de vol spatial avec équipage du programme spatial américain Apollo après Apollo 7, qui est resté en orbite terrestre. Apollo 8 est le troisième vol et le premier lancement avec équipage de la fusée Saturn V, et le premier vol spatial humain depuis le Centre spatial Kennedy (cap Canaveral, Floride).

Initialement prévu comme le deuxième vol d’essai du module lunaire Apollo avec équipage et du module de commande, devant être effectué sur une orbite terrestre moyenne elliptique au début de 1969, le profil de la mission est modifié en août 1968 pour un vol orbital lunaire plus ambitieux avec le module de commande uniquement, programmé en décembre de la même année, car le module lunaire n’était pas encore prêt à effectuer son premier vol. L’équipage de l’astronaute Jim McDivitt, qui s’entraîne à effectuer le premier vol du module lunaire en orbite basse terrestre, devient l’équipage de la mission Apollo 9, et l’équipage de Borman est transféré à la mission Apollo 8. Ils bénéficient ainsi de deux à trois mois d’entraînement et de préparation en moins que prévu, et remplacent l’entraînement prévu pour le module lunaire par un entraînement à la navigation translunaire.

Apollo 8 met 68 heures pour parcourir la distance qui le sépare de la Lune. L’équipage effectue dix orbites autour d’elle en vingt heures, au cours desquelles il réalise une émission télévisée la veille de Noël dans laquelle il lit les dix premiers versets du livre de la Genèse. À l’époque, cette émission est la plus regardée de tous les temps. Le succès de la mission Apollo 8 permet à Apollo 11 d’atteindre l’objectif du président américain John F. Kennedy de faire atterrir un homme sur la Lune avant la fin des années 1960. Les astronautes reviennent sur Terre le 27 décembre 1968, lorsque leur vaisseau spatial amerrit dans le nord de l’océan Pacifique. À leur retour, ils sont nommés “hommes de l’année” par le magazine Time pour 1968.


Contexte

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, les États-Unis sont engagés dans la guerre froide, une rivalité géopolitique avec l’Union soviétique (URSS). Le 4 octobre 1957, l’URSS lance Spoutnik 1, le premier satellite artificiel. Ce succès inattendu alimente les craintes et l’imagination dans le monde entier. Il démontre non seulement que l’Union soviétique a la capacité de transporter des armes nucléaires sur des distances intercontinentales, mais il remet également en question les prétentions américaines de supériorité militaire, économique et technologique. Le lancement provoque la crise du Spoutnik et déclenche la course à l’espace.

Le président John F. Kennedy pense que non seulement il est dans l’intérêt national des États-Unis d’être supérieurs aux autres nations, mais que la perception de la puissance américaine est au moins aussi importante que les faits. Il lui est donc intolérable que l’Union soviétique soit plus avancée dans le domaine de l’exploration spatiale. Il est déterminé à ce que les États-Unis soient compétitifs et recherche un défi qui maximise leurs chances de gagner.

À cette époque, l’Union soviétique dispose de meilleures fusées de lancement. Kennedy choisit donc un objectif qui dépasse les capacités de la génération existante de fusées pour rééquilibrer la position respective des États-Unis et de l’URSS, même si cela ne peut pas être justifié par des raisons militaires, économiques ou scientifiques. Après avoir consulté ses experts et conseillers, il choisit le projet de faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sur Terre. Ce projet a déjà un nom : le projet Apollo.

Pour réaliser cet objectif, il est décidé d’adopter le principe d’un rendez-vous en orbite lunaire, dans le cadre duquel un vaisseau spatial spécialisé se pose sur la surface de la Lune. Le vaisseau spatial Apollo comporte par conséquent trois éléments principaux : un module de commande (CM) avec une cabine pour les trois astronautes, la seule partie qui retourne sur Terre ; un module de service (SM) pour fournir au module de commande la propulsion, l’énergie électrique, l’oxygène et l’eau ; et un module lunaire à deux étages (LM), qui comprend un étage de descente pour l’atterrissage sur la Lune et un étage de montée pour le retour des astronautes en orbite lunaire. Cette configuration peut être lancée par la fusée Saturn V qui est alors en cours de développement.


Structure

Équipe principale

L’affectation initiale de Frank Borman comme commandant, de Michael Collins comme pilote du module de commande (CMP) et de William Anders comme pilote du module lunaire (LMP) pour le troisième vol d’Apollo avec équipage est officiellement annoncée le 20 novembre 1967. Collins est remplacé par Jim Lovell en juillet 1968, après avoir souffert d’une hernie discale cervicale qui nécessite une opération chirurgicale. Cette composition d’équipage est une première à l’époque dans la mesure où le commandant n’est pas le membre d’équipage le plus expérimenté : Lovell a déjà volé deux fois auparavant, sur Gemini VII et Gemini XII. C’est également le premier cas d’un commandant d’une mission précédente (Lovell, Gemini XII) volant en tant que non-commandant.

PositionAstronauteNombre de vols spatiaux
Commandant de la missionFrank F. Borman IISecond et dernier vol spatial
Pilote du module de commandeJames A. Lovell Jr.Troisième vol spatial
Pilote du module lunaireWilliam A. AndersSeul vol spatial

Équipe de réserve

L’affectation de l’équipage de réserve, composé de Neil Armstrong comme commandant, Lovell comme CMP et Buzz Aldrin comme LMP, pour le troisième vol d’Apollo avec équipage est officiellement annoncée en même temps que celle de l’équipage principal. Lorsque Lovell est réaffecté à l’équipage principal, Aldrin est muté au poste de CMP, et Fred Haise est amené comme LMP de réserve. Armstrong commande plus tard Apollo 11, avec Aldrin comme LMP et Collins comme CMP. Haise fait partie de l’équipage de réserve d’Apollo 11 en tant que LMP et vole sur Apollo 13 en tant que LMP aussi.

PositionAstronaute
CommandantNeil A. Armstrong
Pilote du module de commandeEdwin E. Aldrin Jr.
Pilote du module lunaireFred W. Haise Jr.

Équipage de soutien

Pendant les projets Mercury et Gemini, chaque mission a une équipe principale et une équipe de réserve. Pour Apollo, un troisième équipage d’astronautes est ajouté, connu sous le nom d’équipage de soutien. Il s’occupe du plan de vol, des listes de contrôle et des règles de base de la mission, et veille à ce que les équipages principal et de réserve soient informés de tout changement. L’escouade de soutien élabore des procédures dans les simulateurs, en particulier pour les situations d’urgence, afin que les formations principales et de réserve puissent s’entraîner et les maîtriser lors de leur apprentissage. Pour Apollo 8, l’équipe de soutien est composée de Ken Mattingly, Vance Brand et Gerald Carr.

Le Capsule Communicator (CAPCOM) est un astronaute du centre de contrôle de la mission à Houston, au Texas, qui est la seule personne à communiquer directement avec l’équipage. Pour Apollo 8, les CAPCOM sont Michael Collins, Gerald Carr, Ken Mattingly, Neil Armstrong, Buzz Aldrin, Vance Brand et Fred Haise.

Trois équipes sont chargées du contrôle de mission, chacune dirigée par un directeur de vol. Ceux d’Apollo 8 sont Clifford E. Charlesworth (équipe verte), Glynn Lunney (équipe noire) et Milton Windler (équipe marron).


Insigne de mission et nom du vaisseau

La forme triangulaire de l’insigne fait référence à la forme du module de commande Apollo. Elle montre un chiffre rouge “8” qui fait le tour de la Terre et de la Lune pour refléter à la fois le numéro de la mission et la nature circumlunaire de celle-ci. Au bas du “8” figurent les noms des trois astronautes. Le design initial de l’insigne est développé par Jim Lovell, qui l’a esquissé alors qu’il se trouve sur le siège arrière d’un vol T-38 entre la Californie et Houston, peu après avoir appris la nouvelle désignation d’Apollo 8 comme mission orbitale lunaire.

Les membres de l’équipage veulent donner un nom au vaisseau spatial, mais la NASA ne le permet pas. Ils auraient probablement choisi Columbiad, le nom du canon géant qui lance un véhicule spatial dans le roman de Jules Verne de 1865 intitulé De la Terre à la Lune. C’est en partie pour cette raison que le CM d’Apollo 11 est baptisé Columbia.


Préparation

Programme de la mission

Le 20 septembre 1967, la NASA adopte un plan en sept étapes pour les missions Apollo, la dernière étant l’alunissage. Apollo 4 et Apollo 6 sont des missions dites “A”, c’est-à-dire des essais en orbite terrestre du lanceur Saturn V utilisant un modèle de production Block I non habité du module de commande et de service (CSM). Apollo 5 est quant à elle une mission dite “B”, un test du module lunaire en orbite terrestre. Apollo 7, prévu pour octobre 1968, est une mission dite “C”, un vol en orbite terrestre avec équipage du CSM. D’autres missions sont également prévues et dépendent de l’état de préparation du LM. En mai 1967, il est décidé de programmer au moins quatre missions supplémentaires. Apollo 8 est prévu comme la mission “D”, un test du LM en orbite terrestre basse qui doit être réalisé en décembre 1968 par James McDivitt, David Scott et Russell Schweickart, tandis que l’équipage de Frank Borman doit effectuer au début de l’année 1969 la mission “E”, un test plus rigoureux du LM sur une orbite terrestre moyenne elliptique comme Apollo 9. La mission “F” doit tester le CSM et le LM en orbite lunaire et, enfin, la mission “G” l’alunissage.

Toutefois, la production du module lunaire prend du retard, et lorsque le LM-3 d’Apollo 8 arrive au Centre spatial Kennedy (KSC) en juin 1968, plus d’une centaine de défauts significatifs sont découverts, ce qui conduit Bob Gilruth, le directeur du Centre des engins spatiaux habités (MSC), et d’autres à conclure qu’il n’y a aucune chance qu’il soit prêt à voler en 1968. La livraison risque d’être reportée à février ou mars 1969. En effet, suivre le plan initial en sept étapes signifie retarder la mission “D” et les suivantes, et mettre en danger l’objectif du programme d’un alunissage avant la fin de 1969. George Low, le directeur du bureau du programme d’engins spatiaux Apollo, propose alors une solution en août 1968 pour maintenir le programme sur la bonne voie malgré le retard du module lunaire. Comme le prochain module de commande (désigné sous le nom de CSM-103) doit être prêt trois mois avant le LM-3, une mission exclusivement CSM peut être effectuée en décembre 1968. Ainsi, au lieu de répéter le vol de la mission “C” d’Apollo 7, ce CSM peut être envoyé jusqu’à la Lune, avec la possibilité d’entrer en orbite lunaire et de revenir sur Terre. Cette solution permet également à la NASA de tester des procédures d’alunissage qui auraient autrement dû attendre Apollo 10, la mission “F” prévue. Cela signifie également que la mission “E” en orbite terrestre moyenne peut être supprimée. Finalement, seule la mission “D” doit être retardée et le plan d’alunissage de la mi-1969 peut être maintenu dans les délais prévus.

Le 9 août 1968, Low discute de l’idée avec Gilruth, le directeur de vol Christopher Kraft et le directeur des opérations des équipages de vol Donald Slayton. Ils se rendent ensuite au Marshall Space Flight Center (MSFC) de Huntsville, en Alabama, où ils rencontrent le directeur du KSC, Kurt Debus, le directeur du programme Apollo, Samuel C. Phillips, Rocco Petrone et Wernher von Braun. Kraft estime que la proposition est réalisable du point de vue des commandes de vol ; Debus et Petrone conviennent que la prochaine Saturn V, l’AS-503, peut être prête pour le 1er décembre ; et von Braun est confiant quant à la résolution des problèmes d’effet pogo qui ont affecté Apollo 6. Presque tous les cadres supérieurs de la NASA s’accordent donc sur ce nouveau programme, notamment en raison de leur confiance dans le matériel et le personnel, ainsi que de la possibilité de réaliser un vol circumlunaire qui améliorerait considérablement le moral des troupes. La seule personne qui hésite est James E. Webb, l’administrateur de la NASA. Finalement convaincu par l’unanimité que rencontre cette solution, Webb autorise la mission. Apollo 8 passe alors officiellement d’une mission “D” à une mission “C-Prime” en orbite lunaire.

Avec le changement de mission pour Apollo 8, Slayton demande à McDivitt s’il veut toujours la piloter. Ce dernier refuse car son équipage a passé beaucoup de temps à préparer le test du LM et c’est ce qu’il veut continuer à faire. Slayton décide alors de changer les équipages principaux et de réserve des missions “D” et “E”. Cela signifie également un échange d’engins spatiaux, l’équipage de Borman devant utiliser le CSM-103, tandis que l’équipage de McDivitt va utiliser le CSM-104, car ce dernier ne peut pas être prêt en décembre. David Scott n’est pas content d’abandonner le CM-103, dont il a étroitement supervisé les essais, pour le CM-104, bien que les deux soient presque identiques, et William Anders n’est pas très enthousiaste à l’idée d’être un pilote de module lunaire sur un vol sans module. Au lieu de cela, afin que le vaisseau spatial ait le poids et l’équilibre corrects, Apollo 8 emporte l’article de test LM, un modèle “boilerplate” du LM-3.

Une pression supplémentaire pèse sur le programme Apollo en vue d’atteindre l’objectif d’alunissage pour 1969 et résulte de la mission Zond 5 conduite par l’Union soviétique : le 21 septembre 1968, les russes parviennent à faire voler des êtres vivants, dont des tortues de Horsfield, dans une boucle cislunaire autour de la Lune et les ramènent sur Terre . La NASA et la presse spéculent alors sur le fait que les russes pourraient être prêts à lancer des cosmonautes dans une mission circumlunaire similaire avant la fin de l’année 19682.Montage et amarrage du vaisseau spatial 103 au lanceur AS-503 dans le VAB pour la mission Apollo 8

L’équipage d’Apollo 8, qui vit désormais dans ses quartiers au Centre spatial Kennedy, reçoit la visite de Charles Lindbergh et de son épouse, Anne Morrow Lindbergh, la nuit précédant le lancement3. Lindbergh raconte comment, avant son vol de 1927, il a utilisé un morceau de ficelle pour mesurer la distance entre New York et Paris sur un globe terrestre et, à partir de là, calculer le carburant nécessaire au vol. Le total qu’il a transporté représente un dixième de la quantité que la Saturn V brûle à chaque seconde. Le lendemain, les Lindbergh assistent au lancement d’Apollo 8 depuis une dune voisineo 27.

Le 9 septembre, l’équipe s’est exercé aux simulateurs de vol pour se préparer à la mission. Au moment du lancement, chaque membre avait effectué 7 heures de simulation pour chaque heure de vol effective.

Le changement de la mission Apollo 8 a été annoncé publiquement le 12 novembre.

La fusée spatiale Saturn V utilisée pour mettre en orbite Apollo 8 a été désignée SA-503. Il s’agissait du troisième modèle construit. À l’origine, le lanceur, terminé le 20 décembre 1967, n’était pas destiné à permettre des missions habitées. Cependant, la mission inhabitée Apollo 6 avait rencontré des problèmes importants avec le matériel, et la NASA a pensé qu’un vol habité suffirait à corriger sur place les instruments et résoudrait ces difficultés. La mission SA-503 a été ainsi programmée pour emmener des hommes.

Par ailleurs, la direction de la NASA a imposé certaines restrictions sur les vols habités : le second étage (S-II) devait passer les essais cryogéniques et des adaptations devenaient nécessaires pour rendre le module habitable. Le , le lanceur a été détaché de sorte à envoyer le second étage à un laboratoire pour effectuer les tests. Les bougies d’allumage des second et troisième étages ont également été modifiées. En mai 1968, une fuite a été identifiée au niveau du premier étage, qui a nécessité son remplacement.

N’ayant à son actif que deux lancements avec cette fusée, l’équipe au sol du centre spatial Kennedy avait des difficultés à tenir les horaires. Des problèmes secondaires ont affecté également le module lunaire. Le moteur principal présentait des fuites.

En août 1968, la mission a changé complètement. SA-503 devrait emmener des hommes sur la Lune, sans transporter de module lunaire, mais un équivalent – le module de test (Lunar Module Test Article, LTA), de même masse que ceux utilisés pour les missions Apollo 4 et Apollo 6. Afin de réaliser rapidement les derniers ajustements, ils ont été délégués à des équipes séparées. Les principales modifications concernaient la sécurité de l’équipage.

Le module Apollo 8 a été placé au sommet de la fusée le 21 septembre, qui a été déplacée de 5 km pour être amenée sur le site de lancement. Elle y est arrivé le 9 octobre. Les essais et vérifications se sont poursuivi jusqu’à la veille du lancement.

Apollo 8 a été lancé à 07:51:00 (heure des États-Unis) le 21 décembre 1968. Toute la phase de lancement s’est produite pratiquement sans encombre, seuls quelques problèmes mineurs se sont présentés. Les moteurs du premier étage (S-IC) étaient 0,75 % moins puissants que prévu, ce qui a demandé une combustion prolongée de 2,45 secondes. Après la fin de la combustion du second étage, la fusée a subi des oscillations que Frank Borman évaluait à 12 Hz de fréquence pour environ ±0.25 g (±2.5 m/s²). Le premier lanceur Saturn V habité a placé le vaisseau dans une orbite elliptique (181,5 km par 191,3 km) terrestre, d’une période de 88 minutes et 10 secondes. L’apogée réel était légèrement supérieur à la valeur attendue. Le premier étage s’est écrasé dans l’océan Atlantique, à 30° 12′ N, 74° 07′ O. Le second étage a fait de même, à 31° 50′ N, 37° 17′ O.

Les 2 heures et 38 minutes qui ont suivi, l’équipage et le centre de contrôle se sont assuré que le vaisseau était complètement opérationnel et prêt à être lancé sur la trajectoire d’injection translunaire (Trans-Lunar Injection, TLI), par une propulsion qui placerait l’appareil sur une trajectoire de transfert jusqu’à la Lune. L’équipe s’est assuré que le troisième étage (S-IVB) fonctionnait – dans les essais inhabités précédents, il ne s’était pas rallumé.

Au cours du vol, trois hommes étaient dédiés aux communications avec la capsule (les “capcoms). Ils étaient normalement les seuls à communiquer avec l’équipage. Michael Collins était le premier à prendre du service et 2 heures 27 minutes et 22 secondes après le lancement, il a émis un premier signal radio : “Apollo 8. You are Go for TLI”. Durant les douze minutes qui précédaient l’allumage, l’équipage a continué la surveillance des instruments. Le troisième étage s’est allumé à l’heure dite et a brûlé complètement en 5 minutes et 17 secondes. La vitesse de l’appareil a été portée à 10 822 m/s et la poussée a cessé lorsqu’ils avaient atteint une altitude de 346,7 km.

Après que le troisième étage ait eu effectué les opérations adéquates, il s’est séparé de l’appareil. L’équipage a fait alors tourner le vaisseau pour prendre quelques photographies de celui-ci tout en vérifiant que la navigation fonctionnait. Ils ont vu, à cette occasion et pour la première fois de leur voyage, la Terre en entier : ils ont été les premiers à assister en personne à un tel spectacle.

Borman s’inquiétait que le troisième étage reste si proche de l’appareil, suggérant au centre de contrôle que l’équipage effectue une manœuvre de séparation. Ils ont proposé de pointer le vaisseau dans la direction opposée à celle de la Terre puis d’utiliser les propulseurs RCS pour gagner 0,9 m/s, mais Borman ne voulait pas perdre l’étage de vue. Après délibération, il a été décidé de le faire quand même, et en gagnant 2,7 m/s. Ces discussions se sont achevé en retardant d’une heure le plan de vol de la mission.

Cinq heures après le lancement, le centre de contrôle a forcé le troisième étage à consommer le carburant restant pour se placer en orbite solaire, de sorte à ne pas risquer de collision avec la mission. Il s’est placé en orbite elliptique 0,99 par 0,92 UA, d’inclinaison 23,47° et de période 340,80 jours.

Le principal rôle de Jim Lovell en tant que pilote du module de commande était de superviser la navigation. Bien que le centre de contrôle effectuait tous les calculs, il fallait en cas de perte de liaison que l’équipage puisse rentrer sur Terre. Pour cela, il utilisait les étoiles au moyen d’un sextant monté dans l’appareil, qui permettait de mesurer l’écart angulaire entre une étoile connue et la Terre (ou la Lune). Cette tâche s’est révélée ardue, d’autant que le largage du troisième étage (S-IVB) avait provoqué la formation d’un nuage de débris autour du vaisseau, qui rendait difficile le repérage des étoiles.

Après sept heures de mission, le retard pris pour se séparer du troisième étage associé aux mesures de Lovell ont montré qu’ils étaient décalés d’une heure et 40 minutes environ sur le plan de vol. L’équipage a placé le vaisseau en contrôle thermal passif (Passive Thermal Control, PTC), qui n’est autre qu’appliquer le principe du barbecue : le vaisseau tournait sur lui-même, au rythme d’un tour par minute, pour assurer une distribution égale de la chaleur. Cela s’avérait nécessaire, dans la mesure où le Soleil peut chauffer le côté éclairé à plus de 200 °C, alors que le côté dans l’ombre se refroidit à -100 °C. De tels écarts de température pourraient endommager le bouclier thermique ou l’intégrité de la capsule, voire provoquer l’explosion des réservoirs. Puisqu’il était impossible de tourner selon un axe, l’appareil décrivait un cône en se déplaçant, mouvement qui devait être contrôlé régulièrement, car il avait tendance à s’amplifier.

La première correction en vol s’est déroulée à la onzième heure après le décollage. Les tests au sol avaient montré un léger risque existant pour que le système de propulsion du module de service (Service Propulsion System, SPS) explose s’il était utilisé sur de longues périodes, à moins que sa chambre de combustion ne soit “préparée” en premier lieu. Un moyen de réaliser cela était d’allumer le moteur pendant une courte durée, ce qui a été fait pendant 2,4 secondes, ajoutant 6,2 m/s à la vitesse de l’appareil. C’était moins que les 7,5 m/s prévus, et cette sous-performance a été attribuée à une bulle d’hélium dans les lignes d’oxydant, qui aurait réduit la pression d’éjection. La vitesse attendue a été atteinte en utilisant le système de propulsion du module de contrôle pour compenser (Reaction Control System, RCS). Deux corrections supplémentaires avaient été planifiées, mais elles ont été annulées dès que les mesures ont indiqué une trajectoire presque parfaite.

Après onze heures de vol, l’équipage avait veillé plus de 16 heures – ayant été réveillés environ 5 heures avant le lancement. Frank Borman a démarré sa période de sommeil de 7 heures, mais a éprouvé des difficultés à dormir. La NASA avait planifié les heures de sommeil pour qu’au moins un des membres d’équipage soit éveillé afin de corriger d’éventuels problèmes, mais les communications radio avec le sol avec le bruit des ventilateurs rendaient toute tentative d’assoupissement difficile. D’autant plus qu’en impesanteur, les astronautes devaient dormir attachés et sans oreillers.

Environ une heure après avoir commencé sa période de sommeil, Borman a demandé l’autorisation de prendre des somnifères, laquelle lui a été accordée mais la pilule n’a eu que peu d’effets. Après sept heures de sommeil approximatif, Borman s’est réveillé malade. Il a vomi deux fois et s’est plaint de diarrhées. L’équipage a nettoyé ce qui leur était possible. Borman ne voulait pas révéler ces informations au sol, mais Lovell et Anders ont insisté. Ils ont utilisé l’équipement d’enregistrement (Data Storage Equipment, DSE), destiné à effectuer des mesures de télémétrie et d’enregistrement audio, qui pouvait être ensuite propulsé à haute vitesse en direction de la Terre. Ils ont raconté l’état de santé de Borman, puis l’ont envoyé au centre de contrôle, disant qu’ils “aimeraient une évaluation des commentaires vocaux”.

Une visioconférence s’est tenue entre l’équipage et le personnel médical au second étage du module. Il a été décidé que cela n’était pas inquiétant, Borman ayant soit développé une gastroentérite bénigne – ce qui était l’avis de Borman – soit une réaction aux somnifères. À la lumière moderne, on pense qu’il aurait plutôt été victime du mal de l’espace, qui affecte environ un tiers des astronautes lors de leur première journée en vol.

Le voyage de transfert s’est fait presque sans encombre, l’équipage se contentant de vérifier que les instruments fonctionnaient. Pendant ce temps, la NASA a organisé une diffusion télévisée pour la 31ème heure de vol. La caméra utilisée, lourde de 2 kg, était un modèle grand-angle (160°) noir-et-blanc, muni d’un second objectif téléphoto (9°).

Au cours de cette première diffusion, l’équipe a proposé une visite du module et a tenté de filmer la Terre. Cela a été cependant difficile, d’autant que l’image de la caméra saturait à la moindre source lumineuse. Après 17 minutes d’émission, la rotation de l’appareil avait placé l’antenne en dehors du champ de réception de la Terre. La communication s’est terminée sur la transmission de Lovell, souhaitant un bon anniversaire à sa mère.

À ce stade, toutes les périodes de sommeil planifiées avaient été abandonnée. Après 32½ heures de vol, Lovell s’est couché, soit environ 3½ heures avant ce qu’il avait prévu. Il a été suivi d’Anders qui a pris des somnifères.

Une seconde diffusion a eu lieu à la 55ème heure. L’équipe avait, cette fois, trouvé les filtres adaptés, ce qui leur a permis de réaliser la première émission télévisée qui montrait la Terre en entier. L’équipage a passé les 23 minutes de l’émission à décrire ce qu’ils y voyaient, les couleurs, etc.

Après environ 55 heures et 40 minutes de vol, l’équipage d’Apollo 8 est devenu les premiers êtres humains à entrer dans la sphère d’influence gravitationnelle d’un autre corps céleste : l’attraction gravitationnelle de la Lune devenait plus intense que celle de la Terre. Ils étaient alors à 62 377 km de la surface de la Lune, à une vitesse de 1 216 m/s par rapport à celle-ci. L’équipage calculait toujours sa trajectoire à partir du site de lancement, et a continué ainsi jusqu’à la correction à mi-parcours qui devait leur permettre de changer de référentiel pour repartir sur Terre. Cette dernière n’était prévue que pour leur treizième heure de vol en orbite lunaire.

Le dernier événement important avant leur entrée en orbite lunaire consistait à ralentir, pour obtenir une vitesse de 0,6 m/s. À la 61ème heure très exactement, alors qu’ils étaient à 39 000 km de la Lune, l’équipage a allumé le RCS pendant 11 secondes.

À la 64ème heure de vol, ils ont préparé l’insertion en orbite lunaire (Lunar Orbit Insertion-1, LOI-1). Cette manœuvre ne permettait aucune erreur et devait être effectuée de la face cachée de la Lune, sans contact possible avec la Terre. L’ordre positif a été donné à la 68ème heure. Après 68 heures et 58 minutes de vol au total, le vaisseau est passé derrière la Lune et a perdu tout contact radio avec la Terre.

Dix minutes avant l’opération LOI-1, l’équipage a vérifié les systèmes du vaisseau. Ils ont aperçu enfin la Lune, du côté caché. Seulement deux minutes les séparaient du lancement et ils n’avaient que peu de temps pour apprécier la vue.

L’allumage des propulseurs s’est fait 69 heures 8 minutes et 16 secondes après le lancement, le moteur a brûlé pendant 4 minutes et 13 secondes, plaçant Apollo 8 en orbite elliptique lunaire. L’équipage a décrit cet instant comme les “quatre plus longues minutes de leur vie”. Si la propulsion n’avait pas duré exactement le temps prévu, le vaisseau aurait eu une trajectoire très excentrique voire aurait été éjecté dans l’espace. Si elle avait trop duré, ils se seraient écrasés à la surface de la Lune. Après s’être assurés que le vaisseau fonctionnait, ils ont eu l’occasion de jeter un œil à la Lune, autour de laquelle ils allaient être en orbite pendant 20 heures.

Sur Terre, le centre de contrôle attendait. S’il y avait eu un problème, le vaisseau apparaîtrait trop vite et les corrections devraient être effectuées rapidement. Au moment prévu, un signal a été reçu en provenance du vaisseau, confirmant son orbite (311,1 km par 111,9 km) autour de la Lune.

Après avoir rapporté l’état du vaisseau, Lovell a donné la première description de la surface de la Lune :

La Lune est essentiellement grise, sans couleur ; ressemble au plâtre ou à une espèce de sable de plage grisonnant. On peut voir pas mal de détails. La Mer de la Fertilité ne se présente pas aussi bien ici qu’elle le fait sur Terre. Il n’y a pas autant de contraste entre elle et les cratères environnants. Les cratères sont tout arrondis. Il y en a pas mal, certains sont plus récents. Beaucoup d’entre eux — particulièrement les arrondis — ont l’air d’avoir été frappés par des météorites ou des projectiles divers. Langrenus est plutôt un gros cratère ; il a un cône au centre. Les murs du cratère sont aplatis, environ six ou sept terrasses différentes là-dessous.

Lovell a poursuivi sa description du terrain. L’une des tâches dédiées à l’équipage consistait à effectuer une reconnaissance en vue d’un atterrissage, notamment sur Mare Tranquillitatis où Apollo 11 devait se poser. Le lancement d’Apollo 8 avait été choisi pour que le site soit correctement éclairé. Une caméra s’assurait que chaque seconde de la Lune serait enregistrée. Bill Anders a passé l’essentiel des 20 heures à prendre des photographies de lieux connus. À la fin de la mission, ils avaient 700 photographies de la Lune, et 150 de la Terre.

Durant l’heure au cours de laquelle le vaisseau était en contact avec la Terre, Borman a demandé des informations sur les données du SPS. Il voulait s’assurer que les moteurs fonctionnaient et pouvaient être utilisés pour revenir sur Terre en cas de besoin.

Lors de leur deuxième apparition, l’équipage a diffusé des images de la surface de la Lune. Anders a décrit les cratères au-dessus desquels ils passaient. À la fin de cette seconde orbite, ils ont engagé la procédure LOI-2, 11 secondes de propulsion qui devait rendre l’orbite plus circulaire (112,6 km par 114,8 km). Lors des deux orbites suivantes, l’équipe s’est occupé de maintenance et a photographié la Lune.

Lorsque le vaisseau est apparu pour la quatrième fois, ils ont assisté à un événement jamais observé : un “lever de Terre”. Ils en ont pris une photographie noir-et-blanc, puis une en couleurs. Il est important de remarquer que, la Lune et la Terre tournant de manière synchrone, on n’a jamais observé de tel “lever de Terre” depuis la surface lunaire – c’est le déplacement du vaisseau, en orbite, qui a permis ce phénomène.

Anders a pris encore quelques photographies, tandis que Lovell s’occupait de la navigation, permettant à Borman de se reposer. Il a réussi à somnoler pendant deux orbites. Borman s’est réveillé en remarquant que ses camarades commençaient à avoir des difficultés. Ils veillaient depuis trois jours. Reprenant les commandes, il les a invité à dormir, ce qui l’a opposé à quelques protestations de la part d’Anders. Ce dernier a finalement donné son accord, à condition que le commandant place l’appareil photo de sorte à prendre des images automatiques de la Lune.

Lors de leur neuvième orbite, une nouvelle transmission télévisée a pris place. Borman a présenté l’équipe, puis chacun a fait part de ses impressions sur la surface lunaire et ce qu’ils pensaient de leur aventure. Après avoir parlé de la Lune, Anders a déclaré qu’ils avaient un message pour tous ceux sur Terre.

Tout ce qui restait à faire consistait désormais à effectuer l’injection transterrestre (Trans-Earth Injection, TEI), qui leur permettrait de rentrer sur Terre et se produirait 2½ heures après la fin de la transmission télévisée. C’était l’étape la plus risquée de tout le vol. Si le SPS ne s’allumait pas, ils seraient bloqués en orbite lunaire, avec 5 jours d’oxygène et aucune possibilité de sortie. Une fois de plus, cet allumage devait se faire lorsque l’appareil était caché par la Lune, sans possibilité de contact avec la Terre.

L’allumage s’est produit au temps dit, les données télémétriques de l’appareil ont été mises à jour et le vaisseau est réapparu à 89 heures 28 minutes et 39 secondes. Lorsque le contact radio a été rétabli, Lovell a annoncé : “Soyez informés qu’il y a un Père Noël”. Ce à quoi Ken Mattingly, le capcom, a répondu : “Affirmatif, vous êtes bien placés pour le savoir”.

Lors d’une période de temps libre, Lovell a effectué quelques manœuvres et ajustements, afin de voir quelques étoiles. Ce faisant, une erreur de manipulation a effacé une partie de la mémoire de l’ordinateur de contrôle, ce qui a provoqué une erreur dans l’unité de mesure inertielle (Inertial Measuring Unit, IMU). Elle indiquait que le module était dans la même position qu’avant le décollage et utilisait les moteurs pour “corriger” la trajectoire.

Une fois que l’équipage avait réalisé la raison de cette erreur, il a compris qu’il lui fallait introduire manuellement toutes les données effacées pour corriger l’ordinateur en indiquant sa position exacte. Il a fallu 10 minutes à Lovell pour évaluer cette modification, se basant sur l’observation des étoiles Rigel et Sirius, et 15 minutes de plus pour effectuer les corrections sur l’ordinateur.

Seize mois plus tard, Lovell devait à nouveau effectuer ce genre de corrections, dans des conditions plus critiques, au cours du vol Apollo 13. Dans son livre, Lost Moon: The Perilous Voyage of Apollo 13 (qui a été renommé Apollo 13 lorsque le film éponyme est paru sur les écrans), Lovell écrit, “Mon entraînement [sur Apollo 8] se révélait utile !”

Le voyage de retour sur Terre était avant tout pour l’équipage une période de détente, et de maintenance légère de l’appareil. Les spécialistes avaient déterminé la trajectoire de retour, qui a permis au module de rentrer dans l’atmosphère 2½ jours après avoir quitté l’orbite lunaire, et d’amerrir dans l’océan Pacifique.

Le 25 décembre après-midi, l’équipage a effectué sa cinquième et dernière émission télévisée : les trois hommes ont présenté une petite visite du module, montrant comment un astronaute vit dans l’espace. Après celle-ci, ils ont trouvé un petit cadeau de Deke Slayton dissimulé dans le réservoir à nourriture : une véritable dinde farcie, trois bouteilles miniatures de brandy – qui sont restées fermées – ainsi que de petits cadeaux pour leurs épouses.

Après deux jours calmes, l’équipage s’est prépara à la rentrée : l’ordinateur contrôlait la trajectoire et l’équipe devait amener le vaisseau dans la bonne position. En cas de défaillance du système informatique, Borman aurait pris le relais.

Après s’être séparé du module de service, l’équipage s’est assis dans le module de contrôle pour attendre les six minutes avant la rentrée. Ils ont observé un brouillard lumineux, dû à la formation de plasma autour de la capsule. Cette dernière a progressivement décéléré, atteignant au maximum 6 g (59 m/s²). À 9 km d’altitude, un premier parachute a stabilisé l’appareil. Il a été renforcé, à 3 km, par les trois parachutes principaux. La position d’amerrissage était prévue à 8° 06′ N, 165° 01′ O.

En atteignant l’eau, les parachutes ont emporté le vaisseau qui s’est retrouvé renversé (position prévue par les ingénieurs, sous le nom de stable 2 position). Après avoir plongé de 3 m, les trois ballons de flottaison ont redressé la capsule. Les premiers hommes-grenouilles sont arrivé 43 minutes après l’amerrissage, et la capsule a été portée à bord de l’USS Yorktown.

Apollo 8 se déroule à la fin de l’année 1968, une année où de nombreux bouleversements se produisent dans le monde :

  • Les chars de combat soviétiques avaient mis un arrêt aux manifestations de Prague dans ce que l’on appellera le “Printemps de Prague” ;
  • Robert Kennedy et Martin Luther King ont été assassinés ;
  • La guerre du Viêt Nam avait pris un tournant important avec l’offensive du Têt ;
  • Les campus des universités américaines se sont rebellés ;
  • Manifestation des étudiants en mai 1968 à Paris.

C’est également dans un contexte de guerre froide qu’est programmée la mission. Cependant, son succès a tracé le chemin qui permettra à la NASA de remplir l’objectif fixé par le président John Fitzgerald Kennedy : se poser sur la Lune avant la fin de la décennie.

Cette mission a été la mieux couverte médiatiquement depuis le premier vol orbital américain – Mercury Atlas 6 en 1962. Près de 1 200 journalistes couvraient l’événement, la BBC réémettant dans 54 pays et dans plus de 15 langues différentes. Le journal soviétique Pravda en a même fait sa une.

Après la mission, Frank Borman a reçu un télégramme, d’auteur inconnu, sur lequel on pouvait lire : “Thank you Apollo 8. You saved 1968”. L’élément le plus marquant de la mission semble être la photographie du “lever de Terre”.

Le magazine Time a élu l’équipage d’Apollo 8 “Men of the year” de 1968.

Paramètres de la mission :

  • Masse du module : 28 817 kg
  • Le troisième étage du lanceur Saturn V a brûlé pendant 318 secondes
  • Apollo 8 a été projeté de l’orbite terrestre (7 793 m/s) à la trajectoire translunaire (10 822 m/s) lors de cette combustion
  • Décollage : 21 décembre 1968, 12:51:00 UTC
  • Amerrissage : 27 décembre 1968, 15:51:42 UTC (8°6′N, 165°1′W)

Orbite terrestre :

  • Périgée : 181,5 km
  • Apogée : 191,3 km
  • Inclinaison : 32,51°
  • Période : 88,17 min

Le module a effectué 10 révolutions autour de la Lune. Il est resté en orbite lunaire pendant 20 h 10 min 13,0 s.

  • Périapse  : 111,9 km
  • Apoapse : 311,1 km
  • Inclinaison : 12°
  • Période : 128,7 min

Mise à feu du système d’injection translunaire le à 15:41:38 UTC.

L’insigne porté par les membres d’équipage est de forme triangulaire – comme le module de commande d’Apollo. On y voit un “8” rouge, qui enlace la Terre et la Lune et qui représente aussi bien le numéro de la mission que son objectif (aller de la Terre à la Lune et revenir). Sur ce chiffre sont inscrits en blanc les noms des membres d’équipage.

Le dessin d’origine est dû à l’un des astronautes, Jim Lovell.

Dans ses romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune, Jules Verne décrit une mission étrangement semblable (rotation autour de la Lune, retour dans la mer, équipage de trois personnes, etc.), à quelques détails près : lancement par un canon gigantesque, impesanteur n’existant qu’au point d’équilibre entre les pesanteurs terrestre et lunaire, etc..

La NASA a motivé la création de films pour résumer chaque mission, qui sont souvent diffusés dans les musées, comme le Pacific Science Center de Seattle. Les images prises par l’équipage ont également été publiées, sous la forme d’émissions télévisées et enregistrées. Une récente réédition au format DVD est disponible depuis 2003.

Une partie de la mission Apollo 8 est mise en scène dans les miniséries From the Earth to the Moon, dans un épisode intitulé “1968”.

Source : Wikipédia France

CENTRE SPATIAL LYNDON B. JOHNSON

Mentionné sur The Other Side

Le Centre spatial Lyndon B. Johnson (Lyndon B. Johnson Space Center, ou JSC) est le centre de l’agence spatiale américaine de la NASA affecté aux missions spatiales habitées. Il est situé à Houston au Texas. Depuis sa création en 1962 le centre assure l’entraînement des astronautes et la gestion des missions habitées après leur lancement. Le centre est ainsi responsable du contrôle en vol de la navette spatiale américaine et de la station spatiale internationale.

L’établissement White Sands Test Facility (WSTF) au Nouveau-Mexique, affecté aux tests des moteurs-fusées, est placé sous la responsabilité du JSC. Le JSC emploie environ 18 000 personnes dont plus de 3 000 sont salariés de la NASA.

Le centre de contrôle du JSC (en anglais Mission Control Center ou MCC) coordonne et surveille tous les vols spatiaux habités de la NASA. Le centre dispose de deux salles de contrôle : la première, avec environ vingt contrôleurs de vol, assure le contrôle de tous les vols de la navette spatiale et dans la seconde une douzaine de personnes assurent le suivi de toutes les activités à bord de la station spatiale internationale.

Dans chaque pièce, une vingtaine de consoles toutes reliées à un opérateur peuvent assurer le suivi d’un vol spatial. Les différentes consoles situées dans une salle de contrôle possèdent chacune une fonction et chacune des consoles peut permettre une opération. Les consoles s’identifient à leurs initiales qui sont inscrites sur les moniteurs. Pour permettre de communiquer facilement entre opérateurs chaque console a un indicatif d’appel que les contrôleurs emploient couramment lors d’une mission.

Il y a environ cinquante personnes sur une équipe, trois équipes se succèdent sur les postes toutes les neuf heures. D’autres personnes soutiennent la mission au cas où il y aurait un problème particulier. Chaque équipe a un directeur de vol et un CAPCOM (Capsule Communicator).

Les principaux opérateurs assurant le suivi d’une mission sont :

  1. Le directeur de vol (Flight Director) : chef de l’équipe de contrôle, il est responsable de toutes les opérations, de toutes les décisions qui sont prises pour mener à bien une mission.
  2. Le Cap Com (Capsule Communicator) : il assure le contact entre le contrôle de vol et les astronautes lors des missions habitées. Poste nécessairement occupé par un astronaute et souvent faisant partie lui-même de l’équipage de remplacement, le CAPCOM est théoriquement le seul lien vocal direct entre l’équipage et le sol. Il est considéré comme étant le plus apte à communiquer les informations nécessaires à l’équipage en tenant compte de la situation réelle à bord et du ressenti des astronautes.
  3. Le directeur des opérations (Mission Operation Directorate) : lien de la salle de commande de vol entre les opérateurs et subordonne les directeurs de la NASA et de mission.
  4. L’officier des affaires publiques (Publics Affairs Officer) : il fournit de nombreuses informations de vol, du déroulement de la mission à la presse et aux médias.
  5. L’officier des activités en vol (Flight Activities Officer) : il dresse la liste de contrôle, les procédures et les programmes d’orientation de la navette dans l’espace.

Des centaines d’astronautes s’entraînent dans le centre de formation qui est doté de nombreuses installations telles que l’immense piscine de 23,5 millions de litres simulant un environnement d’impesanteur ou encore des simulateurs spatiaux.

Source : Wikipédia France

THE OTHER SIDE | Paroles

Disponible sur :

Description :

Chronique de la mission Apollo 8, et des premiers hommes à voir la face cachée de la Lune, “l’autre côté”.

Paroles :

[Public Affairs Officer]
Apollo Control, Houston, 2 minutes 50 seconds from time of L.O.S. now
Our distance away from the Moon: 460 nautical miles
Velocity: 74-17 feet per second
Here in Mission Control we’re standing by
There’s uh certainly a great deal of anxiety at this moment
We acquire at 36 minutes, so
So at 68 hours 55 minutes, continuing to monitor
This is Apollo Control

[PAO]
So at this time we’re gonna stand by and continue to monitor the loops here in Mission Control
For our ‘go’/’no-go’ decision

[PAO]
1 minute 30 seconds away now from Loss Of Signal
Our distance away from the Moon now 401 nautical miles
Velocity reading: 75-35
As we continue with this flight of Apollo 8

[Carr]
Apollo 8, Houston, 1 minute to L.O.S., all systems go

[PAO]
Our flight control team in Mission Control here has examined the data and it looks good
So we have a combined crew-ground decision
We are ‘go’ for lunar orbit insertion 1

[Carr]
Apollo 8, 10 seconds to go, you’re ‘go’ all the way

[Transmission from Apollo 8 crew]
[Borman]
Roger
[Anders]
Thanks a lot, troops
[Lovell]
We’ll see you on the other side

[PAO]
We’ve had, uh, Loss Of Signal with Apollo 8
At 68 hours 58 minutes 45 seconds
We will watch with continuing interest the A.O.S. clock here in Mission Control

They’re travelling over the back side of the Moon now
Our velocity reading here: 7-7-7-7 feet per second
Now we are in our period of the longest wait
Continuing to monitor, this is Apollo Control, Houston

Apollo Control, Houston, we’ve acquired signal but no voice contact yet
We’re standing by

We’re looking at engine data and it looks good
Tank pressure’s looking good

[Carr]
Apollo 8, Apollo 8, this is Houston, Houston over

[Transmission from Apollo 8 crew]
[Borman]
Roger, Houston. We read you loud and clear. How do you read us?

[PAO]
Right, we’ve got it, we’ve got it
Apollo 8 now in lunar orbit, there’s a cheer in this room
This is Apollo Control, Houston, switching now to the voice of Jim Lovell

[Carr]
…by 60.5. Good to hear your voice

[PAO]
The unmanned Lunar Orbiter spacecraft traversed the moon perhaps over 10,000 times
But this is the first that a man aboard reported to his compatriots here on Earth


L’autre côté

[PAO]
Apollo Control, Houston, 2min50sec du moment de la perte du signal maintenant
Notre distance de la Lune : 851 km
Vitesse : 8,138 km/h
Ici à Mission Control, nous nous tenons prêts
Il y a, euh, certainement beaucoup d’anxiété à ce moment
Nous acquérons à 36 minutes alors,
Alors à 68 heures 55 minutes, nous continuons à surveiller
C’est Apollo Control

[PAO]
Alors à ce moment, nous allons nous tenir prêts et continuer à surveiller les cycles ici à Mission Control
Pour donner le feu vert ou pas

[PAO]
1 minute 30 secondes désormais de la perte du signal
Notre distance de la Lune est maintenant de 742 km
Le relevé de vitesse indique 8,268 km/h
Tandis que nous continuons avec ce vol de Apollo 8

[Carr]
Apollo 8, Houston, 1 minute avant L.O.S., feu vert pour tous les systèmes

[PAO]
Notre équipe de contrôle de vol à Mission Control ici a examiné les données et tout semble bien aller
Alors nous avons une décision combinée équipage-sol
Nous avons le feu vert pour la première insertion en orbite lunaire

[Carr]
Apollo 8, 10 secondes à tenir, vous avez un grand feu vert

[Transmission de l’équipage d’Apollo 8]
[Borman]
Bien reçu
[Anders]
Merci beaucoup les troupes
[Lovell]
On vous retrouve de l’autre côté

[PAO]
Nous avons eu, euh, la perte du signal avec Apollo 8
À 68 heures 58 minutes 45 secondes
Nous allons regarder avec intérêt continu la pendule d’acquisition de signal ici à Mission Control

Ils voyagent du côté de la face cachée de la Lune maintenant
Notre relevé de vitesse indique : 8,533 km/h
Nous entrons désormais dans notre période d’attente la plus longue
Nous continuons à surveiller, c’est Apollo Control, Houston

Apollo Control, Houston, nous avons acquis le signal mais aucun contact vocal encore
Nous nous tenons prêts

Nous regardons les données des engins et tout semble aller bien
La pression du réservoir semble être bonne

[Carr]
Apollo 8, Apollo 8, ici Houston, Houston terminé

[Transmission de l’équipage d’Apollo 8]
[Borman]
Bien reçu, Houston. On vous reçoit 5/5. Comment nous recevez-nous ?

[PAO]
D’accord, nous l’avons fait, nous l’avons fait
Apollo 8 est désormais en orbite lunaire, on applaudit ici
C’est Apollo Control, Houston, passant le micro à Jim Lovell

[Carr]
…par 97,36 km. C’est bon d’entendre votre voix.

[PAO]
Les sondes spatiales non pilotées ont traversé la Lune peut-être plus de 10 000 fois
Mais c’est la première fois qu’un homme à bord a rapporté à ces compatriotes restés sur Terre